Les Institutions

Ministère de la Culture et de la Communication
Délégation aux arts plastiques (DAP)
Centre national des arts plastiques (CNAP) / Établissement public placé sous la tutelle de la DAP
59, rue des Petits-Champs
75001 Paris
tél. : +33 (0)1 40 15 73 00 - fax : +33 (0)1 40 15 74 14
www.culture.fr/culture/dap.htm

La commande publique

La création, en 1983, du fonds de la commande publique témoigne de la volonté de l'État de contribuer à l'enrichissement du cadre de vie comme au développement du patrimoine national. Elle illustre également la détermination de l'État de mettre à disposition des artistes et créateurs un outil leur permettant de réaliser des projets dont l'ampleur, l'originalité et le caractère parfois utopique ou expérimental nécessitent un soutien de la part de la collectivité. A la diversité des lieux et des champs d'action, s'ajoutent aujourd'hui des disciplines de plus en plus variées. La commande publique prend en effet en compte toutes les formes d'expression : les arts plastiques, la photographie, les nouvelles technologies, le design, le graphisme, le mobilier urbain et d'intérieur ou encore la mode.
Elle participe enfin au développement des métiers d'art en étroite collaboration avec des partenaires concernés par ce secteur : les Manufactures nationales (Sèvres, Beauvais, Les Gobelins, La Savonnerie, le Mobilier National), les ateliers de tapisserie (Aubusson) ou de dentelle (Bayeux), les artisans maîtres verriers, les ateliers d'estampes et de fonderie.
Au cours des années 1990, les champs d'intervention de la commande publique se sont diversifiés dans un souci constant d'intervenir dans les domaines les plus significatifs de l'époque. La commande publique demeure le lieu d'une réflexion sur les espaces de rencontres et d'échanges tels que les jardins, les monuments historiques, les bâtiments publics ou les zones urbaines. Les nouvelles orientations l'inscrivent dans une perspective résolument urbaine comme en témoignent le programme de commandes pour le tramway de Strasbourg ou les actions menées avec la RATP sur la ligne Météor à Paris. Parallèlement, le patrimoine rural et naturel est également enrichit par la commande publique. Enfin, la DAP et le CNAP poursuivent un dialogue permanent avec d'autres directions du ministère de la Culture et de la Communication comme la Direction des musées de France et la Direction de l'architecture et du patrimoine qui souhaitent doter de réalisations inédites, spécifiquement conçues pour ces lieux, certains musées, monuments historiques, jardins ou encore sites hautement touristiques; les inscrivant ainsi dans la contemporanéité. De telles commandes peuvent aussi bien concerner le mobilier d'accueil d'un monument que des vitraux pour une cathédrale, un programme signalétique, une identité visuelle ou encore une sculpture.
Parmi les plus récents projets de design réalisés grâce au fonds de la commande publique, citons l'ensemble du mobilier des voies d'accès au Pont du Gard (Languedoc-Roussillon) réalisé par le belge Maarten van Severen (juillet 2000), une chaise pour le réfectoire du couvent de la Tourette (Rhône-Alpes) conçue par l'anglais Jasper Morrison (janvier 2000), le mobilier signalétique du Parc naturel régional de la haute vallée de Chevreuse (Ile-de-France) dessiné par Éric Jourdan en collaboration avec le graphiste Denis Coueignoux (printemps 2001), le mobilier (zone d'accueil et banc pour les salles d'exposition) du centre d'art contemporain Le Plateau à Paris réalisé par Frédéric Ruyant (janvier 2002). Au printemps 2002, différents projets relevant de la commande publique sont en cours de réalisation : un service de table pour la préfecture d'Alsace confié au néerlandais Marcel Wanders et la fabrication de l'intégralité de la gamme " Cryptogamme " de Roger Tallon.
L'action menée depuis 1983 est désormais relayée par les collectivités territoriales qui initient de plus en plus de projets. La Délégation aux Arts Plastiques intervient alors par ses conseils et ses expertises et, après avis de la Commission nationale de la commande publique (créée en janvier 1998), par un partenariat financier.

Une commande publique, le projet "Vallauris"
De 1998 à 2002, Vallauris a accueilli un projet de valorisation du savoir-faire local, celui des céramistes. Initié par la Ville et le ministère de la Culture et de la Communication (DRAC PACA), il a consisté à inviter chaque année deux designers à travailler avec un artisan de son choix sur un projet élaboré pour l'occasion. Les pièces ont fait l'objet d'une exposition estivale - accueillie par le musée Magnelli, musée de la céramique - ainsi que d'une publication.
En effet, l'éditeur et graphiste Grégoire Gardette s'est, dès l'origine, impliqué et a publié une fois par an de petits ouvrages (1) sur chacune des réalisations qui témoignent de ces collaborations singulières entre un créateur et un artisan. A Olivier Gagnère et Martin Szekely puis François Bauchet et Ronan Bouroullec, Pierre Charpin et Jasper Morrison, ont succédé en 2001 le groupe RADI Designers et Roger Tallon et en 2002, Patrick Jouin et Frédéric Ruyant. La totalité de ces céramiques a fait l'objet d'un dépôt au Fonds national d'art contemporain (FNAC). Elles sont par ailleurs commercialisées (2).

