| Les lieux d'exposition
Les collections de design en France
Collections publiques
Au-delà des principales collections françaises de
design - celles du Centre Georges-Pompidou, du musée des
Arts décoratifs de Paris et du musée d'Art moderne
de Saint-Étienne -, il y a un regain d'intérêt
pour la création française contemporaine dont témoigne
le tour d'horizon proposé ici. L'entrée ou le développement
du design dans la majorité des institutions présentées
a été largement soutenu par les dépôts
du Fonds national d'art contemporain (FNAC).
Centre Georges-Pompidou
75191 Paris Cedex 04
tél. : +33 (0)1 44 78 12 33 - fax : +33 (0)1 44 78 13
00
www.centrepompidou.fr
Sous l'impulsion du président du Centre Pompidou de l'époque,
Dominique Bozo, a lieu la fusion, en 1991, du Musée national
d'art moderne (MNAM) et du Centre de création industrielle
(CCI) en un seul département. Celle-ci est à l'origine
de la constitution de la collection de design du Centre Georges-Pompidou.
La politique d'acquisition s'est établie en fonction d'une
priorité : celle de " définir un périmètre
clair et (d')établir un champ spécifique par rapport
à celui des Arts décoratifs " (1). Ainsi est
retenu le domaine de " la création appliquée
à la série (…), le principe fondateur étant
qu'aucune pièce ne devait être étrangère
à la volonté, réalisée ou non, de son
créateur de la produire à des milliers d'exemplaires
". C'est à partir de cette orientation qu'ont eu lieu
les premières acquisitions exposées dès 1992
dans le cadre de la manifestation pluridisciplinaire " Manifeste
". Depuis lors, la " stratégie développée
a consisté à mettre en place et à développer
des pôles autour des ' classiques ' de l'histoire du design
". L'effort a d'abord porté sur l'acquisition de pièces
telles que celles conçues par des designers et architectes
du Mouvement moderne (Pierre Chareau, René Herbst, Charlotte
Perriand, Jean Prouvé…), par ceux qui furent dans les
années 1950/60 les tenants d'un fonctionnalisme éclairé
(Joe Colombo, Charles Eames, Dieter Rams, Roger Tallon…),
par ceux qui furent dans les années 1960 les instigateurs
d'"un nouveau design " (Andrea Branzi, Ettore Sottsass,
Gaetano Pesce…). Les acquisitions se sont également
portées sur des pièces conçues par les porte-paroles
des " nouvelles tendances " qui se sont manifestées
au cours des années 1980 (Ron Arad, Sylvain Dubuisson, Garouste
& Bonetti, Javier Mariscal, Philippe Starck, Martin Szekely…).
La collection s'est également enrichie d'objets de designers
plus jeunes parmi lesquels Ronan & Erwan Bouroullec, Matali
Crasset, Konstantin Grcic, Christophe Pillet.
Le MNAM-CCI a également bénéficié de
dons importants. Ainsi, par exemple, Braun a offert cent cinquante
objets couvrant l'ensemble de son histoire, Cassina des prototypes
(fauteuil " Feltri " et canapé " Sit Down
" de Gaetano Pesce, siège " Teneride " de
Mario Bellini), IBM a remis une partie de sa mémoire d'entreprise
comprenant notamment des produits, dessins, maquettes d'objets et
d'architectures mais aussi des conditionnements (affiches, publicités,
etc.) créés par le graphiste Paul Rand. Citons encore
Ettore Sottsass qui a confié au Musée des céramiques
des années 1960, des maquettes en bois peint de la série
" Yantra " et une quinzaine de dessins originaux de la
période Memphis.
Aujourd'hui l'équipe du musée national d'Art Moderne-Centre
de création industrielle vise à " poursuivre
dans la voie d'une recherche scientifique de bonne tenue, en restituant,
dans la mesure du possible (…), l'environnement des objets
choisis et, par voie de conséquences, en pratiquant une politique
d'acquisitions étendue aux dessins, aux catalogues et, (…)
aux vidéos - autant d'éléments qui donnent
de l'objet une lecture plus complète, et évitent de
la cantonner au concept d'objet d'art ". A l'inventaire de
décembre 2000, la collection de design comptait 1636 œuvres
et 212 designers répertoriés, couvrant largement la
production industrielle, du design militaire au design domestique,
et intégrant également le design graphique.
Montrée à l'occasion d'expositions thématiques,
la collection de design est, depuis la réouverture du Centre
Georges-Pompidou après rénovation le 1er janvier 2000,
intégrée à la présentation permanente
des collections aux côtés des arts plastiques et de
l'architecture.
Le Centre de création industrielle (CCI)
Créé en 1969 par François Matthey et François
Barré en collaboration avec Yvonne Brunhammer et Yolande
Amic, le Centre de création industrielle prend naissance
au musée des Arts décoratifs de Paris qui accueille
ses expositions.
La première, " Qu'est-ce que le design? " qui réunissait
Joe Colombo, Charles Eames, Hans Eichler, Verner Panton et Roger
Tallon en octobre 1969, est passée à la postérité.
Le CCI organise également de petites expositions thématiques
: le vêtement fonctionnel, l'outillage, image et son, la préparation
du repas… Chacune d'entre elles donne lieu à la création
d'un fichier, mis à la disposition du public, sur les produits
montrés, leurs fabricants et leurs distributeurs. A cette
époque, les membres du CCI pensent en faire un Design Center
à vocation internationale. L'organisme est à la recherche
d'un lieu et d'une identité affirmée lorsque survient
son intégration, en 1973, au Centre Georges-Pompidou. L'idée
d'une collection de design est alors évoquée. Cependant,
il apparaît rapidement qu'il n'y aura pas l'espace suffisant
pour accueillir à la fois une collection et des expositions
thématiques. Aussi, lors de l'ouverture de Beaubourg, en
1977,
le CCI présente un mur d'images, conçu par le directeur
de la Neue Sammlung de Munich, Wend Fischer, retraçant l'histoire
du design de 1850 à 1930. Ce mur, constitué de caissons
lumineux et de vitrines dans lesquelles sont exposés des
meubles et des objets, est un substitut à la collection.
Il a occasionné les toutes
premières acquisitions du Centre Georges-Pompidou en matière
de design. Lorsque s'est posée la question en 1986 de le
rénover et d'en poursuivre la chronologie, décision
a été prise de le supprimer afin de gagner de l'espace
pour les présentations temporaires. Avant la fusion avec
le musée national d'Art Moderne (MNAM), le Centre de création
industriel a développé des expositions importantes.
Citons pour mémoire " Nouvelles tendances " (1987),
" Design français 1960-1990 : trois décennies
" (1988), " Les années 1950 - entre le béton
et le rock " (1988), " Carlo
Mollino ", " L'art de l'ingénieur ".
Musée d'Art moderne de la Ville de Paris
11, avenue du président Wilson
75116 Paris
tél. : +33 (0)1 53 67 40 00 - fax : +33 (0)1 47 23 35
98
9, rue Gaston de Saint-Paul
75116 Paris
Inauguré en 1961, le musée d'Art moderne de la Ville
de Paris est situé dans l'aile gauche du Palais de Tokyo
- bâtiment édifié par les architectes Dondel,
Aubert, Viard et Dastugue pour l'Exposition internationale de 1937.
Au-delà de sa collection d'art moderne et contemporain, le
musée possède un ensemble de mobilier, d'objets d'art
et de tapisseries. Peu connu, celui-ci compte environ deux cents
pièces. Parmi elles, les laques décoratives du fumoir
du paquebot Normandie conçues par Jean Dunand ont pendant
longtemps figuré au sein de la présentation permanente
des collections. Par ailleurs, une salle a été dédiée
au mobilier entre 1986 et 1990. Enfin, récemment, une sélection
de cet ensemble a été montrée au public à
l'occasion de l'exposition dédiée aux années
1930 (1997).
Ces exceptions faites, objets et meubles sont restés dans
les réserves. Cependant, en parallèle à sa
fermeture, le musée prévoit de faire circuler aux
États-Unis, entre les printemps 2003 et 2004, un choix de
sa collection de mobilier.
Fonds National d'Art Contemporain (FNAC)
70, voie des sculpteurs
92800 Puteaux
tél. : +33 (0)1 46 93 02 50 - fax : +33 (0)1 49 00 01
12
(cf. Promotion et diffusion).
