| Les lieux d'expérimentation,
de recherches et de création
Le Centre international de recherche sur
le verre et les arts plastiques (CIRVA)
62, rue de la Joliette
13002 Marseille
tél. : +33 (0)4 91 56 11 50 - fax : +33 (0)4 91 91 11
04
cirva@wanadoo.fr
Créé en 1983 sur l'initiative du ministère
de la Culture et installé depuis 1986 à Marseille,
dans une ancienne manufacture de vêtements du début
du siècle située à proximité du vieux
port, le Centre international de recherche sur le verre et les arts
plastiques, dirigé par Françoise Guichon, est un centre
national d'art contemporain. Outil de travail au service de la création,
il offre aux artistes, aux designers et aux architectes qu'il accueille
" le temps et les moyens d'un espace d'investigation, d'un
laboratoire dégagé des urgences de la production et
de la consommation ". En effet, chaque invité, assisté
de cinq techniciens, y développe son projet de recherche
et de réalisation selon les modalités et le rythme
de présence lui convenant. Le CIRVA est également
un lieu de reconnaissance et d'observation privilégié
du rapport entre la pensée créatrice et la matière,
dimension de l'œuvre souvent négligée par la
restitution qu'en fait l'institution culturelle.
Dans un atelier de 1 200 m2 doté d'équipements performants,
les créateurs invités ont la possibilité d'introduire
dans leur démarche un matériau généralement
réservé aux seuls initiés, le verre. Sous la
conduite du créateur, l'équipe technique s'efforce
d'ajuster la palette des savoir-faire disponibles au plus près
du projet. Cette collaboration suivie conduit souvent à inventer
des procédés et parfois même des outils spécifiques
à la réalisation des œuvres. Face aux aléas
inhérents au travail du verre, le créateur est sans
cesse amené à faire des choix afin de traduire au
mieux son propos; tandis que l'équipe du CIRVA doit acquérir,
modifier, transposer, combiner, remettre en cause ses savoir-faire
et ses processus de fabrication, s'adjoindre aussi les compétences
extérieures utiles de praticiens, d'universités, de
centres de recherche et d'industries. Le respect absolu des intentions
et des choix des créateurs ainsi que le dialogue avec les
techniciens fondent la démarche du Centre. Cela explique
que ce dernier non seulement acquiert une compétence très
diversifiée en matière de savoir-faire traditionnels
mais aussi développe de nouveaux procédés et
parfois de nouveaux produits. Le Centre met également en
relation des créateurs avec des fabricants, notamment des
cristalleries et des transformateurs du verre (feuilletage, thermoformage,
pâte de verre).
Ainsi, certaines pièces mises au point ou initialement réalisées
au Centre sont reprises et produites par des entreprises extérieures.
Parmi les autres volets de son activité, on compte des actions
d'échanges avec des techniciens verriers étrangers
et de formation avec l'accueil de stagiaires. La répartition
du travail abouti fait l'objet d'une négociation entre le
CIRVA et les créateurs.
En matière de diffusion, les œuvres réalisées
au CIRVA, lieu inaccessible au public, sont présentées
dans des expositions et des collections. Elles font également
l'objet de publications soit par le Centre (collections " Les
cahiers du CIRVA " et " Carnet de bord " , récemment
reprises par Grégoire Gardette éditions), soit en
collaboration avec des éditeurs. Le Centre international
de recherche sur le verre et les arts plastiques participe également
à des commandes publiques. On peut citer, en matière
d'architecture et de design, la réfection du plafond du salon
de la Villa Noailles (Hyères, 1989) et la réalisation
des prototypes des deux lustres de Gaetano Pesce pour le musée
des Beaux-Arts de Lille (1994-1997). Enfin, le CIRVA est un acteur
de la promotion du travail du verre via sa participation aux Journées
nationales du Patrimoine et/ou Métiers d'Art ainsi qu'aux
principales manifestations en France de promotion des métiers
et de l'art contemporain.
Depuis 1986, le CIRVA a accueilli 137 créateurs parmi lesquels
une trentaine de designers. Le travail mené depuis l'origine
du Centre avec Guiseppe Penone, les recherches de Pierre Soulages
pour les vitraux de l'abbaye de Conques (1994/1996), plusieurs pièces
monumentales de Javier Perez (1999/2000) ou encore le lustre de
Pierre Huyghe, Philippe Parreno et M/M pour le pavillon français
de la XLIXe Biennale de Venise (2001) font partie des œuvres
les plus marquantes qui y ont été réalisées.
