Les lieux d'exposition


Les collections de design en France
Collections publiques
Au-delà des principales collections françaises de design - celles du Centre Georges-Pompidou, du musée des Arts décoratifs de Paris et du musée d'Art moderne de Saint-Étienne -, il y a un regain d'intérêt pour la création française contemporaine dont témoigne le tour d'horizon proposé ici. L'entrée ou le développement du design dans la majorité des institutions présentées a été largement soutenu par les dépôts du Fonds national d'art contemporain (FNAC).

Centre Georges-Pompidou
75191 Paris Cedex 04
tél. : +33 (0)1 44 78 12 33 - fax : +33 (0)1 44 78 13 00
www.centrepompidou.fr
Sous l'impulsion du président du Centre Pompidou de l'époque, Dominique Bozo, a lieu la fusion, en 1991, du Musée national d'art moderne (MNAM) et du Centre de création industrielle (CCI) en un seul département. Celle-ci est à l'origine de la constitution de la collection de design du Centre Georges-Pompidou. La politique d'acquisition s'est établie en fonction d'une priorité : celle de " définir un périmètre clair et (d')établir un champ spécifique par rapport à celui des Arts décoratifs " (1). Ainsi est retenu le domaine de " la création appliquée à la série (…), le principe fondateur étant qu'aucune pièce ne devait être étrangère à la volonté, réalisée ou non, de son créateur de la produire à des milliers d'exemplaires ". C'est à partir de cette orientation qu'ont eu lieu les premières acquisitions exposées dès 1992 dans le cadre de la manifestation pluridisciplinaire " Manifeste ". Depuis lors, la " stratégie développée a consisté à mettre en place et à développer des pôles autour des ' classiques ' de l'histoire du design ". L'effort a d'abord porté sur l'acquisition de pièces telles que celles conçues par des designers et architectes du Mouvement moderne (Pierre Chareau, René Herbst, Charlotte Perriand, Jean Prouvé…), par ceux qui furent dans les années 1950/60 les tenants d'un fonctionnalisme éclairé (Joe Colombo, Charles Eames, Dieter Rams, Roger Tallon…), par ceux qui furent dans les années 1960 les instigateurs d'"un nouveau design " (Andrea Branzi, Ettore Sottsass, Gaetano Pesce…). Les acquisitions se sont également portées sur des pièces conçues par les porte-paroles des " nouvelles tendances " qui se sont manifestées au cours des années 1980 (Ron Arad, Sylvain Dubuisson, Garouste & Bonetti, Javier Mariscal, Philippe Starck, Martin Szekely…).
La collection s'est également enrichie d'objets de designers plus jeunes parmi lesquels Ronan & Erwan Bouroullec, Matali Crasset, Konstantin Grcic, Christophe Pillet.
Le MNAM-CCI a également bénéficié de dons importants. Ainsi, par exemple, Braun a offert cent cinquante objets couvrant l'ensemble de son histoire, Cassina des prototypes (fauteuil " Feltri " et canapé " Sit Down " de Gaetano Pesce, siège " Teneride " de Mario Bellini), IBM a remis une partie de sa mémoire d'entreprise comprenant notamment des produits, dessins, maquettes d'objets et d'architectures mais aussi des conditionnements (affiches, publicités, etc.) créés par le graphiste Paul Rand. Citons encore Ettore Sottsass qui a confié au Musée des céramiques des années 1960, des maquettes en bois peint de la série " Yantra " et une quinzaine de dessins originaux de la période Memphis.
Aujourd'hui l'équipe du musée national d'Art Moderne-Centre de création industrielle vise à " poursuivre dans la voie d'une recherche scientifique de bonne tenue, en restituant, dans la mesure du possible (…), l'environnement des objets choisis et, par voie de conséquences, en pratiquant une politique d'acquisitions étendue aux dessins, aux catalogues et, (…) aux vidéos - autant d'éléments qui donnent de l'objet une lecture plus complète, et évitent de la cantonner au concept d'objet d'art ". A l'inventaire de décembre 2000, la collection de design comptait 1636 œuvres et 212 designers répertoriés, couvrant largement la production industrielle, du design militaire au design domestique, et intégrant également le design graphique.
Montrée à l'occasion d'expositions thématiques, la collection de design est, depuis la réouverture du Centre Georges-Pompidou après rénovation le 1er janvier 2000, intégrée à la présentation permanente des collections aux côtés des arts plastiques et de l'architecture.

Le Centre de création industrielle (CCI)
Créé en 1969 par François Matthey et François Barré en collaboration avec Yvonne Brunhammer et Yolande Amic, le Centre de création industrielle prend naissance au musée des Arts décoratifs de Paris qui accueille ses expositions.
La première, " Qu'est-ce que le design? " qui réunissait Joe Colombo, Charles Eames, Hans Eichler, Verner Panton et Roger Tallon en octobre 1969, est passée à la postérité. Le CCI organise également de petites expositions thématiques : le vêtement fonctionnel, l'outillage, image et son, la préparation du repas… Chacune d'entre elles donne lieu à la création d'un fichier, mis à la disposition du public, sur les produits montrés, leurs fabricants et leurs distributeurs. A cette époque, les membres du CCI pensent en faire un Design Center à vocation internationale. L'organisme est à la recherche d'un lieu et d'une identité affirmée lorsque survient son intégration, en 1973, au Centre Georges-Pompidou. L'idée d'une collection de design est alors évoquée. Cependant, il apparaît rapidement qu'il n'y aura pas l'espace suffisant pour accueillir à la fois une collection et des expositions thématiques. Aussi, lors de l'ouverture de Beaubourg, en 1977,
le CCI présente un mur d'images, conçu par le directeur de la Neue Sammlung de Munich, Wend Fischer, retraçant l'histoire du design de 1850 à 1930. Ce mur, constitué de caissons lumineux et de vitrines dans lesquelles sont exposés des meubles et des objets, est un substitut à la collection. Il a occasionné les toutes
premières acquisitions du Centre Georges-Pompidou en matière de design. Lorsque s'est posée la question en 1986 de le rénover et d'en poursuivre la chronologie, décision a été prise de le supprimer afin de gagner de l'espace pour les présentations temporaires. Avant la fusion avec le musée national d'Art Moderne (MNAM), le Centre de création industriel a développé des expositions importantes. Citons pour mémoire " Nouvelles tendances " (1987), " Design français 1960-1990 : trois décennies " (1988), " Les années 1950 - entre le béton et le rock " (1988), " Carlo
Mollino ", " L'art de l'ingénieur ".

Musée d'Art moderne de la Ville de Paris
11, avenue du président Wilson
75116 Paris
tél. : +33 (0)1 53 67 40 00 - fax : +33 (0)1 47 23 35 98
9, rue Gaston de Saint-Paul
75116 Paris
Inauguré en 1961, le musée d'Art moderne de la Ville de Paris est situé dans l'aile gauche du Palais de Tokyo - bâtiment édifié par les architectes Dondel, Aubert, Viard et Dastugue pour l'Exposition internationale de 1937. Au-delà de sa collection d'art moderne et contemporain, le musée possède un ensemble de mobilier, d'objets d'art et de tapisseries. Peu connu, celui-ci compte environ deux cents pièces. Parmi elles, les laques décoratives du fumoir du paquebot Normandie conçues par Jean Dunand ont pendant longtemps figuré au sein de la présentation permanente des collections. Par ailleurs, une salle a été dédiée au mobilier entre 1986 et 1990. Enfin, récemment, une sélection de cet ensemble a été montrée au public à l'occasion de l'exposition dédiée aux années 1930 (1997).
Ces exceptions faites, objets et meubles sont restés dans les réserves. Cependant, en parallèle à sa fermeture, le musée prévoit de faire circuler aux États-Unis, entre les printemps 2003 et 2004, un choix de sa collection de mobilier.

Fonds National d'Art Contemporain (FNAC)
70, voie des sculpteurs
92800 Puteaux
tél. : +33 (0)1 46 93 02 50 - fax : +33 (0)1 49 00 01 12
(cf. Promotion et diffusion).