Musée des Arts décoratifs, Paris (UCAD)
Union Centrale des Arts Décoratifs
Palais du Louvre,
107, rue de Rivoli
75001 Paris.
tél. : +33 (0)1 44 55 57 50 - fax : +33 (0)142 60 38 52
www.ucad.fr
L'idée de créer à Paris un musée des
Arts décoratifs remonte à la fin des années
1830, date approximative du premier projet dont il reste des traces.
C'est au cours des années 1874-1877 que le musée des
Arts décoratifs - encore à l'état de projet
- précise son statut de " musée d'œuvres
d'art ", s'éloignant de l'idée de " galerie
d'études " qui avait jusqu'alors animée les débats.
Le but de l'Union Centrale des beaux-arts appliqués à
l'industrie - créée en mars 1864 - est précis
: doter Paris d'un musée où les arts mineurs trouvent
leur place. La fusion en 1882 de la société du musée
des Arts décoratifs - créée en 1877 - avec
l'Union Centrale des beaux-arts appliqués à l'industrie,
accélère la formation d'un noyau de collection, noyau
exposé provisoirement au Palais de l'Industrie. La nouvelle
société issue de la fusion se nomme désormais
l'Union centrale des arts décoratifs (UCAD). Reconnue d'utilité
publique par un décrêt de 1882, celle-ci renonce à
l'activité commerciale de l'ancienne Union Centrale des beaux-arts
appliqués à l'industrie. En 1891, l'État attribue
le pavillon de Marsan à l'UCAD qui va s'employer à
obtenir également les locaux de l'aile du Pavillon, situés
rue de Rivoli et initialement destinés à la Cour des
comptes.
Le musée des Arts décoratifs de Paris est inauguré
en 1905. Cependant, dès 1902, huit salles sont ouvertes au
rez-de-chaussée et au premier étage du Pavillon de
Marsan. Elles présentent des ensembles des XVIIe, XVIIIe
et XIXe siècles. En parallèle, ont également
lieu des expositions temporaires importantes dont celle de 1902
consacrée aux créations des artistes verriers contemporains
qui révèle l'École de Nancy.
Les collections du musée sont, lors de son inauguration,
le fruit de dons, de legs et d'acquisitions délibérées
d'objets contemporains. Une fois installée, la physionomie
du musée va se dessiner au fil des dons et legs bien plus
qu'à travers une politique d'acquisitions. Celles-ci se réduisent
de plus en plus et délaissent pratiquement la production
contemporaine après 1925. De 1920 jusqu'à la seconde
guerre mondiale, l'UCAD reçoit en dons des collections très
diverses - bijoux, faïences, verreries, cannes, porcelaines
françaises et étrangères du XVIIIe siècle,
argenterie française. Deux types de collections dictent leur
présentation et leur répartition : des séries
d'objets classées suivant leur typologie, leurs matériaux
et leur provenance et des ensembles d'œuvres réunis
pour reconstituer l'atmosphère d'une époque. S'y ajoutent
des pièces uniques qui participent à l'une ou l'autre
de ces typologies. Il est à noter qu'en dépit du ralentissement
des acquisitions contemporaines qui perdure jusque dans les années
1980, le musée maintient une position forte face à
l'actualité de la création via les expositions temporaires.
Il en organise au rythme de cinq à sept par an sur le passé
et le présent à part égale et accueille notamment
en 1930 et 1932 le groupe dissident de l'Union des Artistes Modernes
(UAM). Après l'interruption de son activité durant
la guerre, cent salles ouvrent à nouveau au public en 1949.
Mais déjà, le musée a organisé des expositions
importantes : " le siège français du Moyen-Age
à nos jours " (1947), " Le fer et l'acier dans
l'habitation " et " Les Plastiques " (1949). Dans
les années 1950, on assiste à une réorganisation
de la présentation des collections ainsi qu'à la mise
en place d'un service éducatif, à l'exemple des musées
américains. Par ailleurs, à partir de 1949, avec la
première de " Formes Utiles " (une association
qui émane de l'UAM et qui va présenter chaque année
jusqu'en 1987, une sélection des meilleurs objets utilitaires),
le musée inaugure une série d'expositions sur les
formes industrielles qui aboutira, vingt ans plus tard, à
la création du Centre de création industrielle (CCI,
cf. encadré p. 131).
Avec l'arrivée d'Eugène Claudius-Petit à la
présidence de l'UCAD, en 1961, un vent de modernité
souffle sur l'institution : deux salles sont consacrées aux
novateurs des années 1930-1950 : Le Corbusier entre au musée
accompagné, notamment, des pièces d'autres membres
de l'UAM (Pierre Chareau, Robert Mallet-Stevens).
Au cours des quinze ans suivants, le musée se consacre essentiellement
aux
expositions temporaires. De 1965 à 1976, plus de cent soixante
sont organisées dont " Les assises du siège contemporain
" (1968), " Les années 1925, pionniers du XXe siècle
" puis " Cinquantenaire de l'expo de 1925 " (1976).
Durant les années 1980, le musée consacre notamment
des expositions à l'UAM, au VIA, au design italien ("
Techniques discrètes "), à Andrea Branzi et Sylvain
Dubuisson.
Le départ du CCI, qu'elle a accueilli de 1969 à 1974,
a déstabilisé l'institution qui se tourne de plus
en plus vers les métiers d'art. Cependant, après une
fermeture pour travaux de 1983 à 1985, elle sort de ses réserves
la collection 1900-1925 et dédie une galerie à la
présentation des collections de la période moderne
et contemporaine (1930-1980). Fermé pour rénovation
depuis 1996 dans le cadre du chantier du Grand Louvre, le musée
des Arts décoratifs de Paris a maintenu une politique d'expositions
temporaires visant à présenter l'actualité
de la création. Citons, parmi les plus récentes, celles
consacrées à François Bauchet, Pierre Charpin
au CIRVA ou encore Christian Biecher. La nouvelle présentation
des collections du XXe siècle du musée des Arts décoratifs
devrait voir le jour vers 2004. Celle-ci couvrira environ 3 200
m2 sur les sept niveaux du Pavillon de Marsan.
La scénographie des collections du XVIIe siècle jusqu'à
l'Art Nouveau a été confiée à Oscar
Tusquets, celle des collections couvrant les années 1930
jusqu'à nos jours à Sylvain Dubuisson.
L'implication de l'équipe du musée dans la nouvelle
politique du FNAC - dont la commission d'achat dédiée
aux " arts décoratifs, métiers d'art et création
industrielle " est née en 1981 -, la création
du Centre du Verre en 1982 et l'ouverture de nouvelles salles en
1985 redynamise quelque peu l'enrichissement de la collection du
département moderne et contemporain. Par ailleurs, à
partir des années 1980, plusieurs dépôts viennent
l'enrichir de façon significative. Ceux-ci proviennent, outre
du FNAC : du MNAM, du CNRS Art Ménager et d'Antony (une chambre
de Jean Prouvé et des éléments de la cafétéria).
Enfin, des dons de créateurs ou de familles de créateurs
constituent les points forts de cette collection. Citons le don
et legs des archives d'Emilio Terry, le don des archives de Jean
Royère ou celui d'un important ensemble d'André Arbus.
Aujourd'hui, le développement de la collection moderne et
contemporaine repose sur plusieurs principes : l'équilibre
entre la production rare et précieuse et la production en
série, une nécessaire vision internationale et le
lien entre objets et documentation (esquisses, dessins, maquettes,
catalogues, publicité, etc.).
En ce début de troisième millénaire, le musée
des Arts décoratifs de Paris se trouve à la tête
d'une collection riche et variée concernant la deuxième
moitié du XXe siècle. Plus de 3 000 meubles, luminaires,
objets d'usage et de décor, de fabrication industrielle,
semi-industrielle ou artisanale, en métal, verre, céramique
ou matières plastiques constituent la collection du département
moderne et contemporain. C'est l'un des plus importants ensembles
des collections publiques françaises.
Les musées de l'UCAD
L'Union centrale des arts décoratifs (UCAD) s'est dotée
de deux nouveaux musées : le musée de l'Affiche créé
en 1978 rue de Paradis à Paris qui deviendra le musée
de la Publicité et le musée de la Mode (1986). Dans
le cadre du chantier du Grand Louvre, les musées de l'UCAD
se sont réorganisés et regroupés. Le musée
de la Mode restructuré ouvre ses portes en janvier 1997.
Fermé en 1989, le musée de l'Affiche devient le musée
de la Publicité et intègre le Palais du Louvre : il
est inauguré en novembre 1999. La section Moyen-Age/Renaissance
du musée des Arts décoratifs, rénovée,
ouvre à nouveau au public en 1998.
