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Cent ans de cinéma français / Ecriture de lumière
 

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L'image primitive

Expériences colorées

Une écriture de lumière

Des lèvres noires... aux yeux gris

"Réalisme poétique"

La lumière des peintres : copiée ou réinventée

Une lumière "vraie" ou une lumière "juste"

 

La lumière, comme la musique et le montage, est traitée par les opérateurs soit pour coller à la narration, créer l'atmosphère, le climat psychologique, soit pour s'en détacher, y rester indifférent. Selon la distinction de Caroline Champetier, il y aurait un « film narratif » et un « film lumière » inextricablement mêlés, le second le plus souvent au service du premier, mais pouvant « faire accident » ou empruntant délibérément des voies parallèles, les rencontres étant laissées au hasard.

La lumière impressionne, parle à notre oeil. Ce que l'on garde d'une image lorsque, engloutie dans le défilement de la pellicule, elle a disparu, c'est parfois l'éblouissement d'un linge blanc, celui du corsage des ouvrières de la Sortie des usines Lumière, de madame Lumière dans le Déjeuner de bébé (1895), l'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat, des chemises des hommes, des nappes et des draps, la sensation d'une tache colorée, ou au contraire, la perte des formes et des couleurs dans la densité de l'ombre (La Nuit du carrefour, Jean Renoir), le brouillard, les brumes vaporeuses, dans une impression de transparence (d'un lieu où l'on voit très loin, d'un corps même) ou d'opacité. Le cinéma français a, selon les époques, le genre des films, les tendances esthétiques, les changements de matériel, pensé la lumière différemment : un éclairage uniforme ou plutôt en contraste, en clair-obscur, la lumière et l'ombre enveloppant les formes, une lumière pensée, inspirée de modèles picturaux, théâtraux, cinématographiques aussi ou non maîtrisée.