Musée des Arts décoratifs, Paris (UCAD)
Union Centrale des Arts Décoratifs
Palais du Louvre,
107, rue de Rivoli
75001 Paris.
tél. : +33 (0)1 44 55 57 50 - fax : +33 (0)142 60 38 52
www.ucad.fr
L'idée de créer à Paris un musée des Arts décoratifs remonte à la fin des années 1830, date approximative du premier projet dont il reste des traces. C'est au cours des années 1874-1877 que le musée des Arts décoratifs - encore à l'état de projet - précise son statut de " musée d'œuvres d'art ", s'éloignant de l'idée de " galerie d'études " qui avait jusqu'alors animée les débats. Le but de l'Union Centrale des beaux-arts appliqués à l'industrie - créée en mars 1864 - est précis : doter Paris d'un musée où les arts mineurs trouvent leur place. La fusion en 1882 de la société du musée des Arts décoratifs - créée en 1877 - avec l'Union Centrale des beaux-arts appliqués à l'industrie, accélère la formation d'un noyau de collection, noyau exposé provisoirement au Palais de l'Industrie. La nouvelle société issue de la fusion se nomme désormais l'Union centrale des arts décoratifs (UCAD). Reconnue d'utilité publique par un décrêt de 1882, celle-ci renonce à l'activité commerciale de l'ancienne Union Centrale des beaux-arts appliqués à l'industrie. En 1891, l'État attribue le pavillon de Marsan à l'UCAD qui va s'employer à obtenir également les locaux de l'aile du Pavillon, situés rue de Rivoli et initialement destinés à la Cour des comptes.
Le musée des Arts décoratifs de Paris est inauguré en 1905. Cependant, dès 1902, huit salles sont ouvertes au rez-de-chaussée et au premier étage du Pavillon de Marsan. Elles présentent des ensembles des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. En parallèle, ont également lieu des expositions temporaires importantes dont celle de 1902 consacrée aux créations des artistes verriers contemporains qui révèle l'École de Nancy.
Les collections du musée sont, lors de son inauguration, le fruit de dons, de legs et d'acquisitions délibérées d'objets contemporains. Une fois installée, la physionomie du musée va se dessiner au fil des dons et legs bien plus qu'à travers une politique d'acquisitions. Celles-ci se réduisent de plus en plus et délaissent pratiquement la production contemporaine après 1925. De 1920 jusqu'à la seconde guerre mondiale, l'UCAD reçoit en dons des collections très diverses - bijoux, faïences, verreries, cannes, porcelaines françaises et étrangères du XVIIIe siècle, argenterie française. Deux types de collections dictent leur présentation et leur répartition : des séries d'objets classées suivant leur typologie, leurs matériaux et leur provenance et des ensembles d'œuvres réunis pour reconstituer l'atmosphère d'une époque. S'y ajoutent des pièces uniques qui participent à l'une ou l'autre de ces typologies. Il est à noter qu'en dépit du ralentissement des acquisitions contemporaines qui perdure jusque dans les années 1980, le musée maintient une position forte face à l'actualité de la création via les expositions temporaires. Il en organise au rythme de cinq à sept par an sur le passé et le présent à part égale et accueille notamment en 1930 et 1932 le groupe dissident de l'Union des Artistes Modernes (UAM). Après l'interruption de son activité durant la guerre, cent salles ouvrent à nouveau au public en 1949. Mais déjà, le musée a organisé des expositions importantes : " le siège français du Moyen-Age à nos jours " (1947), " Le fer et l'acier dans l'habitation " et " Les Plastiques " (1949). Dans les années 1950, on assiste à une réorganisation de la présentation des collections ainsi qu'à la mise en place d'un service éducatif, à l'exemple des musées américains. Par ailleurs, à partir de 1949, avec la première de " Formes Utiles " (une association qui émane de l'UAM et qui va présenter chaque année jusqu'en 1987, une sélection des meilleurs objets utilitaires), le musée inaugure une série d'expositions sur les formes industrielles qui aboutira, vingt ans plus tard, à la création du Centre de création industrielle (CCI, cf. encadré p. 131).
Avec l'arrivée d'Eugène Claudius-Petit à la présidence de l'UCAD, en 1961, un vent de modernité souffle sur l'institution : deux salles sont consacrées aux novateurs des années 1930-1950 : Le Corbusier entre au musée accompagné, notamment, des pièces d'autres membres de l'UAM (Pierre Chareau, Robert Mallet-Stevens).
Au cours des quinze ans suivants, le musée se consacre essentiellement aux
expositions temporaires. De 1965 à 1976, plus de cent soixante sont organisées dont " Les assises du siège contemporain " (1968), " Les années 1925, pionniers du XXe siècle " puis " Cinquantenaire de l'expo de 1925 " (1976). Durant les années 1980, le musée consacre notamment des expositions à l'UAM, au VIA, au design italien (" Techniques discrètes "), à Andrea Branzi et Sylvain Dubuisson.
Le départ du CCI, qu'elle a accueilli de 1969 à 1974, a déstabilisé l'institution qui se tourne de plus en plus vers les métiers d'art. Cependant, après une fermeture pour travaux de 1983 à 1985, elle sort de ses réserves la collection 1900-1925 et dédie une galerie à la présentation des collections de la période moderne et contemporaine (1930-1980). Fermé pour rénovation depuis 1996 dans le cadre du chantier du Grand Louvre, le musée des Arts décoratifs de Paris a maintenu une politique d'expositions temporaires visant à présenter l'actualité de la création. Citons, parmi les plus récentes, celles consacrées à François Bauchet, Pierre Charpin au CIRVA ou encore Christian Biecher. La nouvelle présentation des collections du XXe siècle du musée des Arts décoratifs devrait voir le jour vers 2004. Celle-ci couvrira environ 3 200 m2 sur les sept niveaux du Pavillon de Marsan.
La scénographie des collections du XVIIe siècle jusqu'à l'Art Nouveau a été confiée à Oscar Tusquets, celle des collections couvrant les années 1930 jusqu'à nos jours à Sylvain Dubuisson.
L'implication de l'équipe du musée dans la nouvelle politique du FNAC - dont la commission d'achat dédiée aux " arts décoratifs, métiers d'art et création industrielle " est née en 1981 -, la création du Centre du Verre en 1982 et l'ouverture de nouvelles salles en 1985 redynamise quelque peu l'enrichissement de la collection du département moderne et contemporain. Par ailleurs, à partir des années 1980, plusieurs dépôts viennent l'enrichir de façon significative. Ceux-ci proviennent, outre du FNAC : du MNAM, du CNRS Art Ménager et d'Antony (une chambre de Jean Prouvé et des éléments de la cafétéria). Enfin, des dons de créateurs ou de familles de créateurs constituent les points forts de cette collection. Citons le don et legs des archives d'Emilio Terry, le don des archives de Jean Royère ou celui d'un important ensemble d'André Arbus.
Aujourd'hui, le développement de la collection moderne et contemporaine repose sur plusieurs principes : l'équilibre entre la production rare et précieuse et la production en série, une nécessaire vision internationale et le lien entre objets et documentation (esquisses, dessins, maquettes, catalogues, publicité, etc.).
En ce début de troisième millénaire, le musée des Arts décoratifs de Paris se trouve à la tête d'une collection riche et variée concernant la deuxième moitié du XXe siècle. Plus de 3 000 meubles, luminaires, objets d'usage et de décor, de fabrication industrielle, semi-industrielle ou artisanale, en métal, verre, céramique ou matières plastiques constituent la collection du département moderne et contemporain. C'est l'un des plus importants ensembles des collections publiques françaises.

Les musées de l'UCAD
L'Union centrale des arts décoratifs (UCAD) s'est dotée de deux nouveaux musées : le musée de l'Affiche créé en 1978 rue de Paradis à Paris qui deviendra le musée de la Publicité et le musée de la Mode (1986). Dans le cadre du chantier du Grand Louvre, les musées de l'UCAD se sont réorganisés et regroupés. Le musée de la Mode restructuré ouvre ses portes en janvier 1997. Fermé en 1989, le musée de l'Affiche devient le musée de la Publicité et intègre le Palais du Louvre : il est inauguré en novembre 1999. La section Moyen-Age/Renaissance du musée des Arts décoratifs, rénovée, ouvre à nouveau au public en 1998.
Les collections de l'UCAD ont le même statut que les collections nationales. Elles sont cependant gérées, entretenues, mises en valeur, enrichies et publiées par l'UCAD qui reste une association privée.