Les collections de l'UCAD ont le même statut que les collections
nationales. Elles sont cependant gérées, entretenues,
mises en valeur, enrichies et publiées par l'UCAD qui reste
une association privée.
A lire : Brunhammer Yvonne, Le beau dans l'utile, un musée
pour les arts décoratifs,
coll. Découvertes Gallimard n° 145, éd. Gallimard,
Paris, 1992.
Enfin, il faut noter qu'un Centre de la mode et du design est à
l'étude à Paris.
Musée des Années 30, Boulogne-Billancourt
Espace Landowski
28, Avenue André-Morizet
92104 Boulogne-Billancourt
tél. : +33 (0)1 55 18 53 70 - fax : +33 (0)1 55 18 53
71
Le musée des Années 30 est issu du musée municipal
de Boulogne-Billancourt. Créé en 1939, celui-ci est
" une sorte de ' petit Carnavalet ' local évoquant l'histoire
de la ville par l'estampe et la carte postale ". En 1983, date
de la création d'une véritable conservation du musée,
une décision doit être prise sur l'orientation à
donner à cet embryon de collection. C'est du constat que
l'essentiel du développement de la ville s'est effectué
au cours de l'entre-deux-guerres tant sur le plan économique,
architectural qu'artistique que naît l'idée de développer
une collection centrée sur les années 1930. Durant
dix ans sont organisées des expositions temporaires dans
un musée transitoire situé dans l'annexe de la mairie.
En parallèle ont lieu de nombreuses acquisitions par dons
(70 % de la collection), par achats (10 %), par affectations et
dépôts de l'État (20 %). A son ouverture en
décembre 1998, au sein de l'espace Landowski, le musée
des Années 30 compte plus de 1 200 sculptures, 600 peintures,
20 000 dessins, 1 500 estampes ainsi que 300 pièces de mobilier
et de céramique.
La collection d'arts décoratifs du musée, jeune et
appelée à s'enrichir, témoigne, elle aussi,
de la créativité exceptionnelle qui s'est développée
à Boulogne-Billancourt et de l'affrontement entre tradition
et modernité reflété tant dans les édifices
publics que les hôtels particuliers de la ville. Ainsi du
mobilier de Robert Mallet-Stevens, René Herbst, des ferroneries
de Jean Prouvé, des céramiques industrielles de Raoul
Lachenal investissent, entre autres, l'hôtel de ville tandis
que l'ensemblier Jacques-Emile Rulhmann aménage l'hôtel
particulier de Gabriel Voisin et que les meubles de l'ébéniste
Jules Leleu entrent dans la maison futuriste conçue par l'architecte
Raymond Fischer. Le courant moderne, celui de l'UAM, est donc présent
dans la collection d'arts décoratifs du musée des
Années 30 avec de très belles pièces de Mallet-Stevens,
Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Charlotte Perriand, Jean Prouvé,
Pierre Petit, André Salomon et André Bloc. Par ailleurs,
Boulogne-Billancourt ayant été un intense foyer de
création pour les arts du feu, la collection regroupe quelques-unes
parmi les plus importantes signatures de céramistes des années
1930. Citons, entre autres, Alphonse Gentil et François Bourdet,
Charles Bigot et Raoul Lachenal qui se lancèrent dans la
céramique
industrielle.
A lire : Bréon Emmanuel, Lefrançois Michèle,
Le musée des Années 30,
éd. Somogy, Paris, 1998.
Musée National de Céramique
Place de la Manufacture
92310 Sèvres
tél. : +33 (0)1 41 14 04 20 - fax : +33 (0)1 45 34 67
88
jacqueline.barlet@culture.fr
Directeur de la Manufacture de Sèvres de 1800 à 1847,
Alexandre Brongniart fonde au tout début du XIXe siècle
le musée national de Céramique afin de " conserver
les céramiques de tous les temps et de tous les pays ".
La collection du musée compte aujourd'hui plus de 50 000
pièces. Le design s'y inscrit par des achats ainsi que par
des dépôts du Fonds national d'art contemporain (FNAC)
et comprend environ 250 objets parmi lesquels des pièces
de Memphis, Richard Peduzzi, Raoul Marek.
(cf. CRAFT)
Fonds régional d'art contemporain Basse-Normandie
Frac Basse-Normandie
9, rue Vaubenard
14000 Caen
tél. : +33 (0)2 31 93 09 00 - fax : +33 (0)2 31 95 54
26
frac.bn@wanadoo.fr
Le Frac Basse-Normandie possède une collection de céramiques
contemporaines (40 numéros d'inventaire). Depuis 1999, les
acquisitions sont effectuées par un comité technique
composé de la directrice du FNAC, du conseiller pour les
arts plastiques (DRAC), du conservateur du musée des Beaux-Arts
de Caen et de deux céramologues. La totalité de ces
pièces est en dépôt au musée de la Poterie
basse-normande de Ger (Manche).
Fonds régional d'art contemporain Nord/Pas-De-Calais
Frac Nord/Pas-De-Calais
930, avenue de Rosendaël
59240 Dunkerque
tél. : +33 (0)3 28 63 63 13 - fax : +33 (0)3 28 63 63
39
fracnord@wanadoo.fr
www.fracnordpdc.asso.fr
Depuis leur création en 1982, les Fonds régionaux
d'art contemporain (Frac) ont peu investi le champ du design. Ainsi,
le Frac de la région Nord/Pas-De-Calais constitue-t-il une
exception en la matière. Il possède un fonds de design
qui s'est pour l'essentiel monté entre 1983 et 1989, sous
l'impulsion de Claude Courtecuisse. Les trente pièces acquises
durant cette période forment une collection cohérente,
composée en majeure partie de sièges, et essentiellement
axée autour des années 1960 et du design radical italien.
L'actuelle directrice de l'institution, Katia Baudin, qui affirme
la volonté de renforcer les spécificités du
Frac Nord/Pas-De-Calais, défend une approche pluridisciplinaire
de l'art. Elle entend, dans ce contexte, poursuivre les achats en
faveur du design non seulement afin d'enrichir le fonds mais aussi
dans le but de créer des passerelles avec la collection d'œuvres
d'art. La politique générale d'acquisition vise des
pièces historiques postérieures à 1960 ainsi
que des objets contemporains, du mobilier d'artistes et des œuvres
intégrant meubles et objets. C'est ainsi que sont entrés
récemment dans les collections le " Tappeto natura "
de Piero Gilardi, le prototype ainsi que trois exemplaires de la
chaise " Soléa " de Claude Courtecuisse et des
installations d'artistes tels que Dominique Gonzalez-Foerster, Plamen
Dejanov & Swetlana Heger, Angela Bulloch ou Rirkrit Tiravaniga,
qui font références au cadre de vie. Actuellement
l'objectif du Frac Nord/Pas-De-Calais en matière de design
est d'accroître le fonds et de mener une réflexion
approfondie sur l'orientation de cette collection.
La Piscine. Musée d'Art et d'Industrie de Roubaix
23, rue de l'Espérance
59100 Roubaix
Conservation
23, rue des Champs
59100 Roubaix
tél. : +33 (0)3 20 69 23 60 - fax : +33 (0)3 20 69 23
61
L'histoire du musée d'Art et d'Industrie de Roubaix est extrêmement
complexe.
A l'origine, en 1835, les industriels roubaisiens prennent l'initiative
de constituer, à des fins essentiellement professionnelles,
un fonds d'échantillons de la production textile locale réuni
en de gros volumes. Ce fonds, joint à des objets d'art et
des tableaux, forme un ensemble si important qu'il devient, en 1862,
la préfiguration d'un musée. Ce dernier est abrité
en 1889 dans la toute nouvelle École nationale des arts industriels
qui deviendra l'École nationale supérieure des arts
industriels textiles (Ensait). Conservateurs et donateurs successifs
enrichissent et diversifient la collection jusqu'à la fermeture
du musée en 1940. Il ne rouvre pas ses portes à la
Libération et l'État décide de sa désaffection
en 1959. Les collections sont alors dispersées. Ce n'est
qu'en 1989 qu'est pressenti Bruno Gaudichon pour réveiller
le musée. Celui-ci soumet son acceptation à la nécessité
de trouver un nouveau lieu à la mesure du projet. Ce sera
une ancienne piscine municipale, exceptionnel bâtiment Arts-Déco
construit entre 1927 et 1932 par l'architecte lillois Albert Baert
et reconverti par Jean-Paul Philippon. Après quatre ans de
travaux, le musée d'Art et d'Industrie de Roubaix renaît
enfin et ouvre ses portes en octobre 2001. Entre-temps, un espace
de préfiguration a permis, pendant dix ans, de développer
une activité de diffusion culturelle.
