la différence des scolastiques qui partent du monde pour s'élever à Dieu (d'où le nom de preuve cosmologique attaché à cette démarche), Descartes considère seulement les idées qui se trouvent en son esprit et qui sont, dit-il, comme « des tableaux ou des images des choses ». Toute idée représente quelque chose ; telle est sa fonction. L'idée étant comme une copie, la cause de l'idée est l'original dont elle est la copie. Les idées imaginaires (chimères, fictions, fantasmes), ne représentant rien de réel, se reconnaissent justement au fait qu'on peut les composer et les décomposer librement. Ce n'est nullement le cas de l'idée de Dieu pour Descartes : on ne peut pas ôter à Dieu un seul des attributs qui en définissent la nature (la toute-puissance, l'éternité, l'infinité, l'omniscience, la bonté, etc.), ils constituent un ensemble insécable.
Descartes ajoute, au terme d'une analyse complexe et passionnante, que cette idée qui n'est pas comme les autres idées, que cette idée unique d'un Dieu unique, est en l'homme comme la signature de l'ouvrier sur son ouvrage. Il faut comprendre que l'ouvrage est par lui-même la marque de son créateur. Comme l'a écrit très justement Etienne Gilson, « nous sommes les preuves vivantes de Dieu ».
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