A lire : Brunhammer Yvonne, Le beau dans l'utile, un musée pour les arts décoratifs,
coll. Découvertes Gallimard n° 145, éd. Gallimard, Paris, 1992.
Enfin, il faut noter qu'un Centre de la mode et du design est à l'étude à Paris.

Musée des Années 30, Boulogne-Billancourt
Espace Landowski
28, Avenue André-Morizet
92104 Boulogne-Billancourt
tél. : +33 (0)1 55 18 53 70 - fax : +33 (0)1 55 18 53 71
Le musée des Années 30 est issu du musée municipal de Boulogne-Billancourt. Créé en 1939, celui-ci est " une sorte de ' petit Carnavalet ' local évoquant l'histoire de la ville par l'estampe et la carte postale ". En 1983, date de la création d'une véritable conservation du musée, une décision doit être prise sur l'orientation à donner à cet embryon de collection. C'est du constat que l'essentiel du développement de la ville s'est effectué au cours de l'entre-deux-guerres tant sur le plan économique, architectural qu'artistique que naît l'idée de développer une collection centrée sur les années 1930. Durant dix ans sont organisées des expositions temporaires dans un musée transitoire situé dans l'annexe de la mairie. En parallèle ont lieu de nombreuses acquisitions par dons (70 % de la collection), par achats (10 %), par affectations et dépôts de l'État (20 %). A son ouverture en décembre 1998, au sein de l'espace Landowski, le musée des Années 30 compte plus de 1 200 sculptures, 600 peintures, 20 000 dessins, 1 500 estampes ainsi que 300 pièces de mobilier et de céramique.
La collection d'arts décoratifs du musée, jeune et appelée à s'enrichir, témoigne, elle aussi, de la créativité exceptionnelle qui s'est développée à Boulogne-Billancourt et de l'affrontement entre tradition et modernité reflété tant dans les édifices publics que les hôtels particuliers de la ville. Ainsi du mobilier de Robert Mallet-Stevens, René Herbst, des ferroneries de Jean Prouvé, des céramiques industrielles de Raoul Lachenal investissent, entre autres, l'hôtel de ville tandis que l'ensemblier Jacques-Emile Rulhmann aménage l'hôtel particulier de Gabriel Voisin et que les meubles de l'ébéniste Jules Leleu entrent dans la maison futuriste conçue par l'architecte Raymond Fischer. Le courant moderne, celui de l'UAM, est donc présent dans la collection d'arts décoratifs du musée des Années 30 avec de très belles pièces de Mallet-Stevens, Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Charlotte Perriand, Jean Prouvé, Pierre Petit, André Salomon et André Bloc. Par ailleurs, Boulogne-Billancourt ayant été un intense foyer de création pour les arts du feu, la collection regroupe quelques-unes parmi les plus importantes signatures de céramistes des années 1930. Citons, entre autres, Alphonse Gentil et François Bourdet, Charles Bigot et Raoul Lachenal qui se lancèrent dans la céramique
industrielle.

A lire : Bréon Emmanuel, Lefrançois Michèle, Le musée des Années 30,
éd. Somogy, Paris, 1998.

Musée National de Céramique
Place de la Manufacture
92310 Sèvres
tél. : +33 (0)1 41 14 04 20 - fax : +33 (0)1 45 34 67 88
jacqueline.barlet@culture.fr
Directeur de la Manufacture de Sèvres de 1800 à 1847, Alexandre Brongniart fonde au tout début du XIXe siècle le musée national de Céramique afin de " conserver les céramiques de tous les temps et de tous les pays ".
La collection du musée compte aujourd'hui plus de 50 000 pièces. Le design s'y inscrit par des achats ainsi que par des dépôts du Fonds national d'art contemporain (FNAC) et comprend environ 250 objets parmi lesquels des pièces de Memphis, Richard Peduzzi, Raoul Marek.
(cf. CRAFT)

Fonds régional d'art contemporain Basse-Normandie
Frac Basse-Normandie
9, rue Vaubenard
14000 Caen
tél. : +33 (0)2 31 93 09 00 - fax : +33 (0)2 31 95 54 26
frac.bn@wanadoo.fr
Le Frac Basse-Normandie possède une collection de céramiques contemporaines (40 numéros d'inventaire). Depuis 1999, les acquisitions sont effectuées par un comité technique composé de la directrice du FNAC, du conseiller pour les arts plastiques (DRAC), du conservateur du musée des Beaux-Arts de Caen et de deux céramologues. La totalité de ces pièces est en dépôt au musée de la Poterie basse-normande de Ger (Manche).

Fonds régional d'art contemporain Nord/Pas-De-Calais
Frac Nord/Pas-De-Calais
930, avenue de Rosendaël
59240 Dunkerque
tél. : +33 (0)3 28 63 63 13 - fax : +33 (0)3 28 63 63 39
fracnord@wanadoo.fr
www.fracnordpdc.asso.fr
Depuis leur création en 1982, les Fonds régionaux d'art contemporain (Frac) ont peu investi le champ du design. Ainsi, le Frac de la région Nord/Pas-De-Calais constitue-t-il une exception en la matière. Il possède un fonds de design qui s'est pour l'essentiel monté entre 1983 et 1989, sous l'impulsion de Claude Courtecuisse. Les trente pièces acquises durant cette période forment une collection cohérente, composée en majeure partie de sièges, et essentiellement axée autour des années 1960 et du design radical italien. L'actuelle directrice de l'institution, Katia Baudin, qui affirme la volonté de renforcer les spécificités du Frac Nord/Pas-De-Calais, défend une approche pluridisciplinaire de l'art. Elle entend, dans ce contexte, poursuivre les achats en faveur du design non seulement afin d'enrichir le fonds mais aussi dans le but de créer des passerelles avec la collection d'œuvres d'art. La politique générale d'acquisition vise des pièces historiques postérieures à 1960 ainsi que des objets contemporains, du mobilier d'artistes et des œuvres intégrant meubles et objets. C'est ainsi que sont entrés récemment dans les collections le " Tappeto natura " de Piero Gilardi, le prototype ainsi que trois exemplaires de la chaise " Soléa " de Claude Courtecuisse et des installations d'artistes tels que Dominique Gonzalez-Foerster, Plamen Dejanov & Swetlana Heger, Angela Bulloch ou Rirkrit Tiravaniga, qui font références au cadre de vie. Actuellement l'objectif du Frac Nord/Pas-De-Calais en matière de design est d'accroître le fonds et de mener une réflexion approfondie sur l'orientation de cette collection.

La Piscine. Musée d'Art et d'Industrie de Roubaix
23, rue de l'Espérance
59100 Roubaix
Conservation
23, rue des Champs
59100 Roubaix
tél. : +33 (0)3 20 69 23 60 - fax : +33 (0)3 20 69 23 61
L'histoire du musée d'Art et d'Industrie de Roubaix est extrêmement complexe.
A l'origine, en 1835, les industriels roubaisiens prennent l'initiative de constituer, à des fins essentiellement professionnelles, un fonds d'échantillons de la production textile locale réuni en de gros volumes. Ce fonds, joint à des objets d'art et des tableaux, forme un ensemble si important qu'il devient, en 1862, la préfiguration d'un musée. Ce dernier est abrité en 1889 dans la toute nouvelle École nationale des arts industriels qui deviendra l'École nationale supérieure des arts industriels textiles (Ensait). Conservateurs et donateurs successifs enrichissent et diversifient la collection jusqu'à la fermeture du musée en 1940. Il ne rouvre pas ses portes à la Libération et l'État décide de sa désaffection en 1959. Les collections sont alors dispersées. Ce n'est qu'en 1989 qu'est pressenti Bruno Gaudichon pour réveiller le musée. Celui-ci soumet son acceptation à la nécessité de trouver un nouveau lieu à la mesure du projet. Ce sera une ancienne piscine municipale, exceptionnel bâtiment Arts-Déco construit entre 1927 et 1932 par l'architecte lillois Albert Baert et reconverti par Jean-Paul Philippon. Après quatre ans de travaux, le musée d'Art et d'Industrie de Roubaix renaît enfin et ouvre ses portes en octobre 2001. Entre-temps, un espace de préfiguration a permis, pendant dix ans, de développer une activité de diffusion culturelle.
La collection se compose aujourd'hui de différents ensembles : un fonds d'arts appliqués qui compte plusieurs milliers de références (dessins, textiles, mobilier, objets, tapis, céramiques…) ; une tissuthèque exceptionnellement riche ; un ensemble beaux-arts (peintures et sculptures) exclusivement consacré aux XIXe et XXe siècles. La présentation des collections " emprunte au modèle anglo-saxon des musées d'arts et d'industrie dans lesquels les objets d'arts appliqués dialoguent avec les œuvres d'art ". Sculptures, bijoux, costumes, céramiques et peintures sont mis sur un pied d'égalité. De nombreux dépôts de peintures, sculptures et objets d'art ont été consentis au musée d'Art et d'Industrie par le MNAM et le musée d'Orsay. L'État a également contribué à l'achat de nombreuses œuvres. Enfin, le FNAC a déposé à Roubaix un ensemble particulièrement riche, comportant une cinquantaine de peintures et sculpture des XIXe et XXe siècles, ainsi que 240 pièces issues de son fonds d'arts décoratifs : vases, bijoux, textiles, mobilier. Ce dépôt est venu appuyer le projet culturel et muséographique du musée d'Art et d'Industrie de renouer avec son propos fondateur : celui d'aider à la rencontre de l'industrie et de la création artistique.