La collection se compose aujourd'hui de différents ensembles
: un fonds d'arts appliqués qui compte plusieurs milliers
de références (dessins, textiles, mobilier, objets,
tapis, céramiques…) ; une tissuthèque exceptionnellement
riche ; un ensemble beaux-arts (peintures et sculptures) exclusivement
consacré aux XIXe et XXe siècles. La présentation
des collections " emprunte au modèle anglo-saxon des
musées d'arts et d'industrie dans lesquels les objets d'arts
appliqués dialoguent avec les œuvres d'art ". Sculptures,
bijoux, costumes, céramiques et peintures sont mis sur un
pied d'égalité. De nombreux dépôts de
peintures, sculptures et objets d'art ont été consentis
au musée d'Art et d'Industrie par le MNAM et le musée
d'Orsay. L'État a également contribué à
l'achat de nombreuses œuvres. Enfin, le FNAC a déposé
à Roubaix un ensemble particulièrement riche, comportant
une cinquantaine de peintures et sculpture des XIXe et XXe siècles,
ainsi que 240 pièces issues de son fonds d'arts décoratifs
: vases, bijoux, textiles, mobilier. Ce dépôt est venu
appuyer le projet culturel et muséographique du musée
d'Art et d'Industrie de renouer avec son propos fondateur : celui
d'aider à la rencontre de l'industrie et de la création
artistique.
A lire : Gaudichon Bruno, La Piscine. Musée d'Art
et d'industrie de Roubaix,
éd. Snoeck-Ducaju & Zoon, 2001.
Musée des Arts décoratifs de Bordeaux
Hôtel de Lalande,
39, rue Bouffard
33000 Bordeaux
tél. : +33 (0)5 56 00 72 52 - fax : +33 (0)5 56 81 69
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Le musée des Arts décoratifs de Bordeaux (1955) est
installé dans un hôtel particulier construit vers 1780
qui a conservé une large part de ses décors intérieurs
d'origine. Il a été entièrement rénové
et réaménagé entre 1980 et 1984. Depuis lors,
avec l'aménagement d'un espace susceptible de les accueillir,
de nombreuses expositions dédiées à la création
contemporaine ont eu lieu. Parmi celles-ci, citons " Memphis
" (1983), " Garouste & Bonetti " (1985), "
Objets Danese, profil d'une production " (1987), " Verreries
et terres cuites " d'Olivier Gagnère (1990),
l'orfèvre bordelais Roland Daraspe (1993), " Objets
inanimés avez-vous donc une âme? " (1999). En
parallèle une politique d'acquisition a été
développée et complétée par des dépôts
du Fonds national d'art contemporain (FNAC) en liaison avec les
expositions temporaires.
La collection de design compte une quarantaine de pièces
des années 1950 aux années 1990. On y trouve notamment
des objets des italiens Enzo Mari et Bruno Munari pour l'éditeur
Danese, d'Ettore Sottsass et Nathalie Du Pasquier & Georges
Sowden pour Memphis, de Christian Astuguevieille, Roland Daraspe,
Sylvain Dubuisson, Olivier Gagnère, Garouste & Bonetti
ou Borek Sipek. Aujourd'hui, un projet d'aménagement à
l'étage des combles pour l'exposition permanente de ces pièces
est envisagé. Certaines d'entre elles sont, cependant, visibles
dans les vitrines de la billetterie du musée et de son restaurant-salon
de thé. Ce dernier a pour emblème le miroir "
Grand Ours " de Garouste & Bonetti mis en dépôt
par le FNAC.
Musée d'Art moderne, Saint-Étienne
La Terrasse
42000 Saint-Étienne
tél. : +33 (0)4 77 93 59 58 - fax : +33 (0)4 77 93 07
25
Si les premières acquisitions en design remontent à
1986, la collection du musée s'est réellement développée
à partir de 1987, date à laquelle les collections
d'art moderne et contemporain investissent un nouveau bâtiment
conçu par l'architecte Didier Guichard qui marque l'ouverture
du musée d'Art moderne. Celle-ci augure de la volonté
des conservateurs d'ouvrir l'institution à de nouveaux champs
d'investigation, le design et la photographie, disciplines qui,
plus que toutes autres, ont été une émanation
de l'ère industrielle. En regard de l'absence de grandes
collections publiques en dehors de Paris, s'est imposée la
décision d'entreprendre la constitution d'un ensemble représentatif
de ce que fut l'histoire du design depuis le dernier tiers du XIXe
siècle (Thonet et les premiers exemples d'un mobilier conçu
pour l'industrie et la production de masse) jusqu'à la période
contemporaine. Riche aujourd'hui d'environ six cents pièces,
cette collection regroupant la plupart des créations majeures
de l'histoire du design a atteint en peu d'années un niveau
européen. La politique d'acquisition actuelle consiste essentiellement
à développer, à partir de cette ossature, des
axes spécifiques : la constitution d'ensembles monographiques
forts (Prouvé, Perriand, Le Corbusier, Eames…) et,
parallèlement au mobilier, la volonté de multiplier
la présence des objets du quotidien dans leur infinie diversité.
Ce travail s'accompagne également d'une recherche concernant
les archives originales et la documentation des designers. Le musée
a déjà bénéficié des donations
Michel Mortier et René Caillette. Il a par ailleurs reçu
en dépôt en 2000 l'intégralité de la
" collection Tropicale ", ensemble de meubles créés
par neuf designers parmi lesquels François Bauchet, Martine
Bedin, Pierre Charpin, Éric Jourdan et Mathilde Bretillot.
Ces pièces sont le fruit d'un projet initié en 1989
par la Maison française du meuble créole afin de redynamiser
sur l'île de la Réunion la production artisanale de
mobilier créole. Plusieurs fois présentée de
manière partielle la collection de design a fait l'objet,
à l'automne 2000 lors de la seconde Biennale internationale
de design de Saint-Étienne, d'une exposition importante intitulée
" Le siècle du design, la collection du musée
". Ce large accrochage, où quatre cinquièmes
des pièces de design étaient présentés,
réparti sur la totalité des espaces d'exposition,
avait pour originalité de réunir aux côtés
des objets, peintures, sculptures et photographies issues des collections
du musée.
Musée départemental de Gap
6, avenue Maréchal Foch
05000 Gap
tél. : +33 (0)4 92 51 01 58 - fax : +33 (0)4 92 52 64
30
Edifié en 1907, le musée départemental de Gap
abrite des collections de nature encyclopédique relevant
des domaines de l'archéologie, l'histoire naturelle, des
beaux-arts, des arts décoratifs et de l'ethnographie. Cette
diversité reflète l'éclectisme d'une société
d'érudits et de collectionneurs du XIXe siècle à
la recherche de leur histoire. Témoigner de l'histoire d'une
population haute-alpine depuis ses origines, telle est l'originalité
de cette institution située dans un département marqué
par un environnement naturel fort. De 1985 à 1988, une importante
rénovation a permis de déployer les collections, enrichies
au fil du temps, et de réorganiser leur présentation
permanente. Seul musée public du département, le musée
départemental de Gap poursuit ses missions de rassemblement
et de conservation du patrimoine des Hautes-Alpes. Il s'est par
ailleurs, depuis quelques années sous l'impulsion du conservateur
Alexia Fabre, donné pour mission de sensibiliser le public
à l'art en s'ouvrant à l'art contemporain et au design.
Cette démarche s'inscrit " dans la continuité
d'une politique culturelle ayant à cœur d'offrir un
lien entre le passé et le monde contemporain ".
La création contemporaine est ainsi représentée,
au sein de la collection de céramique du musée, par
une installation de l'italien Ugo La Pietra, " Culture méditéranéenne
", dépôt du Fonds national d'art contemporain
(FNAC). Cette œuvre, initialement conçue pour la deuxième
édition (1990) de la Quadriennale internationale de design
Caravelles (1) et acquise par le FNAC, propose une réflexion
sur l'espace culturel du bassin méditerranéen.