(1) Collection "Les designers à Vallauris", Grégoire Gardette éditions, 7,62 euros l'exemplaire ;
renseignements : +33 (0)4 92 14 44 88.
(2) Les céramiques d'Olivier Gagnère sont diffusées par Editions Limitée (Paris), les pièces de Martin Szekely, Pierre Charpin et Jasper Morrison sont éditées et diffusées par la galerie Kreo (Paris). Celles de Ronan Bouroullec sont en vente à la galerie Gilles Peyroulet (Paris), le service à café et à thé de François Bauchet à la boutique du musée des Arts Décoratifs de Paris. Le service "Picnic" de Roger Tallon est diffusé par Sentou galerie (Paris) et la boutique Voyages Intérieurs (Nice). RADI Designers diffuse lui-même ses pièces (Paris).

Le Fonds de la commande publique
Depuis sa création en 1983, il est conservé et inventorié au FNAC. Atypique et hétérogène, ce Fonds s'est enrichi grâce aux créateurs sollicités au titre de la commande et compte environ 5 100 numéros : maquettes, dessins, croquis, notes d'intentions, images de synthèses ou vidéo, etc. Il retrace le processus créatif à l'origine de chaque réalisation. Les projets non réalisés sont également conservés. Plus de cinq cents créateurs y sont représentés. Depuis 1998, le Fonds de la commande publique est scindé en deux : un fonds dit " documentaire " et un fonds dit " œuvres ".
Ce dernier regroupe un ensemble d'œuvres abouties produites au titre de la commande publique. Au même titre que les collections du FNAC, l'ensemble du Fonds de la commande publique peut être prêté ou mis en dépôts par le FNAC. Essentiellement constitué de supports papiers ou matériaux fragiles de type carton, bois ou balsa, il est fragile et nécessite des conditions de présentation adaptées.

Le 1 %
Outil de promotion de l'art dans l'espace public et outil de constitution du patrimoine national, le 1 % est une mesure qui, dans le cadre d'une construction ou d'une extension de certains bâtiments publics, consiste à affecter obligatoirement une somme à la création d'une ou plusieurs œuvres d'art spécifiquement conçues pour le lieu. L'idée de réserver un pourcentage du coût des constructions publiques à la " décoration monumentale " est apparue dans des projets de loi en 1936 mais c'est un arrêté du 18 mai 1951 qui institue ce que l'on nomme communément le " un pour cent artistique " pour les établissements d'enseignement scolaire et universitaire avant que cette mesure ne s'étende à d'autres constructions publiques. Si la sculpture demeure privilégiée, le 1 % permet aussi à des créateurs travaillant sur d'autres supports (peinture, photographie, nouvelles technologies, céramique, vitrail, ferronnerie), ou dans d'autres disciplines telles que le design (objets mobiliers, signalétique, etc.) et l'aménagement paysager, de poursuivre des recherches sur l'intégration, dans un environnement donné, d'éléments visuels spécifiques.

Le Fonds national d'Art contemporain (FNAC)
70, voie des Sculpteurs
92800 Puteaux
tél. : +33 (0)1 46 93 02 50 - fax : +33 (0)1 49 00 01 12
Le Fonds national d'Art contemporain est l'héritier de l'une des plus importantes collections de l'État constituée pendant près de deux siècles par des achats et des commandes effectués auprès des artistes vivants. Cette collection prend naissance en 1791, date de création d'un secours annuel pour le soutien des arts de peinture, de sculpture et de gravure. Ce service, doté d'un budget propre, prend le nom de Bureau des travaux d'art en 1882 et sera effectif jusqu'en 1967.
Défini par l'arrêté du 25 mai 1976 comme " l'ensemble des œuvres acquises auprès d'artistes contemporains, pour le compte de l'État, par le service de la création artistique ", le FNAC témoigne de la volonté de l'État de maintenir une mission spécifique de valorisation et de soutien de l'art vivant. Il est depuis 1982 sous la tutelle de la Délégation aux arts plastiques, devenant ainsi une composante du Département des achats et commandes. Ses missions : l'enrichissement de la collection, sa conservation, sa restauration et sa diffusion au plan national via des dépôts accordés aux musées et aux administrations françaises, le prêt pour des manifestations temporaires ainsi qu'au plan international par le biais de prêts pour des expositions.

