Archéologie

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Honoré de Balzac / juillet-octobre 1843 Brèves retrouvailles
 

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Les retrouvailles, après huit années, furent bouleversantes, et redonnèrent à Balzac, en quelques jours, une allégresse d’adolescent. Bonheur réciproque. «Comment ne pas diretout ce qu’il y a dans cet être de grandeur et de bonté, d’élévation et de douceur, d’intelligence flamboyante et de jeunesse de cœur fraîche, gracieuse, printanière, ce cœur sans égal n’a pas ralenti ses battements depuis sa première émotion. Il sent aujourd’hui comme il sentait à seize ans», nota Mme Hanska dans son journal.
Balzac, déjà fort célèbre en Russie, ne reçut pas cependant à Saint-Pétersbourg le même accueil triomphal qu’à Milan, car la Russie était sous le coup de la publication du livre de Custine La Russie en 1839, qui dénonçait en Nicolas Ier l’héritier d’Ivan le Terrible et décrivait un peuple asservi, muré dans le silence et la peur, en proie à la cupidité et à la dépravation. Cette méfiance le dispensa de mondanités importunes.
Rassuré sur son compte après quelques semaines, les autorités l’invitèrent tout de mêmeà assister à une revue annuelle des troupes en présence du tsar (qu’il approcha «à la distance de cinq mètres» - autant dire «comme un chien voit un évêque», rapporta-t-il avec son humour habituel en parodiant Rabelais). Il attrapa malheureusement au cours de la cérémonie une sévère insolation, qu’il paya de terribles maux de tête tout au long du voyage de retour, via l’ennuyeuse Berlin, Dresde, puis les bords du Rhin et la Belgique. Au début novembre, le docteur Nacquart diagnostiquait une méningite chronique, dont l’écrivain allait souffrir cruellement pendant plusieurs mois.