Musée de la Faïence-Château Pastré
157, avenue de Montredon
13008 Marseille
tél. : +33 (0)4 91 72 43 47 - fax : +33 (0)4 91 72 53
58
Aménagé dans une bastide du XIXe siècle, le
château Pastré, le musée de la Faïence
a ouvert ses portes en mai 1995. Réunir en un seul lieu les
collections de céramiques à caractère régional
des fonds de trois musées marseillais - le musée Borely,
le musée des Beaux-Arts, le musée Cantini - est à
l'origine de sa création. Cependant, il est vite apparu nécessaire
de ne pas isoler ce fonds de faïence méridionale des
XVIIe et XVIIIe siècles et de le replacer dans un contexte
plus général. Ainsi un ensemble de pièces archéologiques
allant du néolithique au début du XVIIe siècle
vient situer en amont l'ancrage du travail de la terre sur le territoire
marseillais et, en aval, des œuvres du XIXe siècle à
nos jours présentent les prolongements et l'évolution
de l'art céramique. La politique d'acquisition engagée
par la ville de Marseille depuis 1986 ainsi que plusieurs dons consentis
par de grands collectionneurs ont permis d'enrichir ce fonds d'œuvres
d'importance.
Sont aujourd'hui exposées près de mille cinq cents
pièces couvrant une période historique de sept mille
ans.
Concernant la céramique du XXe siècle, les cent huit
pièces de la collection illustrent presque exclusivement
l'évolution des artistes potiers à deux exceptions
près : un service de table de Kaj Frank (1948) et un plateau
avec accessoires de Matteo Thun (1982). Cependant, pour le XXe siècle,
la céramique est considérée dans le contexte
plus global des arts du feu. Aussi, le verre a-t-il une place importante
au musée et témoigne du travail des designers en la
matière des années 1930 à aujourd'hui. La collection
est constituée d'un achat important de verres d'Europe du
Nord (Allemagne et Scandinavie) des années 1930 à
1960 avec notamment des pièces de Wilhelm Wagenfeld, Aïno
Aalto, Timo Sarpaneva et Tapio Wirkkala; d'un dépôt
du FNAC dont le noyau est la commande publique " 30 vases pour
le CIRVA " (1989). Elle réunit également des
pièces de Memphis (Michele de Lucchi, Ettore Sottsass, Georges
Sowden…), de François Bauchet, Marie-Christine Dorner,
Olivier Gagnère, Gaetano Pesce, Borek Sipek, Philippe Starck,
Martin Szekely. Elle illustre enfin la création contemporaine
artistique avec, entre autres, des œuvres de Piotr Kowalski,
François Morellet, Giuseppe Penone ou Rosemarie Trockel.
Au total,
la collection comporte quatre-vingt-sept pièces dont treize
ensembles de verrerie nordique.
A lire : " Marseille, les arts décoratifs ", Connaissance
des arts, hors-série n° 73, 1995.
Musée Mandet
14, rue de l'Hôtel de Ville
63200 Riom
tél. : +33 (0)4 73 38 18 53
Fondé en 1866, le musée Mandet est, comme la plupart
des musées de province créés à l'initiative
d'un érudit local (Francisque Mandet), un établissement
où se côtoient peintures et sculptures des XVIIe et
XVIIIe siècles ainsi que des œuvres d'artistes régionaux
du XIXe siècle. Un siècle plus tard, la donation Richard
(1979) apporte une nouvelle identité au musée. Celle-ci
rassemble une exceptionnelle collection d'objets d'art et d'art
décoratif constituée de statuaire antique et médiévale,
de mobilier, de tapisserie, de céramique, dinanderie et orfèvrerie.
Lors de sa réouverture en 1983, le musée Mandet s'affirme
" comme l'un des plus riches musées d'art décoratif
français ".
Par sa qualité et son importance, la collection d'objets
d'art, en particulier la collection d'orfèvrerie civile des
XVIIe et XVIIIe siècles, a participé à définir
de nouvelles orientations. Elle est le point de départ de
la constitution, à partir de 1990, d'un fonds d'art décoratif
contemporain axé sur l'orfèvrerie des cinquante dernières
années du XXe siècle et des premières du XXIe
siècle. Il comprend aujourd'hui plus de 50 pièces
parmi lesquelles des objets d'Ettore Sottsass, Peter Shire, Andrea
Branzi, Afra & Tobia Scarpa, Gae Aulenti, Garouste & Bonetti.
La partie contemporaine de la collection d'art décoratif
du musée Mandet compte également des pièces
en verre et en céramique ainsi que deux pièces de
mobilier d'Olivier Gagnère; majoritairement issues de dépôts
du Fonds national d'art contemporain (FNAC). Aujourd'hui, le musée
Mandet souhaite développer sa vocation de valorisation et
de découverte des métiers d'art et des savoir-faire.
Parallèlement aux acquisitions, le musée Mandet a
mené une politique d'expositions temporaires, certaines étant
consacrées à la création contemporaine telles
que " Garouste & Bonetti " (1993), " Made in
Italy, design et arts appliqués chez Sawaya et Moroni "
(1998), " Olivier Gagnère " (2001).
Musée des Tissus et des Arts Décoratifs de Lyon
34, rue de la Charité
69002 Lyon
tél. : +33 (0)4 78 38 42 00 - fax : +33 (0)4 72 40 25
12
Le musée des Tissus tout comme celui des Arts décoratifs
sont issus du musée d'Art et d'Industrie créé
par la Chambre de Commerce de Lyon en 1864. Lorsque ce dernier est
transformé en musée historique des Tissus en 1890,
tous les objets sans rapport direct avec le textile sont mis en
caisses ou échangés avec les musées de la ville.
Ils sont par la suite transférés dans l'hôtel
de Lacroix-Laval. La Société pour le développement
des musées de Lyon a fait l'acquisition de ce bâtiment,
édifié par Jacques Germain Soufflot (1739), en 1919
avant de l'offrir à la chambre de Commerce pour en faire
un musée retraçant l'histoire des Arts décoratifs
depuis le Moyen-Age. Celui-ci ouvre ses portes en juin 1925.
Contigu au musée des Tissus auquel il est réuni, le
musée des Arts décoratifs de Lyon montre l'emploi
des textiles dans le décor intérieur du XVIIIe siècle.
Ses soieries tissées par les maisons Tassinari et Chatel,
Prelle et Quentin-Lelièvre en font la vitrine du savoir-faire
des fabricants textiles de Lyon et sa région. Aménagé
en salles d'ambiance, il est l'un des musées français
les plus riches en arts décoratifs avec un cabinet des dessins
et des collections de mobilier d'ébénistes parisiens
et de menuisiers régionaux, de majoliques italiennes des
XVe et XVIe siècles, de tapisseries du Moyen-Age et de la
Renaissance, d'horloges et de pendules, d'orfèvrerie ancienne
(1700-1840) et contemporaine.
A partir de 1995, de nombreux achats, des dons et les dépôts
du Fonds national d'art contemporain (FNAC) ont permis d'ouvrir
un nouveau département consacré à l'orfèvrerie
contemporaine des années 1960 à nos jours. Celui-ci
a ouvert ses portes en novembre 1997, témoignant de l'ouverture
du musée au nouveau design de la table et à l'art
décoratif contemporain. La collection compte plus de quatre-vingt
pièces en argent massif ou en métal argenté
: couverts, bougeoirs, théières, aiguières,
plateaux et pièces d'usages. Au-delà des pièces
conçues et réalisées par des orfèvres
comme Roland Daraspe, Bengt Liljedahl ou Pascal de Maurin, elle
comprend surtout des pièces dessinées par des architectes
et des designers de renom tels que Gae Aulenti, Mario Botta, Sylvain
Dubuisson, Olivier Gagnère, Zaha Hadid, Richard Meier, Lino
Sabattini, Carlo Scarpa, Afra et Tobia Scarpa, Borek Sipek, Ettore
Sottsass, William Sawaya. Unique en France, cette collection entend
témoigner au fur et à mesure des enrichissements,
de la situation de l'orfèvrerie contemporaine.
A lire : " Musée de Lyon, le très riche
musée des Arts décoratifs ", Dossier de l'art
n° 48, juin 1998.
Collection privée
Fondation Cartier pour l'art contemporain
261, boulevard Raspail
75014 Paris
tél. : +33 (0)1 42 18 56 50 - fax : +33 (0)1 42 18 56
52
www.fondation.cartier.fr
Créée en 1984, la Fondation Cartier pour l'art contemporain
développe une forme unique de mécénat d'entreprise.
Elle a pour vocation de diffuser la création contemporaine
au sens large - arts plastiques (peinture, sculpture, vidéo…),
mode, design - et pour ambition de faire découvrir au public
des créateurs français et internationaux. Son activité
recouvre trois pôles : la programmation annuelle d'environ
sept expositions en France et autant à l'étranger,
celle d'une trentaine de Soirées Nomades (événement
lié aux arts de la scène, créations éphémères)
ainsi que la constitution et l'enrichissement d'une collection,
notamment par des commandes aux créateurs.