En matière de design, on compte parmi les travaux les plus
importants, les premières réalisations au CIRVA de
Gaetano Pesce (1988-1992), Pierre Charpin (1997-2001) et Ettore
Sottsass (1998-2001), les plus récentes de Martin Szekely
(1999-2000). Le projet de Pesce a conduit à la mise en œuvre
de cinq techniques novatrices - dont l'une, la projection de verre
à chaud, est brevetée - et à la réalisation
de plus de cent cinquante pièces. Ce travail a été
présenté dans différentes expositions à
Marseille, Knokke le Zoute, New York et Milan en 1993, Tokyo en
1994, Bergame en 1997 et Venise en 1998. Szekely, reprenant le procédé
de projection de verre à chaud, a conçu une série
de plats exposée à la galerie Kreo à Paris
en 2000. Sottsass a imaginé un ensemble de vases monumentaux
montré à Milan, lors du Salon du meuble 2001, par
la galerie Mourmans (Belgique) qui les a édités. Quant
au projet de Charpin, il a donné naissance à quatre
collections de vases présentées à l'automne
2001 au musée des Arts décoratifs de Paris. Citons
également la collection de Nestor Perkal sur le thème
du miroir (1994-1996), un brillant exercice à mi-chemin entre
art et design. Ces réalisations, à l'exception de
celles de Sottsass, ont fait l'objet d'une publication dans la collection
" Carnet de bord " . Les derniers designers invités
en date sont François Bauchet (en cours) et Ronan & Erwan
Bouroullec (2001).
Le CIRVA est financé par le ministère de la Culture
et de la Communication (Dap-DRAC Provence-Alpes-Côte d'Azur),
la ville de Marseille, le Conseil Général des Bouches-du-Rhône
et le Conseil Régional de Provence/Alpes-Côte d'Azur.
Le Centre de recherche sur
les arts du feu et de la terre (CRAFT)
Impasse Becquerel
87000 Limoges
tél. : +33 (0)5 55 49 17 17 - fax : +33 (0)5 55 05 11
15
craft.limoges@wanadoo.fr
www.craft-limoges.org
Créé en 1993 à l'instigation de la Dap, le
CRAFT est dirigé par le designer et architecte Nestor Perkal,
appelé dès la préfiguration du projet. Ce centre
de recherche est doté d'une double mission : accueillir des
artistes, designers et architectes désireux de travailler
avec la céramique et dynamiser l'industrie en l'incitant
à utiliser la création contemporaine comme moteur
d'innovation technique et artistique. D'abord installé au
sein de l'École nationale d'arts décoratifs de Limoges,
le CRAFT a déménagé en 2002 dans de nouveaux
locaux au centre de Limoges.
Afin de " redonner à la céramique une place singulière
dans la création contemporaine ", le CRAFT offre non
seulement aux artistes et designers les outils et techniques de
mise en œuvre de ce matériau mais aussi le temps nécessaire
à l'évolution du processus de conception et de réalisation.
Au sein de cet espace d'investigation ouvert, dégagé
des contraintes de la production, le développement des projets
conduit parfois l'atelier du Centre à aborder des domaines
jusqu'alors peu explorés par la céramique (mobilier,
éléments de constructions), à mettre également
au point des solutions techniques spécifiques, seul ou avec
des partenaires industriels comme ce fut le cas pour le stylo en
carbure de silicium de Sylvain Dubuisson (1996) ou la brique en
alumine de Ross Lovegrove (1997/1999). Interlocuteur et interprète
des designers, le CRAFT joue également un rôle d'interface
avec l'industrie. Ce rôle s'est publiquement révélé
dans le cadre des trois rencontres internationales Ceramic Network
(cf. chapitre 7). A cette occasion, le CRAFT a mis en relation designers,
architectes et industriels de la céramique, créant
ainsi des associations inédites. Il a également suivi,
en tant que médiateur, le déroulement de chaque projet
jusqu'au prototypage. Ce type d'expérience a conduit des
entreprises à faire directement appel au CRAFT tel Thomson
en 1999 pour la réalisation d'un prototype de radio en porcelaine.
En matière de diffusion, le CRAFT, qui n'est pas accessible
au public, organise périodiquement des expositions de ses
productions dans différents lieux de Limoges ainsi qu'à
l'extérieur. Par ailleurs les projets qui sont réalisés
en son sein sont régulièrement présentés,
souvent lors d'expositions monographiques, et dans des collections.
Le public a pu découvrir un large échantillon de la
production du Centre lors de la rétrospective " Présence
de l'objet ", qui s'est tenue entre l'automne 2000 et le printemps
2001 à la Biennale internationale de Saint-Étienne,
au Passage de Retz à Paris et au Grand-Hornu en Belgique.