A lire : Gaudichon Bruno, La Piscine. Musée d'Art et d'industrie de Roubaix,
éd. Snoeck-Ducaju & Zoon, 2001.

Musée des Arts décoratifs de Bordeaux
Hôtel de Lalande,
39, rue Bouffard
33000 Bordeaux
tél. : +33 (0)5 56 00 72 52 - fax : +33 (0)5 56 81 69 67
Le musée des Arts décoratifs de Bordeaux (1955) est installé dans un hôtel particulier construit vers 1780 qui a conservé une large part de ses décors intérieurs d'origine. Il a été entièrement rénové et réaménagé entre 1980 et 1984. Depuis lors, avec l'aménagement d'un espace susceptible de les accueillir, de nombreuses expositions dédiées à la création contemporaine ont eu lieu. Parmi celles-ci, citons " Memphis " (1983), " Garouste & Bonetti " (1985), " Objets Danese, profil d'une production " (1987), " Verreries et terres cuites " d'Olivier Gagnère (1990),
l'orfèvre bordelais Roland Daraspe (1993), " Objets inanimés avez-vous donc une âme? " (1999). En parallèle une politique d'acquisition a été développée et complétée par des dépôts du Fonds national d'art contemporain (FNAC) en liaison avec les expositions temporaires.
La collection de design compte une quarantaine de pièces des années 1950 aux années 1990. On y trouve notamment des objets des italiens Enzo Mari et Bruno Munari pour l'éditeur Danese, d'Ettore Sottsass et Nathalie Du Pasquier & Georges Sowden pour Memphis, de Christian Astuguevieille, Roland Daraspe, Sylvain Dubuisson, Olivier Gagnère, Garouste & Bonetti ou Borek Sipek. Aujourd'hui, un projet d'aménagement à l'étage des combles pour l'exposition permanente de ces pièces est envisagé. Certaines d'entre elles sont, cependant, visibles dans les vitrines de la billetterie du musée et de son restaurant-salon de thé. Ce dernier a pour emblème le miroir " Grand Ours " de Garouste & Bonetti mis en dépôt par le FNAC.

Musée d'Art moderne, Saint-Étienne
La Terrasse
42000 Saint-Étienne
tél. : +33 (0)4 77 93 59 58 - fax : +33 (0)4 77 93 07 25
Si les premières acquisitions en design remontent à 1986, la collection du musée s'est réellement développée à partir de 1987, date à laquelle les collections d'art moderne et contemporain investissent un nouveau bâtiment conçu par l'architecte Didier Guichard qui marque l'ouverture du musée d'Art moderne. Celle-ci augure de la volonté des conservateurs d'ouvrir l'institution à de nouveaux champs d'investigation, le design et la photographie, disciplines qui, plus que toutes autres, ont été une émanation de l'ère industrielle. En regard de l'absence de grandes collections publiques en dehors de Paris, s'est imposée la décision d'entreprendre la constitution d'un ensemble représentatif de ce que fut l'histoire du design depuis le dernier tiers du XIXe siècle (Thonet et les premiers exemples d'un mobilier conçu pour l'industrie et la production de masse) jusqu'à la période contemporaine. Riche aujourd'hui d'environ six cents pièces, cette collection regroupant la plupart des créations majeures de l'histoire du design a atteint en peu d'années un niveau européen. La politique d'acquisition actuelle consiste essentiellement à développer, à partir de cette ossature, des axes spécifiques : la constitution d'ensembles monographiques forts (Prouvé, Perriand, Le Corbusier, Eames…) et, parallèlement au mobilier, la volonté de multiplier la présence des objets du quotidien dans leur infinie diversité. Ce travail s'accompagne également d'une recherche concernant les archives originales et la documentation des designers. Le musée a déjà bénéficié des donations Michel Mortier et René Caillette. Il a par ailleurs reçu en dépôt en 2000 l'intégralité de la " collection Tropicale ", ensemble de meubles créés par neuf designers parmi lesquels François Bauchet, Martine Bedin, Pierre Charpin, Éric Jourdan et Mathilde Bretillot. Ces pièces sont le fruit d'un projet initié en 1989 par la Maison française du meuble créole afin de redynamiser sur l'île de la Réunion la production artisanale de mobilier créole. Plusieurs fois présentée de manière partielle la collection de design a fait l'objet, à l'automne 2000 lors de la seconde Biennale internationale de design de Saint-Étienne, d'une exposition importante intitulée " Le siècle du design, la collection du musée ". Ce large accrochage, où quatre cinquièmes des pièces de design étaient présentés, réparti sur la totalité des espaces d'exposition, avait pour originalité de réunir aux côtés des objets, peintures, sculptures et photographies issues des collections du musée.

Musée départemental de Gap
6, avenue Maréchal Foch
05000 Gap
tél. : +33 (0)4 92 51 01 58 - fax : +33 (0)4 92 52 64 30
Edifié en 1907, le musée départemental de Gap abrite des collections de nature encyclopédique relevant des domaines de l'archéologie, l'histoire naturelle, des beaux-arts, des arts décoratifs et de l'ethnographie. Cette diversité reflète l'éclectisme d'une société d'érudits et de collectionneurs du XIXe siècle à la recherche de leur histoire. Témoigner de l'histoire d'une population haute-alpine depuis ses origines, telle est l'originalité de cette institution située dans un département marqué par un environnement naturel fort. De 1985 à 1988, une importante rénovation a permis de déployer les collections, enrichies au fil du temps, et de réorganiser leur présentation permanente. Seul musée public du département, le musée départemental de Gap poursuit ses missions de rassemblement et de conservation du patrimoine des Hautes-Alpes. Il s'est par ailleurs, depuis quelques années sous l'impulsion du conservateur Alexia Fabre, donné pour mission de sensibiliser le public à l'art en s'ouvrant à l'art contemporain et au design. Cette démarche s'inscrit " dans la continuité d'une politique culturelle ayant à cœur d'offrir un lien entre le passé et le monde contemporain ".
La création contemporaine est ainsi représentée, au sein de la collection de céramique du musée, par une installation de l'italien Ugo La Pietra, " Culture méditéranéenne ", dépôt du Fonds national d'art contemporain (FNAC). Cette œuvre, initialement conçue pour la deuxième édition (1990) de la Quadriennale internationale de design Caravelles (1) et acquise par le FNAC, propose une réflexion sur l'espace culturel du bassin méditerranéen.