Bien que le design ne tienne pas une place de premier plan au sein
de la programmation et de la collection de la Fondation, il est
régulièrement un objet d'attention. De 1984 à
1991, à Jouy-en-Josas, première résidence de
la Fondation, différentes initiatives ont été
prises sous l'impulsion de sa directrice, Marie-Claude Beaud : l'organisation
d'un concours auprès de neuf designers pour la réalisation
du mobilier de son Petit Café dont les résultat ont
été montrés dans le cadre de " Vivre en
couleur " (1985), l'aménagement des bureaux par François
Bauchet (1987) et la conception de la signalétique extérieure
par Éric Jourdan en collaboration avec Rudi Baur (1990).
Au cours de la même période, une exposition collective,
" MDF : des créateurs pour un matériau "
(1988), et deux monographies - " Ingo Maurer " (1989)
et " Éric Jourdan " (1991) - ont été
programmées.
Le design était également représenté
au sein des manifestations pluridisciplinaires " Nos années
60 " (1986) et " Nos années 80 " (1989). Depuis
1994 et son installation à Paris dans un bâtiment construit
par Jean Nouvel, la Fondation Cartier, dirigée par Hervé
Chandès, a passé trois commandes en matière
de design. Ron Arad (1994) puis Marc Newson (1995) ont conçu
chacun une installation destinée à accueillir un spectacle,
un ballet ou un concert dans le cadre des Soirées Nomades.
Enfin, avec une Carte blanche en main, le groupe RADI Designers
(1999) a imaginé une installation lumineuse et mobile. Par
ailleurs, dans le cadre des Soirées Nomades, le design a
fait l'objet de deux interventions éphémères
: Ingo maurer a créé une installation (1997) et les
designers Christian Ghion et Nestor Perkal ont conçu une
exposition de vingt-cinq vases - la plupart dessinés spécialement
pour l'occasion -, " La vie en rose " (1998). Enfin, "
Fragilisme ", présentée au printemps 2002 et
consacrée à Alessandro Mendini, designer italien majeur
de ces trente dernières années, accompagné
des artistes invités Vincent Beaurin et Fabrice Domercq,
a permis au public de découvrir les dernières commandes
de la Fondation en matière de design : un ensemble de pièces
d'Alessandro Mendini.
Les lieux accueillant régulièrement
des expositions de design
Arc en rêve, centre d'architecture, Bordeaux
Entrepôt,
7, rue Ferrère
33000 Bordeaux
tél. : +33 (0)5 56 52 78 36 - fax : +33 (0)5 56 48 45
20
info@arcenreve.com
www.arcenreve.com
Depuis sa création en 1981, Arc en rêve centre d'architecture,
a pour vocation de sensibiliser le public aux questions que pose
la ville contemporaine au sens le plus large. Cette association
loi 1901, financée à 70 % par la ville de Bordeaux,
mène en parallèle différentes activités
regroupées au sein de trois départements : un laboratoire
d'architecture et d'urbanisme, " espace de recherche appliquée
à des projets d'aménagement ", un atelier pédagogique
et une galerie d'exposition.
Abordé de manière sporadique à partir de 1985,
le design est devenu un champ d'action à part entière
pour Arc en rêve depuis 1992. C'est l'époque ou l'architecte
Philippe Jacques initie la première mallette pédagogique
dédiée au tabouret n° 60 d'Alvar Aalto et destinée
à tourner dans les écoles. Après avoir développé
une petite dizaine de malettes, l'atelier pédagogique s'est
récemment orienté vers une démarche comparative
à partir de sa " collection ". En effet travailler
autour d'un seul objet amenait à lui conférer, de
fait, un statut d'exemplarité, raison pour laquelle l'atelier
pédagogique propose aujourd'hui des animations sur des séries
thématiques à partir d'un matériau, du travail
d'un designer ou d'une typologie d'objet tel que la chaise.
Le programme d'exposition d'Arc en rêve en matière
de design a permis au public de découvrir comme quasiment
nulle part ailleurs en France le travail de quelques designers contemporains
parmi les plus importants : Richard Sapper, l'italien Antonio Citterio,
l'anglais Jasper Morrison, les graphistes April Greiman et Bruce
Mau ou encore le français Martin Szekely. Par ailleurs, les
expositions sont l'occasion d'enrichir le fonds de l'atelier dont
témoigne la dernière acquisition, la chaise "
Rough and Ready " de Tord Boontje issue de la manifestation
consacrée au design britannique, " Lost & found,
objets trouvés, design britannique critique " (été
2000). Les expositions sont aussi le moyen de développer
un autre type d'activités pédagogiques : " En
quêtes d'objet ". Il s'agit de visites commentées
sous forme de jeux qui permettent non seulement d'évoquer
ce qui est présenté mais aussi et plus généralement
de s'interroger sur la nature même d'une exposition. La diffusion
du savoir en matière d'architecture, d'urbanisme et de design
représente actuellement près de la moitié de
l'activité d'Arc en rêve et ne touche pas uniquement
le jeune public mais aussi les adultes via un travail avec le réseau
des bibliothèques. Ainsi, Arc en rêve constitue, en
France, un lieu incontournable en matière de design et d'architecture.
Espace Landowski
28, avenue André-Morizet
92100 Boulogne-Billancourt
tél. : +33 (0)1 55 18 53 00 - fax : +33 (0)1 55 18 40
46
Inauguré en décembre 1998, l'espace Landowski se veut
un lieu d'échanges et de créations culturelles. D'une
surface de 14 000 m2 répartis sur sept niveaux, il abrite
les collections du musée des Années 30 (cf. chapitre
6.1), une bibliothèque, une galerie des vidéastes,
un cinéma, une salle de conférence, un atelier garderie
et deux salles d'expositions temporaires. Leur programmation reflète
la double vocation de l'espace Landowski à transmettre un
patrimoine et à rendre compte des idées et des expressions
artistiques d'aujourd'hui. Le design s'y inscrit parfaitement et
a donné lieu, entre autres, à " Design 2000.
Petits enfants de Starck? " (2000) - une exposition réunissant
les designers Beef, Bretillot & Valette, Matali Crasset, Patrick
Jouin et Jean-Marie Massaud - et " Le verre, des créateurs
aux industriels français 1995-2000 " (2001) proposant
une réflexion sur les liens entre le monde du design et les
industriels du verre à travers le travail d'une soixantaine
de designers français.
Modem galerie
74, rue Quincampoix
75003 Paris
tél. +33 (0)1 42 72 40 54 - fax +33 (0)1 44 59 36 53
design@modemonline.com
www.modemonline.com/design/
Ce lieu devrait ouvrir ses portes dans le courant de l'année
2003 à l'initiative d'Ezio Barbaro et Cendrine de Susbielle,
créateurs des guides pratiques Modem relatifs à la
mode et au design (1). Modem galerie a pour objectif de présenter
des designers d'objets, des graphistes, de nouveaux produits, des
créateurs de mode ainsi que des ouvrages.
(1) Modem Design International est un nouvel annuaire annuel
comportantun calendrier d'évènements et des coordonnées
d'une sélection de designers, de fabricants, des principaux
salons, de services professionnels
(journaux, organismes de promotions, agence de presse, écoles…),
de boutiques, galeries et librairies spécialisées,
de lieux conçus par des designers. Parution en janvier, environ
20 euros.
Villa Noailles, Hyères
Montée Noailles
83400 Hyères
tél. : +33 (0)4 94 65 22 72/+33 (0)4 94 12 70 63 - fax
: +33 (0)4 94 35 86 28
fiamh@club-internet.fr
www.ville-hyeres.fr
Célébrée dès 1929 par le film surréaliste
de Man Ray, " Les mystères du château du Dé
", la villa du collectionneur amateur d'art et de cinéma
ainsi que mécène Charles de Noailles et de sa femme
Marie-Laure, bâtie entre 1924 et 1933, est la première
construction de Robert Mallet-Stevens. Après avoir reçu
l'élite intellectuelle et artistique de toute l'Europe jusqu'à
la seconde guerre mondiale, ce lieu a lentement décliné
jusqu'à son rachat par la commune de Hyères en 1973,
le sauvant ainsi de la destruction. Aujourd'hui classée à
l'inventaire des Monuments Historiques, la Villa fait l'objet depuis
1989 d'une restauration et d'un aménagement de ses parties
historiques (fin de chantier en 2003).