En outre, certains objets du CRAFT donnent lieu à des éditions
comme une collection de poignées de portes de Delo Lindo
par J. Mérigous (1996), une tuile de Martin Szekely par l'entreprise
TBF (1998) et le vase à boules du même designer par
les Porcelaines Bernardaud (1999), le pichet " Marguerite "
d'Éric Jourdan, la collection de onze boîtes "
Itebos " conçues par dix designers et artistes (1999),
le luminaire " Buis " de Nestor Perkal (2000) et deux
vases de Marco Mencacci (2001) par Artcodif.
Le CRAFT conserve au moins une pièce de chacune des réalisations
faites en son sein. Il est par ailleurs propriétaire des
prototypes conçus dans le cadre de la manifestation Ceramic
Network. L'ensemble constitue la collection du Centre. Celui-ci
consent régulièrement à des prêts pour
des expositions temporaires en France et à l'étranger.
Depuis sa création, le CRAFT a accueilli une quarantaine
d'invités. Parmi les œuvres qui y ont été
réalisées on peut citer le monumental but de football
de Wim Delvoye (1995), la fontaine " Source " de Javier
Perez (1996) installée depuis dans une collection privée
aux États-Unis, les pièces de l'installation "
Contrôle " de Boris Achour (1996), l'installation "
Ausgrabungen " d'Annick et Patrick Poirier (1997) ou encore
les " Sanctuary pet " de Joe Scanlan (1997). Quant aux
créations de la vingtaine de designers invités, dont
certains dans le cadre de Ceramic Network en 1996 et 1999 (cf. chapitre
7), celles-ci sont extrêmement diversifiées : arts
de la table, revêtements, sanitaires, matériaux de
construction, objets décoratifs, luminaires et mobilier.
Le CRAFT est financé par le ministère de la Culture
et de la Communication (DRAC Limousin), le Conseil Régional
du Limousin et la Ville de Limoges.
Les lieux sous tutelle de la Dap
Le Mobilier national et les Manufactures
Administration générale du Mobilier National et
des Manufactures nationales des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie
1, rue Berbier du Mets
75013 Paris
tél. : +33 (0)1 44 08 52 00 - fax : +33 (0)1 44 08 53
00
Ouverture au public les mardi, mercredi et jeudi.
Rens. Centre des Monuments nationaux
7, bd Morland
75004 Paris
tél. : +33 (0)1 44 54 19 33 - fax : +33 (0)1 44 54 19
31
Sur le site des Gobelins, l'Administration générale
du Mobilier national et des Manufactures nationales de tapis et
tapisseries regroupe quatre des plus anciennes institutions du ministère
de la Culture : le Mobilier national, la Manufacture de tapisserie
des Gobelins, la Manufacture de tapisserie de Beauvais - qui possède
également des ateliers à Beauvais depuis 1989 - et
la Manufacture de tapis de la Savonnerie. Elle gère également
l'atelier de tapis de Lodève, les ateliers nationaux de dentelle
du Puy et d'Alençon. L'administration générale
dispose aussi d'un lieu d'exposition permanent, la Galerie nationale
de la tapisserie à Beauvais. Depuis 1982, l'ensemble de ces
établissements est placé sous la tutelle de la Dap.
Le Mobilier national et les Manufactures ont différents pôles
d'activité : l'aménagement des résidences de
l'État (résidences présidentielles, assemblées
parlementaires, hôtel Matignon, ministères, ambassades
de France et grands corps de l'État), l'intégration
de la création contemporaine dans les domaines du mobilier
et de la tapisserie, la formation, l'accueil du public. Le mobilier
national gère par ailleurs la conservation des collections
nationales et l'organisation d'expositions.
Le Mobilier national
Héritier du Garde-Meuble royal, le Mobilier national est
installé depuis 1937 dans un bâtiment construit par
Auguste Perret sur les anciens jardins des lissiers des Gobelins.
Outre l'ameublement des résidences d'État, il a également
pour mission d'aménager les lieux où se tiennent les
cérémonies et manifestations officielles de la République
(tribune du 14 juillet, lieux de rencontres nationales et internationales,
aménagements dans le cadre des déplacements du Président,
etc.). Suivant les circonstances, les demandes qui lui sont adressées,
le Mobilier national propose du mobilier ancien, contemporain ou
réalise des meubles sur commande. Il participe en effet activement
à la constitution du patrimoine artistique de demain à
travers l'Atelier de recherche et de création (ARC).