La constitution de la collection : Le FNAC a peu à peu constitué un patrimoine de près de 70 000 œuvres qui en fait le plus grand collectionneur français. La diversité des acquisitions témoigne d'une volonté de représenter au mieux les courants dominants de l'époque, de promouvoir la création contemporaine en France tout en étant représentatif de la création internationale. C'est l'un des trois axes qui orientent la politique d'achat. S'y ajoutent la découverte de jeunes créateurs et l'acquisition d'œuvres marquantes d'artistes travaillant en France et ayant atteint leur maturité. Les propositions d'achat sont examinées par trois commissions consultatives distinctes et spécialisées respectivement dans les arts plastiques, la photographie, les arts décoratifs, métiers d'art et création industrielle. Présidées par le délégué aux Arts plastiques, elles sont composées de neuf membres (deux créateurs et sept personnalités choisies en raison de leur compétence) nommés par le ministre en charge de la Culture et renouvelés tous les trois ans ainsi que d'institutionnels (le directeur des musées de France ou son représentant, le directeur du musée national d'Art moderne-Centre de création industrielle ou son représentant, un à deux inspecteurs de la création artistique…).
La commission " arts plastiques " se réunit trois fois par an, les commissions " photographie " et " arts décoratifs, métiers d'art et création industrielle " deux fois par an. Les œuvres examinées sont présentées soit directement par l
es créateurs ou leurs galeries - fait unique en France -, soit à la demande des membres de chacune des commissions et des inspecteurs de la création artistique. L'achat d'une pièce spécifique demandé par un musée entre également dans le champ d'intervention du FNAC : c'est au représentant de la Direction des musées de France de rapporter la demande auprès de la commission concernée. Les commissions, dans le cadre d'un budget imparti, opèrent librement une sélection. Elles sont attentives à ne pas acquérir de doublons par rapport aux autres collections publiques.

La Diffusion : Chaque année, entre 1 500 et 2 000 œuvres - dont 300 à 700 pièces du fonds " arts décoratifs, métiers d'art, création industrielle " - sont prêtées pour des manifestations temporaires et se répartissent dans plus de trois cents lieux, dont un tiers sont à l'étranger. Toutes les demandes de prêts et de dépôts sont soumises au Comité des prêts et dépôts qui se réunit chaque mois sauf en août. L'interlocuteur privilégié des emprunteurs et dépositaires au sein du FNAC est le bureau des mouvements et de la régie. Celui-ci instruit tous les dossiers,
assure le secrétariat du Comité des prêts et dépôts et organise au plan administratif et logistique les mouvements d'œuvres. Trois mois minimum sont nécessaires entre le moment de la demande et celui de la mise à disposition des œuvres.