Musée de la Faïence-Château Pastré
157, avenue de Montredon
13008 Marseille
tél. : +33 (0)4 91 72 43 47 - fax : +33 (0)4 91 72 53 58
Aménagé dans une bastide du XIXe siècle, le château Pastré, le musée de la Faïence a ouvert ses portes en mai 1995. Réunir en un seul lieu les collections de céramiques à caractère régional des fonds de trois musées marseillais - le musée Borely, le musée des Beaux-Arts, le musée Cantini - est à l'origine de sa création. Cependant, il est vite apparu nécessaire de ne pas isoler ce fonds de faïence méridionale des XVIIe et XVIIIe siècles et de le replacer dans un contexte plus général. Ainsi un ensemble de pièces archéologiques allant du néolithique au début du XVIIe siècle vient situer en amont l'ancrage du travail de la terre sur le territoire marseillais et, en aval, des œuvres du XIXe siècle à nos jours présentent les prolongements et l'évolution de l'art céramique. La politique d'acquisition engagée par la ville de Marseille depuis 1986 ainsi que plusieurs dons consentis par de grands collectionneurs ont permis d'enrichir ce fonds d'œuvres d'importance.
Sont aujourd'hui exposées près de mille cinq cents pièces couvrant une période historique de sept mille ans.
Concernant la céramique du XXe siècle, les cent huit pièces de la collection illustrent presque exclusivement l'évolution des artistes potiers à deux exceptions près : un service de table de Kaj Frank (1948) et un plateau avec accessoires de Matteo Thun (1982). Cependant, pour le XXe siècle, la céramique est considérée dans le contexte plus global des arts du feu. Aussi, le verre a-t-il une place importante au musée et témoigne du travail des designers en la matière des années 1930 à aujourd'hui. La collection est constituée d'un achat important de verres d'Europe du Nord (Allemagne et Scandinavie) des années 1930 à 1960 avec notamment des pièces de Wilhelm Wagenfeld, Aïno Aalto, Timo Sarpaneva et Tapio Wirkkala; d'un dépôt du FNAC dont le noyau est la commande publique " 30 vases pour le CIRVA " (1989). Elle réunit également des pièces de Memphis (Michele de Lucchi, Ettore Sottsass, Georges Sowden…), de François Bauchet, Marie-Christine Dorner, Olivier Gagnère, Gaetano Pesce, Borek Sipek, Philippe Starck, Martin Szekely. Elle illustre enfin la création contemporaine artistique avec, entre autres, des œuvres de Piotr Kowalski, François Morellet, Giuseppe Penone ou Rosemarie Trockel. Au total,
la collection comporte quatre-vingt-sept pièces dont treize ensembles de verrerie nordique.
A lire : " Marseille, les arts décoratifs ", Connaissance des arts, hors-série n° 73, 1995.

Musée Mandet
14, rue de l'Hôtel de Ville
63200 Riom
tél. : +33 (0)4 73 38 18 53
Fondé en 1866, le musée Mandet est, comme la plupart des musées de province créés à l'initiative d'un érudit local (Francisque Mandet), un établissement où se côtoient peintures et sculptures des XVIIe et XVIIIe siècles ainsi que des œuvres d'artistes régionaux du XIXe siècle. Un siècle plus tard, la donation Richard (1979) apporte une nouvelle identité au musée. Celle-ci rassemble une exceptionnelle collection d'objets d'art et d'art décoratif constituée de statuaire antique et médiévale, de mobilier, de tapisserie, de céramique, dinanderie et orfèvrerie. Lors de sa réouverture en 1983, le musée Mandet s'affirme " comme l'un des plus riches musées d'art décoratif français ".
Par sa qualité et son importance, la collection d'objets d'art, en particulier la collection d'orfèvrerie civile des XVIIe et XVIIIe siècles, a participé à définir de nouvelles orientations. Elle est le point de départ de la constitution, à partir de 1990, d'un fonds d'art décoratif contemporain axé sur l'orfèvrerie des cinquante dernières années du XXe siècle et des premières du XXIe siècle. Il comprend aujourd'hui plus de 50 pièces parmi lesquelles des objets d'Ettore Sottsass, Peter Shire, Andrea Branzi, Afra & Tobia Scarpa, Gae Aulenti, Garouste & Bonetti. La partie contemporaine de la collection d'art décoratif du musée Mandet compte également des pièces en verre et en céramique ainsi que deux pièces de mobilier d'Olivier Gagnère; majoritairement issues de dépôts du Fonds national d'art contemporain (FNAC). Aujourd'hui, le musée Mandet souhaite développer sa vocation de valorisation et de découverte des métiers d'art et des savoir-faire.
Parallèlement aux acquisitions, le musée Mandet a mené une politique d'expositions temporaires, certaines étant consacrées à la création contemporaine telles que " Garouste & Bonetti " (1993), " Made in Italy, design et arts appliqués chez Sawaya et Moroni " (1998), " Olivier Gagnère " (2001).

Musée des Tissus et des Arts Décoratifs de Lyon
34, rue de la Charité
69002 Lyon
tél. : +33 (0)4 78 38 42 00 - fax : +33 (0)4 72 40 25 12
Le musée des Tissus tout comme celui des Arts décoratifs sont issus du musée d'Art et d'Industrie créé par la Chambre de Commerce de Lyon en 1864. Lorsque ce dernier est transformé en musée historique des Tissus en 1890, tous les objets sans rapport direct avec le textile sont mis en caisses ou échangés avec les musées de la ville. Ils sont par la suite transférés dans l'hôtel de Lacroix-Laval. La Société pour le développement des musées de Lyon a fait l'acquisition de ce bâtiment, édifié par Jacques Germain Soufflot (1739), en 1919 avant de l'offrir à la chambre de Commerce pour en faire un musée retraçant l'histoire des Arts décoratifs depuis le Moyen-Age. Celui-ci ouvre ses portes en juin 1925.
Contigu au musée des Tissus auquel il est réuni, le musée des Arts décoratifs de Lyon montre l'emploi des textiles dans le décor intérieur du XVIIIe siècle. Ses soieries tissées par les maisons Tassinari et Chatel, Prelle et Quentin-Lelièvre en font la vitrine du savoir-faire des fabricants textiles de Lyon et sa région. Aménagé en salles d'ambiance, il est l'un des musées français les plus riches en arts décoratifs avec un cabinet des dessins et des collections de mobilier d'ébénistes parisiens et de menuisiers régionaux, de majoliques italiennes des XVe et XVIe siècles, de tapisseries du Moyen-Age et de la Renaissance, d'horloges et de pendules, d'orfèvrerie ancienne (1700-1840) et contemporaine.
A partir de 1995, de nombreux achats, des dons et les dépôts du Fonds national d'art contemporain (FNAC) ont permis d'ouvrir un nouveau département consacré à l'orfèvrerie contemporaine des années 1960 à nos jours. Celui-ci a ouvert ses portes en novembre 1997, témoignant de l'ouverture du musée au nouveau design de la table et à l'art décoratif contemporain. La collection compte plus de quatre-vingt pièces en argent massif ou en métal argenté : couverts, bougeoirs, théières, aiguières, plateaux et pièces d'usages. Au-delà des pièces conçues et réalisées par des orfèvres comme Roland Daraspe, Bengt Liljedahl ou Pascal de Maurin, elle comprend surtout des pièces dessinées par des architectes et des designers de renom tels que Gae Aulenti, Mario Botta, Sylvain Dubuisson, Olivier Gagnère, Zaha Hadid, Richard Meier, Lino Sabattini, Carlo Scarpa, Afra et Tobia Scarpa, Borek Sipek, Ettore Sottsass, William Sawaya. Unique en France, cette collection entend témoigner au fur et à mesure des enrichissements, de la situation de l'orfèvrerie contemporaine.
A lire : " Musée de Lyon, le très riche musée des Arts décoratifs ", Dossier de l'art n° 48, juin 1998.