L'ARC a été fondé en 1964 par André
Malraux sous l'impulsion de Jean Coural - Administrateur général
du Mobilier national jusqu'en 1991 -, afin de promouvoir la création
contemporaine de mobilier au sein des palais de la République.
Il assure ainsi la fabrication de prototypes à partir de
dessins commandés à des créateurs. Dans un
premier temps, le choix des projets est directement fixé
par Jean Coural. A son départ, une commission d'achat de
dessins de meubles est instituée.
Les créateurs retenus sont associés au travail d'exécution.
L'Atelier est constitué d'une équipe restreinte de
techniciens de haut niveau. Ceux-ci se répartissent en deux
grandes sections, celle du bois et celle du métal dont certains
des membres s'attachent aussi au travail du plastique. Si un grand
nombre de pièces ont été réalisées
en petites séries ou sont restées à l'état
de prototypes, certaines ont connu une édition tel le siège
articulé " Amphys " de Pierre Paulin réalisé
pour l'Exposition universelle d'Osaka (1970) et produit à
l'époque par Alpha international puis diffusé par
Habitat en 2000. En effet, les éditeurs souhaitant diffuser
les pièces réalisées à l'Atelier - qui
restent propriété de l'État - bénéficient
des études et des mises au point de celles-ci. Depuis sa
création, l'ARC a fait appel à près de cent
créateurs dont les designers Sylvain Dubuisson, Éric
Jourdan, Elisabeth Garouste & Mattia Bonetti, Kristian Gavoille,
Olivier Mourgue, Pierre Paulin, Andrée Putman, Ettore Sottsass,
Roger Tallon, Torck & Noirot, Jean-Michel Wilmotte, et à
des artistes comme César, Étienne Hadju, Claude et
François-Xavier Lalanne. Au nombre des dernières commandes
produites par l'Atelier de recherche et de création, un double
programme confié, à l'occasion des commémorations
de l'an 2000, par la présidence de la République au
Mobilier national : le renouvellement des sièges et du tapis
de la tribune présidentielle pour le défilé
du 14 juillet et la conception d'un mobilier de salon itinérant
destiné aux entretiens privés du Président
lors de rencontres internationales. Le premier projet a été
réalisé par Christophe Pillet qui a dessiné
trois types de sièges, le second par Martin Szekely qui a
conçu des sièges, une table basse, deux tables-luminaires
ainsi qu'une structure démontable constituée de trente
panneaux autoportants, dix intégrant une console.
L'activité de l'Atelier de recherche et création du
Mobilier national a été révélé
au grand public lors d'une première exposition bilan, "
Mobilier national, 20 ans de création ", présentée
au Centre Georges-Pompidou en 1984. A l'occasion du passage au troisième
millénaire, une nouvelle exposition rétrospective,
" Plaidoyer pour le mobilier contemporain : l'Atelier de recherche
et de création du Mobilier national (1964-2000) " s'est
tenue durant six mois à la Galerie nationale de Beauvais
en 2001 et a fait l'objet d'une publication éponyme : une
occasion de redécouvrir notamment le projet d'aménagement
d'un habitat à loyer modéré confié à
Olivier Mourgue par le Mobilier national en 1969 et l'aménagement
des appartements privés du Président Pompidou à
l'Elysée par Pierre Paulin et Yacov Agam (1971-1972), deux
des plus marquantes réalisations de l'ARC.
Le Mobilier National accueille enfin le service de conservation
qui veille au contrôle et à l'entretien des collections.
Il dispose de trois outils d'intervention : un service de l'inventaire
du mobilier, un service d'inspection et de contrôle des dépôts,
des ateliers traditionnels de restauration et d'entretien. Ces derniers
sont au nombre de sept : ébénisterie, menuiserie en
sièges, tapis, tapisseries, lustrerie et bronze, garniture
de sièges, décoration d'ameublement. Les ateliers
restaurent les éléments les plus prestigieux des collections
et contrôlent les restaurations confiées à des
artisans spécialisés extérieurs.
Les Manufactures des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie
Rattachés à l'administration du Mobilier national
depuis 1937, ces trois hauts lieux français de la tapisserie
et du tapis ont pour vocation de poursuivre la tradition, via la
conservation de techniques anciennes et le maintien d'une haute
qualité, appliquée à la création contemporaine.
Les pièces tissées par les Manufactures sont conçues
par des artistes et, plus rarement, par des designers. Les projets
sont choisis par une commission d'achats de cartons.