La section " arts décoratifs, métiers d'art et création industrielle " : C'est en 1981, en parallèle aux sections " arts plastiques " et " photographie ", qu'est créée une section " arts décoratifs, métiers d'art et création industrielle " dotée de sa propre commission d'acquisition et de son propre budget. Depuis cette date, son fonds s'est enrichi de près de 3 000 pièces, plaçant ainsi cette section au premier rang des collections contemporaines en Europe.
La classification des acquisitions fait apparaître des catégories de natures différentes : " verre ", " textile ", " céramique ", " design ". Les trois premières sont axées sur la technique de fabrication, la dernière sur la conception. Ainsi, coexistent, au sein du fonds " arts décoratifs, métiers d'art et création industrielle ", des objets d'une grande diversité par rapport aux modes de production : artisanale, industrielle, semi-industrielle. Cohabitent par conséquent des produits édités en grande série, des pièces de petite série et des pièces uniques. Leurs auteurs sont également variés : des designers, des architectes, des artisans ou des artistes.
Le fonds " design " témoigne de l'évolution des pratiques professionnelles. Depuis les années 1980, les designers mobilisent des moyens de production variés en fonction de leurs projets. Ainsi, par exemple, Ron Arad est-il présent avec des pièces uniques créées au sein de son atelier, One Off, des pièces issues de petites séries semi-industrielles telles celles pour l'éditeur italien Driade et des pièces de grandes séries comme celles pour le fabricant italien Kartell. Par ailleurs, le fonds rend compte de la diversité des champs investis par les éditeurs et les designers au cours des années 1990 via un grand nombre d'achats dans les domaines des arts de la table et de l'objet. Au delà, si les designers français contemporains tiennent une place importante dans les acquisitions du FNAC, la commission " arts décoratifs, métiers d'art et création industrielle " s'est particulièrement attachée, depuis 1995, à constituer des ensembles représentatifs du design européen des dernières décennies. A titre exceptionnel, la commission achète des pièces historiques manquant dans les collections publiques françaises de grands designers ou décorateurs français de l'après-guerre tels Charlotte Perriand, Jean Prouvé, Alexandre Noll ou Jean Royère ainsi que des pièces des années 1960 et 1970 d'Olivier Mourgue, Pierre Paulin, Quasar ou encore Roger Tallon.
La reprise d'une politique d'acquisition par le musée national d'Art moderne-Centre de création industrielle et par le musée des Arts décoratifs de Paris a permis de réorienter, en partie, le rôle de la collection " design " du FNAC vers la constitution et l'enrichissement de départements consacrés au design dans les musées en région : musée d'Art moderne de Saint-Étienne, musée de Gap, musée de la Céramique de Sèvres, etc. Cependant, le FNAC a participé à la réouverture des collections permanentes du Centre Georges-Pompidou, en l'an 2000, via le dépôt des Dream Products, une collection de prototypes réalisés par Philippe Starck pour Thomson en 1995. Par ailleurs la diffusion de la collection se fait à travers la contribution du FNAC à des expositions temporaires. Citons, parmi les plus récentes, " Martin Szekely " (1996) ; " Elizabeth Garouste et Mattia Bonetti " (1997) et " Made in France " (1998) au Centre Georges-Pompidou ; " Goût design, les arts de la table des années 1930 aux années 1990 " au musée de Louviers (1997-1998) ; " Objets inanimés avez-vous donc une âme ? (1980-2000) " au musée des Arts décoratifs de Bordeaux (1999) ; " Tours et détours. Céramique contemporaine " au musée de la Céramique de Rouen (2000). Enfin, si la collection " design " n'a pas pour vocation d'assurer sa propre lisibilité, des musées souhaitent, depuis quelques années, consacrer une exposition à certains ensembles représentatifs : ce fut le cas des " Arts et tables " à la Villa Noailles à Hyères (1998) ou " Moins et plus, la collection design du FNAC " au musée d'Art moderne de Taipei (2001), au musée d'Art contemporain de Séoul (2002) et au musée d'Art moderne de Saint- Étienne (2002).

L'Association française d'action artistique/AFAA
1bis, avenue de Villars
75007 Paris
tél. : +33 (0)1 53 69 83 28 - fax : +33 (0)1 53 69 33 00
www.afaa.asso.fr
L'AFAA développe une politique de soutien à la présence des créateurs français sur la scène et sur les marchés étrangers. Menée en liaison avec la Délégation aux arts plastiques (DAP) et des organismes professionnels tels
que, dans le cas du design, le VIA (cf. p. 97), cette politique associe également écoles d'art, musées et collectivités territoriales. Elle se concrétise de différentes manières :
•  soutien à la présence française dans les grands rendez-vous internationaux et présentation de designers distingués par l'obtention d'une bourse du Fiacre, par une collaboration avec le Mobilier national, par une création dans le cadre de la commande publique, etc. ;
•  aide à la circulation à l'étranger d'expositions monographiques ou thématiques consacrées aux jeunes designers ou à des praticiens reconnus et faisant référence pour la jeune création ;
•  aide à la circulation à l'étranger des collections publiques françaises (musées, FRAC, FNAC) ;
• édition ou coédition de catalogues, de monographies et d'ouvrages d'information sur le design français en accompagnement à des expositions à l'étranger.

[dizajn]
48, rue Saint-Sabin
75011 Paris
tél. : +33 (0)1 49 23 12 66//68/69 - fax : +33 (0)1 49 23 12 67
www.placeaudesign.com
www.dizajn.net
provoost@ensci.com
Fondé en 1994 par le ministère de la Culture et de la Communication, le DPI (Design-Promotion-Information) a pris le nom de [dizajn] en janvier 2000. Situé au sein de l'Ensci-Les Ateliers, cet organisme est placé sous la double tutelle du ministère de la Culture et de la Communication et du ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie.
Depuis sa création, il a pour mission de promouvoir le design et d'informer sur ses champs d'activités tous les publics. Ses outils sont divers. L'un des plus anciens est son journal trimestriel gratuit, [dizajn] (cf. chapitre 10), dont le premier numéro est sorti fin 1994. Il est actuellement diffusé auprès de 6 000 abonnés. Parmi les plus récents moyens d'information figurent deux sites sur l'Internet, " placeaudesign.com " à vocation pédagogique et " dizajn.net ", mensuel d'actualités. [dizajn] édite également des ouvrages, organise des rencontres et colloques ainsi que des expositions.



Chroniques de l'AFAA
N° 32 - Le Design en France