Collection privée
Fondation Cartier pour l'art contemporain
261, boulevard Raspail
75014 Paris
tél. : +33 (0)1 42 18 56 50 - fax : +33 (0)1 42 18 56 52
www.fondation.cartier.fr
Créée en 1984, la Fondation Cartier pour l'art contemporain développe une forme unique de mécénat d'entreprise. Elle a pour vocation de diffuser la création contemporaine au sens large - arts plastiques (peinture, sculpture, vidéo…), mode, design - et pour ambition de faire découvrir au public des créateurs français et internationaux. Son activité recouvre trois pôles : la programmation annuelle d'environ sept expositions en France et autant à l'étranger, celle d'une trentaine de Soirées Nomades (événement lié aux arts de la scène, créations éphémères) ainsi que la constitution et l'enrichissement d'une collection, notamment par des commandes aux créateurs.
Bien que le design ne tienne pas une place de premier plan au sein de la programmation et de la collection de la Fondation, il est régulièrement un objet d'attention. De 1984 à 1991, à Jouy-en-Josas, première résidence de la Fondation, différentes initiatives ont été prises sous l'impulsion de sa directrice, Marie-Claude Beaud : l'organisation d'un concours auprès de neuf designers pour la réalisation du mobilier de son Petit Café dont les résultat ont été montrés dans le cadre de " Vivre en couleur " (1985), l'aménagement des bureaux par François Bauchet (1987) et la conception de la signalétique extérieure par Éric Jourdan en collaboration avec Rudi Baur (1990). Au cours de la même période, une exposition collective, " MDF : des créateurs pour un matériau " (1988), et deux monographies - " Ingo Maurer " (1989) et " Éric Jourdan " (1991) - ont été programmées.
Le design était également représenté au sein des manifestations pluridisciplinaires " Nos années 60 " (1986) et " Nos années 80 " (1989). Depuis 1994 et son installation à Paris dans un bâtiment construit par Jean Nouvel, la Fondation Cartier, dirigée par Hervé Chandès, a passé trois commandes en matière de design. Ron Arad (1994) puis Marc Newson (1995) ont conçu chacun une installation destinée à accueillir un spectacle, un ballet ou un concert dans le cadre des Soirées Nomades. Enfin, avec une Carte blanche en main, le groupe RADI Designers (1999) a imaginé une installation lumineuse et mobile. Par ailleurs, dans le cadre des Soirées Nomades, le design a fait l'objet de deux interventions éphémères : Ingo maurer a créé une installation (1997) et les designers Christian Ghion et Nestor Perkal ont conçu une exposition de vingt-cinq vases - la plupart dessinés spécialement pour l'occasion -, " La vie en rose " (1998). Enfin, " Fragilisme ", présentée au printemps 2002 et consacrée à Alessandro Mendini, designer italien majeur de ces trente dernières années, accompagné des artistes invités Vincent Beaurin et Fabrice Domercq, a permis au public de découvrir les dernières commandes de la Fondation en matière de design : un ensemble de pièces d'Alessandro Mendini.

Les lieux accueillant régulièrement des expositions de design

Arc en rêve, centre d'architecture, Bordeaux

Entrepôt,
7, rue Ferrère
33000 Bordeaux
tél. : +33 (0)5 56 52 78 36 - fax : +33 (0)5 56 48 45 20
info@arcenreve.com
www.arcenreve.com
Depuis sa création en 1981, Arc en rêve centre d'architecture, a pour vocation de sensibiliser le public aux questions que pose la ville contemporaine au sens le plus large. Cette association loi 1901, financée à 70 % par la ville de Bordeaux, mène en parallèle différentes activités regroupées au sein de trois départements : un laboratoire d'architecture et d'urbanisme, " espace de recherche appliquée à des projets d'aménagement ", un atelier pédagogique et une galerie d'exposition.
Abordé de manière sporadique à partir de 1985, le design est devenu un champ d'action à part entière pour Arc en rêve depuis 1992. C'est l'époque ou l'architecte Philippe Jacques initie la première mallette pédagogique dédiée au tabouret n° 60 d'Alvar Aalto et destinée à tourner dans les écoles. Après avoir développé une petite dizaine de malettes, l'atelier pédagogique s'est récemment orienté vers une démarche comparative à partir de sa " collection ". En effet travailler autour d'un seul objet amenait à lui conférer, de fait, un statut d'exemplarité, raison pour laquelle l'atelier pédagogique propose aujourd'hui des animations sur des séries thématiques à partir d'un matériau, du travail d'un designer ou d'une typologie d'objet tel que la chaise.
Le programme d'exposition d'Arc en rêve en matière de design a permis au public de découvrir comme quasiment nulle part ailleurs en France le travail de quelques designers contemporains parmi les plus importants : Richard Sapper, l'italien Antonio Citterio, l'anglais Jasper Morrison, les graphistes April Greiman et Bruce Mau ou encore le français Martin Szekely. Par ailleurs, les expositions sont l'occasion d'enrichir le fonds de l'atelier dont témoigne la dernière acquisition, la chaise " Rough and Ready " de Tord Boontje issue de la manifestation consacrée au design britannique, " Lost & found, objets trouvés, design britannique critique " (été 2000). Les expositions sont aussi le moyen de développer un autre type d'activités pédagogiques : " En quêtes d'objet ". Il s'agit de visites commentées sous forme de jeux qui permettent non seulement d'évoquer ce qui est présenté mais aussi et plus généralement de s'interroger sur la nature même d'une exposition. La diffusion du savoir en matière d'architecture, d'urbanisme et de design représente actuellement près de la moitié de l'activité d'Arc en rêve et ne touche pas uniquement le jeune public mais aussi les adultes via un travail avec le réseau des bibliothèques. Ainsi, Arc en rêve constitue, en France, un lieu incontournable en matière de design et d'architecture.

Espace Landowski
28, avenue André-Morizet
92100 Boulogne-Billancourt
tél. : +33 (0)1 55 18 53 00 - fax : +33 (0)1 55 18 40 46
Inauguré en décembre 1998, l'espace Landowski se veut un lieu d'échanges et de créations culturelles. D'une surface de 14 000 m2 répartis sur sept niveaux, il abrite les collections du musée des Années 30 (cf. chapitre 6.1), une bibliothèque, une galerie des vidéastes, un cinéma, une salle de conférence, un atelier garderie et deux salles d'expositions temporaires. Leur programmation reflète la double vocation de l'espace Landowski à transmettre un patrimoine et à rendre compte des idées et des expressions artistiques d'aujourd'hui. Le design s'y inscrit parfaitement et a donné lieu, entre autres, à " Design 2000. Petits enfants de Starck? " (2000) - une exposition réunissant les designers Beef, Bretillot & Valette, Matali Crasset, Patrick Jouin et Jean-Marie Massaud - et " Le verre, des créateurs aux industriels français 1995-2000 " (2001) proposant une réflexion sur les liens entre le monde du design et les industriels du verre à travers le travail d'une soixantaine de designers français.

Modem galerie
74, rue Quincampoix
75003 Paris
tél. +33 (0)1 42 72 40 54 - fax +33 (0)1 44 59 36 53
design@modemonline.com
www.modemonline.com/design/
Ce lieu devrait ouvrir ses portes dans le courant de l'année 2003 à l'initiative d'Ezio Barbaro et Cendrine de Susbielle, créateurs des guides pratiques Modem relatifs à la mode et au design (1). Modem galerie a pour objectif de présenter des designers d'objets, des graphistes, de nouveaux produits, des créateurs de mode ainsi que des ouvrages.

(1) Modem Design International est un nouvel annuaire annuel comportantun calendrier d'évènements et des coordonnées d'une sélection de designers, de fabricants, des principaux salons, de services professionnels
(journaux, organismes de promotions, agence de presse, écoles…), de boutiques, galeries et librairies spécialisées, de lieux conçus par des designers. Parution en janvier, environ 20 euros.