Un projet de Centre d'art et d'architecture à la Villa Noailles
a vu le jour en 1996. Depuis, le lieu accueille, à l'initiative
des Affaires culturelles de la ville d'Hyères, des actions
de préfiguration du futur Centre (ouverture en janvier 2003).
Ainsi l'institution a-t-elle conçu chaque été
depuis lors des expositions dédiées au design : Christian
Astuguevieille en 1996, Marc Newson en 1997, " Arts de la table
" à partir des collections du FNAC en 1998, " Design,
Design " ou la rencontre de Radi Designers, Ronan & Erwan
Bouroullec et LuxLab en 2000. L'été suivant l'exposition
" Villa Droog " a proposé la première rétrospective
en France du travail du collectif néerlandais Droog Design.
En 2002, " Une petite maison intéressante à habiter
" a montré quatre projets de modules architecturaux
destinés aux artistes résidents et imaginés
par Ronan & Erwan Bouroullec, Delo Lindo, Christophe Pillet
et Radi Designers. Une fois les travaux d'aménagement terminés,
la Villa Noailles accueillera un centre de documentation spécialisé
dans les domaines de la mode, de l'architecture, du design et de
la photographie d'architecture.
Le lieu accueille depuis 1998 des résidences d'artistes.
S'y déroule enfin le Festival international des Arts de la
Mode et le Festival des Musiques électroniques, " Aquaplaning
", qui a vu le jour en 1999. Un projet de Festival international
de design est à l'étude.
" 15 Square de Vergennes "
15, Square de Vergennes
75015 Paris
DÉZIDÉS Production
www.dezides.com
MateriO
info@materio.com
www.materio.com
Lieu ouvert au grand public et aux professionnels, le " 15
Square de Vergennes " héberge DÉZIDÉS
Production, dédiée au design de produit, et MateriO,
matériauthèque lancée par Quentin Hirsinger.
Ouvert le 15 janvier 2003, ce nouvel espace parisien a pour cadre
un ancien atelier d'artiste conçu en 1932 par Robert Mallet-Stevens.
Le bâtiment, de plus de 800 m2, a été entièrement
restauré afin de retrouver son cachet d'origine.
DÉZIDÉS production est une initiative originale. Entièrement
privée, elle est financée par un mécène,
Yvon Poullain, fondateur de Diam, numéro un mondial de la
PLV dans le secteur cosmétique. Cet industriel a déjà
engagé plusieurs actions en faveur de la création
: restauration du bâtiment de Mallet-Stevens, soutien au lancement
de MateriO, création d'une galerie d'exposition des œuvres
du designer et sculpteur Yonnel Lebovici.
Animé par le designer Jean-Pierre Vitrac (cf. p.70), DÉZIDÉS
Production veut introduire plus de créativité dans
les produits grand public. Son objectif est de proposer aux industriels
et distributeurs de nouveaux concepts de produits clés en
main c'est-à-dire des produits innovants et attractifs par
rapport à l'offre actuelle, techniquement réalisables
et accessibles au grand public en termes de prix. A cette fin, DÉZIDÉS
lance des appels à projets auprès de jeunes designers.
Le premier d'entre eux avait pour thème " Active Light
". Ses résultats ont donné lieu à la publication
d'un ouvrage (1) et à une première exposition
fin novembre 2002, Active Light : 30 luminaires à consommer
immédiatement , chaque projet étant accompagnés
d'une fiche technique démontrant sa faisabilité. DÉZIDÉS
a assuré le financement des prototypes.
Plus généralement, DÉZIDÉS souhaite
susciter le débat, les échanges, être un tremplin
pour les idées et redonner ses lettres de noblesse au design
produit.
(1) Active Light : 30 luminaires à consommer immédiatement,
éd. Sortie de Secours, présente les trente
projets de luminaires et leurs auteurs. C'est aussi un ouvrage de
réflexion sur l'évolution du design produit avec les
témoignages et prises de position de plusieurs designers
reconnus.
MateriO, dont Yvon Poulain est le principal investisseur, a été
créé en 2001 par Quentin Hirsinger, ex-responsable
matériaux chez Jean-Michel Wilmotte. Centre d'information
sur les matériaux et les produits innovants, cette structure
propose deux services complémentaires réservés
aux adhérents. Le premier est l'accès à un
showroom présentant une sélection de milliers d'échantillons
de toute nature (pierre, verre, bois, métal, papier, textiles,
plastiques, composites…). Le second est une base de données,
accessible par Internet, reprenant l'intégralité des
références de la matériauthèque.
Les galeries de design
Seules sont mentionnées ci-dessous les galeries présentant
le travail de designers contemporains. Chacune d'entre elles organise
des expositions particulières proposant un travail inédit
d'un ou de plusieurs designers.
Galerie de/di/bY
22, rue Bonaparte
75006 Paris
tél. : +33 (0)1 40 46 00 20 - fax : +33 (0)1 40 46 00
21
Créée en septembre 1998 par Denis Collet et Hyun Jeong
Park, cette galerie expose essentiellement les meubles et objets
de design issus des expériences du " Nouveau Design
Italien ", courant né à l'aube des années
1980. Son fonds permanent intègre donc Ettore Sottsass, Andrea
Branzi, Alessandro Mendini et Gaetano Pesce mais aussi Shiro Kuramata,
Aldo Rossi, Ron Arad, Johanna Grawunder, Pierre Charpin ou encore
les Delo Lindo. Le lieu propose en alternance expositions temporaires
monographiques et présentation du fonds.
Galerie Kreo
22, rue Duchefdelaville
75013 Paris
tél. : +33 (0)1 53 60 18 42 - fax : +33 (0)1 53 60 17
58
kreogal@wanadoo.fr
www.galeriekreo.com
En ouvrant ses portes en juin 1999, Kreo, fondée par Didier
Kzrentowski, est venu s'associer aux six galeries d'art contemporain
de la rue Louise Weiss. Ces lieux sont fédérés
autour d'une association, " Louise ", et ont la particularité
d'avoir un fichier et un vernissage communs. La galerie Kreo présente
des expositions monographiques de designers contemporains en alternance
avec un fonds constitué de mobilier et objets des années
1960 à nos jours. Elle a notamment consacré des expositions
personnelles à Ron Arad, François Bauchet, Pierre
Charpin, Sylvie Fillère & Jean-François Dingjian,
Marc Newson, Martin Szekely.
Gilles Peyroulet & Cie, Espace #2 - Design
75, rue Quincampoix
75003 Paris
tél. : +33 (0)1 42 78 86 72 - fax : +33 (0)1 42 78 85
12
Face à l'Espace #1 consacré à l'art contemporain
depuis 1987, l'Espace #2 - Design, dédié au design
et à l'architecture contemporains, a ouvert ses portes en
décembre1999. Il est dirigé par Dominique Chenivesse
et Gilles Peyroulet. Chaque designer présenté est
invité à concevoir un projet inédit, réalisé
spécialement pour l'Espace #2 qui a également pour
vocation de l'éditer. Le catalogue de la galerie compte les
céramiques de Ronan Bouroullec pour Vallauris, des créations
de Matali Crasset, Éric Jourdan, Nestor Perkal ou encore
Christophe Pillet. L'Espace #2
propose également, une fois par an, une exposition historique
d'un architecte du Mouvement Moderne - la première d'entre
elles était consacrée au Sanatorium de Paimio d'Alvar
Aalto.
Galerie Roger Tator
36, rue d'Anvers
69007 Lyon
tél. : +33 (0)4 72 71 90 06 - fax : +33 (0)4 78 58 81
85
Association loi 1901créée en octobre 1994, la galerie
Roger Tator est un lieu d'exposition de design & de design(s).
Il ne s'agit pas d'une galerie marchande mais d'un espace ouvert
à toutes les préoccupations concernant, approchant
voire décriant le design sous toutes ses formes. C'est également
un lieu d'expérimentation puisqu'il propose à "
l'intervenant-exposant " de se mettre en scène. Avoir
un projet en relation avec l'espace de la galerie, considérer
le lieu comme support de réflexion, s'inscrire dans un univers
en rapport avec l'espace et/ou l'objet, telles sont les conditions
pour exposer chez Roger Tator. La galerie s'implique dans chacune
des expositions en concevant notamment les supports graphiques que
sont le carton d'invitation et le catalogue. Elle est dirigée
par les designers Éric Deboos et Laurent Lucas, diplômés
de l'École des beaux-arts de Lyon et cofondateurs de l'agence
de design l'Atelier Projetator. Entre novembre 1994 et juin 2002,
Roger Tator a accueilli plus de vingt-cinq expositions de designers
d'objets et de mobilier, de graphistes et d'artistes.