La Manufacture nationale des Gobelins est née du regroupement,
en un même lieu, de l'enclos des Gobelins, des ateliers de
tissage de tapisseries de Paris et de Maincy par Colbert en 1662.
Elle pratique exclusivement la technique de la haute lisse, caractérisée
par l'emploi d'un métier vertical.
La Manufacture de Beauvais, fondée en 1664, est à
l'origine une entreprise privée. Cependant, malgré
son succès auprès de la clientèle, elle doit
son maintien au cours du XVIIIe siècle aux commandes annuelles
du Garde-Meuble royal. Après la destruction des bâtiments
qui l'abritaient lors des bombardements de 1940, elle s'installe
dans l'enclos des Gobelins. Depuis 1989, une partie de ses ateliers
a regagné Beauvais. Elle utilise la seule technique de la
basse lisse qui se caractérise par l'emploi d'un métier
horizontal.
Fondée par Henri IV et établie au Louvre, la Manufacture
de la Savonnerie doit son nom à une ancienne fabrique de
savon dans laquelle sont installés ses ateliers sous Louis
XIII. Elle rejoint l'enclos des Gobelins en 1826. Le tapis de Savonnerie
est exécuté sur un métier vertical et se travaille
sur l'endroit, à contre-jour.
La Manufacture nationale de Sèvres
4, Grande-Rue
92310 Sèvres
tél. : +33 (0)1 45 34 88 27 - fax : +33 (0)1 45 34 32
25
mns.roue@free.fr
Fondée à Vincennes en 1740 et transférée
à Sèvres en 1756, la Manufacture est rattachée
à la Couronne en 1759 avant de devenir un établissement
de l'État après la Révolution. Elle est aujourd'hui
placée sous la tutelle du ministère de la Culture.
Depuis ses origines, elle fabrique des objets en porcelaine, utilitaires
ou décoratifs, ainsi que des bas-reliefs et des sculptures.
La Manufacture nationale de Sèvres en gère également
la diffusion. Sa production est essentiellement destinée
aux services de l'État et, pour une part, mise à la
disposition du public via ses deux points de vente à Sèvres
et à Paris. Depuis sa création, la Manufacture de
Sèvres est reconnue pour son savoir-faire unique et les liens
étroits qu'elle entretient avec les artistes et les créations
de son temps.
Forte d'un patrimoine important répertorié dans ses
archives, la Manufacture est également ancrée dans
la constitution du patrimoine futur. L'édition s'attache
aussi bien à des modèles anciens qu'à des créations
contemporaines. Parmi les collaborations d'artistes les plus importantes
et les plus récentes citons Pierre Alechinsky (collaboration
régulière depuis 1975), Louise Bourgeois (1996/1997,
1998/1999), Jim Dine (1997/1999) et Edik Steinberg (1998). L'établissement,
qui a également accueilli des artistes décorateurs
tels Gilbert Poillerat ou Raymond Subes, a renforcé la présence
des designers depuis la deuxième moitié des années
1980 : Pierre Paulin (1987), Garouste & Bonetti (1989), Sylvain
Dubuisson (1990), Borek Sipeck (1990), Mathilde Bretillot (1996/1997),
Ettore Sottsass (1994, 1995/1996). Signalons également que
la Manufacture de Sèvres a apporté son concours durant
les années 1990 au Mobilier national pour la réalisation
de projets de mobilier signés Delo Lindo, André Dubreuil,
Rena Dumas, Olivier Gagnère, faisant intervenir la céramique.
Les vingt-sept ateliers des services de la Fabrication et de la
Décoration assurent, selon des techniques manuelles anciennes,
la production. Celle-ci est limitée à moins de 5 000
objets finis par an destinés, en moyenne, pour moitié
aux besoins de l'État français et pour moitié
à la vente au public. En outre, la diffusion des pièces
de la Manufacture de Sèvres est assurée par des expositions
- depuis 1996, une suite d'expositions monographiques sur les productions
les plus récentes de l'établissement ont eu lieu en
France, en Italie et aux États-Unis -, des prêts d'œuvres,
des collaborations avec des institutions françaises - notamment
la Galerie nationale du Jeu de Paume - et internationales. De même,
la Manufacture a-t-elle développé des relations avec
différentes galeries telles que Objekte (Münich) et
Argentaurum (Knokke-le-Zoute) pour les pièces de Sottsass,
Claude Bernard (Paris) pour le projet de Steinberg, Pace-Wildenstein
(New York) pour les œuvres de Jim Dine.
L'établissement compte sept services où travaillent
160 personnes appartenant à la fonction publique. Les techniciens
sont recrutés sur concours et formés sur place.

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