Villa Noailles, Hyères
Montée Noailles
83400 Hyères
tél. : +33 (0)4 94 65 22 72/+33 (0)4 94 12 70 63 - fax : +33 (0)4 94 35 86 28
fiamh@club-internet.fr
www.ville-hyeres.fr
Célébrée dès 1929 par le film surréaliste de Man Ray, " Les mystères du château du Dé ", la villa du collectionneur amateur d'art et de cinéma ainsi que mécène Charles de Noailles et de sa femme Marie-Laure, bâtie entre 1924 et 1933, est la première construction de Robert Mallet-Stevens. Après avoir reçu l'élite intellectuelle et artistique de toute l'Europe jusqu'à la seconde guerre mondiale, ce lieu a lentement décliné jusqu'à son rachat par la commune de Hyères en 1973, le sauvant ainsi de la destruction. Aujourd'hui classée à l'inventaire des Monuments Historiques, la Villa fait l'objet depuis 1989 d'une restauration et d'un aménagement de ses parties historiques (fin de chantier en 2003).
Un projet de Centre d'art et d'architecture à la Villa Noailles a vu le jour en 1996. Depuis, le lieu accueille, à l'initiative des Affaires culturelles de la ville d'Hyères, des actions de préfiguration du futur Centre (ouverture en janvier 2003). Ainsi l'institution a-t-elle conçu chaque été depuis lors des expositions dédiées au design : Christian Astuguevieille en 1996, Marc Newson en 1997, " Arts de la table " à partir des collections du FNAC en 1998, " Design, Design " ou la rencontre de Radi Designers, Ronan & Erwan Bouroullec et LuxLab en 2000. L'été suivant l'exposition " Villa Droog " a proposé la première rétrospective en France du travail du collectif néerlandais Droog Design. En 2002, " Une petite maison intéressante à habiter " a montré quatre projets de modules architecturaux destinés aux artistes résidents et imaginés par Ronan & Erwan Bouroullec, Delo Lindo, Christophe Pillet et Radi Designers. Une fois les travaux d'aménagement terminés, la Villa Noailles accueillera un centre de documentation spécialisé dans les domaines de la mode, de l'architecture, du design et de la photographie d'architecture.
Le lieu accueille depuis 1998 des résidences d'artistes. S'y déroule enfin le Festival international des Arts de la Mode et le Festival des Musiques électroniques, " Aquaplaning ", qui a vu le jour en 1999. Un projet de Festival international de design est à l'étude.

" 15 Square de Vergennes "
15, Square de Vergennes
75015 Paris
DÉZIDÉS Production
www.dezides.com
MateriO
info@materio.com
www.materio.com
Lieu ouvert au grand public et aux professionnels, le " 15 Square de Vergennes " héberge DÉZIDÉS Production, dédiée au design de produit, et MateriO, matériauthèque lancée par Quentin Hirsinger. Ouvert le 15 janvier 2003, ce nouvel espace parisien a pour cadre un ancien atelier d'artiste conçu en 1932 par Robert Mallet-Stevens. Le bâtiment, de plus de 800 m2, a été entièrement restauré afin de retrouver son cachet d'origine.
DÉZIDÉS production est une initiative originale. Entièrement privée, elle est financée par un mécène, Yvon Poullain, fondateur de Diam, numéro un mondial de la PLV dans le secteur cosmétique. Cet industriel a déjà engagé plusieurs actions en faveur de la création : restauration du bâtiment de Mallet-Stevens, soutien au lancement de MateriO, création d'une galerie d'exposition des œuvres du designer et sculpteur Yonnel Lebovici.
Animé par le designer Jean-Pierre Vitrac (cf. p.70), DÉZIDÉS Production veut introduire plus de créativité dans les produits grand public. Son objectif est de proposer aux industriels et distributeurs de nouveaux concepts de produits clés en main c'est-à-dire des produits innovants et attractifs par rapport à l'offre actuelle, techniquement réalisables et accessibles au grand public en termes de prix. A cette fin, DÉZIDÉS lance des appels à projets auprès de jeunes designers. Le premier d'entre eux avait pour thème " Active Light ". Ses résultats ont donné lieu à la publication d'un ouvrage (1) et à une première exposition fin novembre 2002, Active Light : 30 luminaires à consommer immédiatement , chaque projet étant accompagnés d'une fiche technique démontrant sa faisabilité. DÉZIDÉS a assuré le financement des prototypes.
Plus généralement, DÉZIDÉS souhaite susciter le débat, les échanges, être un tremplin pour les idées et redonner ses lettres de noblesse au design produit.

(1) Active Light : 30 luminaires à consommer immédiatement, éd. Sortie de Secours, présente les trente
projets de luminaires et leurs auteurs. C'est aussi un ouvrage de réflexion sur l'évolution du design produit avec les témoignages et prises de position de plusieurs designers reconnus.
MateriO, dont Yvon Poulain est le principal investisseur, a été créé en 2001 par Quentin Hirsinger, ex-responsable matériaux chez Jean-Michel Wilmotte. Centre d'information sur les matériaux et les produits innovants, cette structure propose deux services complémentaires réservés aux adhérents. Le premier est l'accès à un showroom présentant une sélection de milliers d'échantillons de toute nature (pierre, verre, bois, métal, papier, textiles, plastiques, composites…). Le second est une base de données, accessible par Internet, reprenant l'intégralité des références de la matériauthèque.

Les galeries de design

Seules sont mentionnées ci-dessous les galeries présentant le travail de designers contemporains. Chacune d'entre elles organise des expositions particulières proposant un travail inédit d'un ou de plusieurs designers.

Galerie de/di/bY
22, rue Bonaparte
75006 Paris
tél. : +33 (0)1 40 46 00 20 - fax : +33 (0)1 40 46 00 21
Créée en septembre 1998 par Denis Collet et Hyun Jeong Park, cette galerie expose essentiellement les meubles et objets de design issus des expériences du " Nouveau Design Italien ", courant né à l'aube des années 1980. Son fonds permanent intègre donc Ettore Sottsass, Andrea Branzi, Alessandro Mendini et Gaetano Pesce mais aussi Shiro Kuramata, Aldo Rossi, Ron Arad, Johanna Grawunder, Pierre Charpin ou encore les Delo Lindo. Le lieu propose en alternance expositions temporaires monographiques et présentation du fonds.

Galerie Kreo
22, rue Duchefdelaville
75013 Paris
tél. : +33 (0)1 53 60 18 42 - fax : +33 (0)1 53 60 17 58
kreogal@wanadoo.fr
www.galeriekreo.com
En ouvrant ses portes en juin 1999, Kreo, fondée par Didier Kzrentowski, est venu s'associer aux six galeries d'art contemporain de la rue Louise Weiss. Ces lieux sont fédérés autour d'une association, " Louise ", et ont la particularité d'avoir un fichier et un vernissage communs. La galerie Kreo présente des expositions monographiques de designers contemporains en alternance avec un fonds constitué de mobilier et objets des années 1960 à nos jours. Elle a notamment consacré des expositions personnelles à Ron Arad, François Bauchet, Pierre Charpin, Sylvie Fillère & Jean-François Dingjian, Marc Newson, Martin Szekely.

Gilles Peyroulet & Cie, Espace #2 - Design
75, rue Quincampoix
75003 Paris
tél. : +33 (0)1 42 78 86 72 - fax : +33 (0)1 42 78 85 12
Face à l'Espace #1 consacré à l'art contemporain depuis 1987, l'Espace #2 - Design, dédié au design et à l'architecture contemporains, a ouvert ses portes en décembre1999. Il est dirigé par Dominique Chenivesse et Gilles Peyroulet. Chaque designer présenté est invité à concevoir un projet inédit, réalisé spécialement pour l'Espace #2 qui a également pour vocation de l'éditer. Le catalogue de la galerie compte les céramiques de Ronan Bouroullec pour Vallauris, des créations de Matali Crasset, Éric Jourdan, Nestor Perkal ou encore Christophe Pillet. L'Espace #2
propose également, une fois par an, une exposition historique d'un architecte du Mouvement Moderne - la première d'entre elles était consacrée au Sanatorium de Paimio d'Alvar Aalto.

Galerie Roger Tator
36, rue d'Anvers
69007 Lyon
tél. : +33 (0)4 72 71 90 06 - fax : +33 (0)4 78 58 81 85
Association loi 1901créée en octobre 1994, la galerie Roger Tator est un lieu d'exposition de design & de design(s).
Il ne s'agit pas d'une galerie marchande mais d'un espace ouvert à toutes les préoccupations concernant, approchant voire décriant le design sous toutes ses formes. C'est également un lieu d'expérimentation puisqu'il propose à " l'intervenant-exposant " de se mettre en scène. Avoir un projet en relation avec l'espace de la galerie, considérer le lieu comme support de réflexion, s'inscrire dans un univers en rapport avec l'espace et/ou l'objet, telles sont les conditions pour exposer chez Roger Tator. La galerie s'implique dans chacune des expositions en concevant notamment les supports graphiques que sont le carton d'invitation et le catalogue. Elle est dirigée par les designers Éric Deboos et Laurent Lucas, diplômés de l'École des beaux-arts de Lyon et cofondateurs de l'agence de design l'Atelier Projetator. Entre novembre 1994 et juin 2002, Roger Tator a accueilli plus de vingt-cinq expositions de designers d'objets et de mobilier, de graphistes et d'artistes.