Galerie VIA (Valorisation de l'Innovation dans l'Ameublement)
33, avenue Daumesnil
75012 Paris
tél. : +33 (0)1 46 28 11 11
Afin de promouvoir et de valoriser l'image des industries françaises
de l'ameublement et d'informer le public, VIA organise régulièrement
dans sa galerie, à Paris, des expositions thématiques
sur la création contemporaine ainsi que des hommages aux
grands créateurs de l'époque. Les expositions annuelles
régulières concernent : les " Aides à
projets " et les " Cartes blanches " (cf. chapitre
2.2), les produits ayant reçus un " Label VIA "
(cf. chapitre 4.3), les travaux d'étudiants d'une quinzaine
d'écoles avec lesquelles l'association entretient des rapports
privilégiés. Ces travaux font l'objet d'une première
sélection par les établissements puis d'une sélection
finale par la commission VIA.
Sentou Galerie
29, rue François-Miron
75004 Paris
tél. : +33 (0)1 42 78 50 60
18, rue du Pont-Louis-Philippe
75004 Paris
tél. : +33 (0)1 42 77 44 79
24, rue du Pont-Louis-Philippe
75004 Paris
tél. : +33 (0)1 42 71 00 01
26, boulevard Raspail
75007 Paris
tél. : +33 (0)1 45 49 00 05
sentou@sentou.fr
www.sentou.fr
Réseau de quatre boutiques, Sentou galerie organise également,
de manière régulière, des expositions monographiques
ou de groupes qui permettent de faire découvrir au public
des designers tels Arik Levy (1999), Christian Biecher (1999), Claudio
Colucci (2001) et des pièces peu connues en France telles
que, par exemple, celles du collectif néerlandais Droog Design
(1996) ou de l'entreprise de céramique Cor Unum (2000). C'est
pourquoi, en dépit de son statut commercial, elle figure
dans ce chapitre.
A l'origine de Sentou Galerie, il y a un homme, Robert Sentou, fondateur
d'une usine de meubles dans le sud-ouest, Bois du Périgord.
Celui-ci crée successivement à Paris deux enseignes
de mobilier sous le nom de Sentou Boutique en 1977 et Sentou Galerie,
dans le Marais, en 1986. Les professionnels de la décoration
constituent sa clientèle privilégiée à
laquelle il assure une capacité de production et propose
des aménagements sur mesure. En 1991, après quelques
mois de collaboration, Pierre Romanet, jeune diplômé
de l'école Boulle se voit confier par Robert Sentou les rênes
de l'entreprise. D'emblée il signe avec la fondation Noguchi
à New York un contrat d'exclusivité de distribution
des créations d'Isamu Noguchi et organise la première
exposition de Sentou Galerie consacrée à la collection
" Araki ", luminaires en papier, créée par
le designer et artiste japonais. Avec elle, Sentou développe
un département d'objets et arts de la table renforcé
par la collaboration avec Tsé-Tsé associées
deux ans plus tard. En 1994, une deuxième boutique dans le
Marais ouvre ses portes pour accueillir les collections de linges
et d'objets. L'année suivante, un nouvel espace de mobilier
et d'objets est créé boulevard Raspail. C'est là
qu'est programmée chaque année une exposition dédiée
spécifiquement à un designer contemporain. En 1997,
Pierre Romanet crée son label Sentou Edition afin d'éditer
et de diffuser des projets qui l'intéressent. En septembre
2001, un quatrième espace est inauguré rue François
Miron. Aménagé par Christian Biecher, il est consacré
aux meubles pour l'habitat et la collectivité.
Celui-ci a accueilli en janvier 2002, " Dining Room ",
un projet de salle à manger mobile du designer Frédéric
Ruyant ayant bénéficié d'une aide à
la première exposition (Fiacre). Entre fin 1990 et début
2002, Sentou a organisé une vingtaine d'expositions.
Mouvements Modernes
68, rue Jean-Jacques Rousseau
75001 Paris
tél. : +33 (0)1 45 08 08 82
mouvementsmodernes@wanadoo.fr
Créée en mai 2001, la galerie Mouvements Modernes
a pour objectif de présenter au public " les sources
vivantes du design contemporain ". Ainsi, elle se propose de
montrer des modèles historiques qui, dans leur temps, furent
de véritables innovations; le développement des recherches
de designers confirmés et les expériences originales
de jeunes designers. Au côté de meubles de Jean Prouvé
et Pierre Paulin, de luminaires de Gino Sarfatti, de pièces
de l'Atelier A, le lieu expose également des objets contemporains.
Parmi eux, la galerie a montré une sélection des dernières
productions d'Ettore Sottsass, la nouvelle collection de verreries
d'Olivier Gagnère (juillet 2002). A ceux-ci s'ajoutent des
pièces de jeunes designers telles la " DTLight "
de l'anglais Phil Luithlen et l'" Illuminated chair "
de Kazuhiro Yamanaka (juin 2002), toutes deux éditées
par la jeune maison AntePostNow. Fondateur et animateur de la galerie
Néotu (1984/2001), Pierre Staudenmeyer est actuellement en
charge de la politique d'achats et de la programmation de Mouvements
Modernes. Les sélections qu'il propose veulent mettre en
avant
" le talent évident d'un designer, la fonctionnalité
achevée d'un produit, la légitime filiation à
l'histoire et l'accessibilité économique ".
Les projets
Témoins d'un intérêt soutenu pour le design,
divers projets, à caractère essentiellement économique,
voient le jour en région et à Paris.
Le projet le plus avancé est celui du Centre international
de design (CID) à Saint-Étienne, imaginé par
Jacques Bonnaval et par Michel Thiollière, respectivement
directeur de l'école des beaux-arts et maire de la ville.
Le CID, appelé à s'installer sur le site de GIAT Industries,
autrefois Manufacture d'armes de Saint-Étienne,
a fait l'objet d'un premier rapport d'études remis au ministère
de la Culture - qui l'a financé en partie. Il a pour vocation
d'être un lieu de formation et de recherche ainsi qu'un banc
test pour entreprises. Son ouverture est prévue en 2005.
A Paris, de nombreux projets sont en cours. Lyne Cohen-Solal, adjointe
au maire de Paris, chargée du commerce, de l'artisanat, des
professions indépendantes et des métiers d'art, a
évoqué une " Pépinière d'entreprises
de design " et une " Rue du design " pour accueillir
boutiques et agences réservées aux jeunes designers.
De son côté, le ministère en charge de l'Industrie
s'intéresse, sous le mandat de Christian Pierret - ancien
secrétaire d'État à l'Industrie -, à
un projet de " Cité de la mode " pour lequel il
missionne officiellement Pascal Morand, directeur de l'Institut
français de la mode (IFM, organisme d'études, de conseil
et de formation) en mars 2001. A la suite du rapprochement, fin
2001, de l'IFM et de l'association pour la Valorisation de l'innovation
dans l'ameublement (VIA) à la recherche d'un lieu pour exposer
sa collection, un projet de " Cité de la mode et de
la création " également appelé "
Cité de la mode et du design " voit le jour. Pascal
Morand, en collaboration avec le directeur du VIA, Gérard
Laizé, est à nouveau missionné en avril 2002
pour en rédiger le contenu et faire une étude de faisabilité.
A l'heure actuelle, ce projet présente trois volets : la
formation, le service aux entreprises et la valorisation de la création
via des salles d'exposition et une galerie d'actualité. Fin
2002, la " Cité de la mode et du design " n'en
est qu'à ses prémisses. Aucun lieu pour l'accueillir
n'a encore été déterminé. Par ailleurs,
ce projet inquiète le milieu professionnel des designers
qui craignent que ne soit représentée qu'une petite
partie du métier, à savoir la mode et le mobilier.
Côté culture, le journaliste Jean-Louis Gaillemin et
le galeriste Yves Gastou ont créé l'association "
XX/XXI, pour un musée du Design et des arts décoratifs
des XXe et XXIe siècles à Paris ". Ils sont partis
du constat que les collections du Centre Pompidou, du musée
des Arts décoratifs de Paris, du musée d'Art moderne
de la Ville de Paris, du FNAC et du VIA sont parfois insuffisamment
montrées. Cette association a émis l'hypothèse
d'un musée en lieu et place du musée des Arts d'Afrique
et d'Océanie (MAAO) dont les collections vont rejoindre le
musée du quai Branly. A l'heure actuelle, la Direction des
musées nationaux ne s'est pas exprimée à ce
sujet.

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