Galerie VIA (Valorisation de l'Innovation dans l'Ameublement)
33, avenue Daumesnil
75012 Paris
tél. : +33 (0)1 46 28 11 11
Afin de promouvoir et de valoriser l'image des industries françaises de l'ameublement et d'informer le public, VIA organise régulièrement dans sa galerie, à Paris, des expositions thématiques sur la création contemporaine ainsi que des hommages aux grands créateurs de l'époque. Les expositions annuelles régulières concernent : les " Aides à projets " et les " Cartes blanches " (cf. chapitre 2.2), les produits ayant reçus un " Label VIA " (cf. chapitre 4.3), les travaux d'étudiants d'une quinzaine d'écoles avec lesquelles l'association entretient des rapports privilégiés. Ces travaux font l'objet d'une première sélection par les établissements puis d'une sélection finale par la commission VIA.

Sentou Galerie
29, rue François-Miron
75004 Paris
tél. : +33 (0)1 42 78 50 60
18, rue du Pont-Louis-Philippe
75004 Paris
tél. : +33 (0)1 42 77 44 79
24, rue du Pont-Louis-Philippe
75004 Paris
tél. : +33 (0)1 42 71 00 01
26, boulevard Raspail
75007 Paris
tél. : +33 (0)1 45 49 00 05
sentou@sentou.fr
www.sentou.fr
Réseau de quatre boutiques, Sentou galerie organise également, de manière régulière, des expositions monographiques ou de groupes qui permettent de faire découvrir au public des designers tels Arik Levy (1999), Christian Biecher (1999), Claudio Colucci (2001) et des pièces peu connues en France telles que, par exemple, celles du collectif néerlandais Droog Design (1996) ou de l'entreprise de céramique Cor Unum (2000). C'est pourquoi, en dépit de son statut commercial, elle figure dans ce chapitre.
A l'origine de Sentou Galerie, il y a un homme, Robert Sentou, fondateur d'une usine de meubles dans le sud-ouest, Bois du Périgord. Celui-ci crée successivement à Paris deux enseignes de mobilier sous le nom de Sentou Boutique en 1977 et Sentou Galerie, dans le Marais, en 1986. Les professionnels de la décoration constituent sa clientèle privilégiée à laquelle il assure une capacité de production et propose des aménagements sur mesure. En 1991, après quelques mois de collaboration, Pierre Romanet, jeune diplômé de l'école Boulle se voit confier par Robert Sentou les rênes de l'entreprise. D'emblée il signe avec la fondation Noguchi à New York un contrat d'exclusivité de distribution des créations d'Isamu Noguchi et organise la première exposition de Sentou Galerie consacrée à la collection " Araki ", luminaires en papier, créée par le designer et artiste japonais. Avec elle, Sentou développe un département d'objets et arts de la table renforcé par la collaboration avec Tsé-Tsé associées deux ans plus tard. En 1994, une deuxième boutique dans le Marais ouvre ses portes pour accueillir les collections de linges et d'objets. L'année suivante, un nouvel espace de mobilier et d'objets est créé boulevard Raspail. C'est là qu'est programmée chaque année une exposition dédiée spécifiquement à un designer contemporain. En 1997, Pierre Romanet crée son label Sentou Edition afin d'éditer et de diffuser des projets qui l'intéressent. En septembre 2001, un quatrième espace est inauguré rue François Miron. Aménagé par Christian Biecher, il est consacré aux meubles pour l'habitat et la collectivité.
Celui-ci a accueilli en janvier 2002, " Dining Room ", un projet de salle à manger mobile du designer Frédéric Ruyant ayant bénéficié d'une aide à la première exposition (Fiacre). Entre fin 1990 et début 2002, Sentou a organisé une vingtaine d'expositions.

Mouvements Modernes
68, rue Jean-Jacques Rousseau
75001 Paris
tél. : +33 (0)1 45 08 08 82
mouvementsmodernes@wanadoo.fr
Créée en mai 2001, la galerie Mouvements Modernes a pour objectif de présenter au public " les sources vivantes du design contemporain ". Ainsi, elle se propose de montrer des modèles historiques qui, dans leur temps, furent de véritables innovations; le développement des recherches de designers confirmés et les expériences originales de jeunes designers. Au côté de meubles de Jean Prouvé et Pierre Paulin, de luminaires de Gino Sarfatti, de pièces de l'Atelier A, le lieu expose également des objets contemporains. Parmi eux, la galerie a montré une sélection des dernières productions d'Ettore Sottsass, la nouvelle collection de verreries d'Olivier Gagnère (juillet 2002). A ceux-ci s'ajoutent des pièces de jeunes designers telles la " DTLight " de l'anglais Phil Luithlen et l'" Illuminated chair " de Kazuhiro Yamanaka (juin 2002), toutes deux éditées par la jeune maison AntePostNow. Fondateur et animateur de la galerie Néotu (1984/2001), Pierre Staudenmeyer est actuellement en charge de la politique d'achats et de la programmation de Mouvements Modernes. Les sélections qu'il propose veulent mettre en avant
" le talent évident d'un designer, la fonctionnalité achevée d'un produit, la légitime filiation à l'histoire et l'accessibilité économique ".

Les projets

Témoins d'un intérêt soutenu pour le design, divers projets, à caractère essentiellement économique, voient le jour en région et à Paris.
Le projet le plus avancé est celui du Centre international de design (CID) à Saint-Étienne, imaginé par Jacques Bonnaval et par Michel Thiollière, respectivement directeur de l'école des beaux-arts et maire de la ville. Le CID, appelé à s'installer sur le site de GIAT Industries, autrefois Manufacture d'armes de Saint-Étienne,
a fait l'objet d'un premier rapport d'études remis au ministère de la Culture - qui l'a financé en partie. Il a pour vocation d'être un lieu de formation et de recherche ainsi qu'un banc test pour entreprises. Son ouverture est prévue en 2005.
A Paris, de nombreux projets sont en cours. Lyne Cohen-Solal, adjointe au maire de Paris, chargée du commerce, de l'artisanat, des professions indépendantes et des métiers d'art, a évoqué une " Pépinière d'entreprises de design " et une " Rue du design " pour accueillir boutiques et agences réservées aux jeunes designers. De son côté, le ministère en charge de l'Industrie s'intéresse, sous le mandat de Christian Pierret - ancien secrétaire d'État à l'Industrie -, à un projet de " Cité de la mode " pour lequel il missionne officiellement Pascal Morand, directeur de l'Institut français de la mode (IFM, organisme d'études, de conseil et de formation) en mars 2001. A la suite du rapprochement, fin 2001, de l'IFM et de l'association pour la Valorisation de l'innovation dans l'ameublement (VIA) à la recherche d'un lieu pour exposer sa collection, un projet de " Cité de la mode et de la création " également appelé " Cité de la mode et du design " voit le jour. Pascal Morand, en collaboration avec le directeur du VIA, Gérard Laizé, est à nouveau missionné en avril 2002 pour en rédiger le contenu et faire une étude de faisabilité. A l'heure actuelle, ce projet présente trois volets : la formation, le service aux entreprises et la valorisation de la création via des salles d'exposition et une galerie d'actualité. Fin 2002, la " Cité de la mode et du design " n'en est qu'à ses prémisses. Aucun lieu pour l'accueillir n'a encore été déterminé. Par ailleurs, ce projet inquiète le milieu professionnel des designers qui craignent que ne soit représentée qu'une petite partie du métier, à savoir la mode et le mobilier.
Côté culture, le journaliste Jean-Louis Gaillemin et le galeriste Yves Gastou ont créé l'association " XX/XXI, pour un musée du Design et des arts décoratifs des XXe et XXIe siècles à Paris ". Ils sont partis du constat que les collections du Centre Pompidou, du musée des Arts décoratifs de Paris, du musée d'Art moderne de la Ville de Paris, du FNAC et du VIA sont parfois insuffisamment montrées. Cette association a émis l'hypothèse d'un musée en lieu et place du musée des Arts d'Afrique et d'Océanie (MAAO) dont les collections vont rejoindre le musée du quai Branly. A l'heure actuelle, la Direction des musées nationaux ne s'est pas exprimée à ce sujet.



Chroniques de l'AFAA
N° 32 - Le Design en France