ette expression célèbre utilisée par Descartes dans la sixième partie du
Discours de la Méthode
lui a été souvent reprochée, surtout dans notre temps où l'on s'inquiète, à juste titre, des conséquences pour l'homme et la nature de la technique. Il est fréquent d'entendre que le cartésianisme est le point de départ de l'appropriation et de la défiguration de la nature.
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Descartes a été déçu de la très faible portée pratique des savoirs qu'on lui a enseignés. Il cherchait une science qui puisse guider les hommes dans les divers chemins où ils s'engagent. Il espère, dans le Discours, que la philosophie que sa méthode développe sera, à l'inverse de celle de l'Ecole, plus pratique que spéculative. Que faut-il entendre par là ? Certes pas qu'il faille renoncer à rechercher la vérité et accepter d'agir sans connaissance de cause, à l'aveugle en quelque sorte. Par « pratique » il faut entendre : qui puisse être utile au genre humain. Pour cela, il faut pouvoir agir sur les choses, les transformer, au lieu de les considérer comme immuables et intouchables. Les choses naturelles peuvent changer de figures sans cesser d'être naturelles, leurs propriétés peuvent être diversement utilisées sans inverser pour cela leur finalité, car les hommes ne savent pas pour quelles fins Dieu les a créés.
Descartes ne prône pas la conquête de la nature par l'homme mais son utilisation intelligente grâce à la connaissance que la physique apporte. Il dit, on l'oublie si facilement, qu' avec une telle connaissance des corps naturels nous pourrions nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. Que l'homme puisse véritablement être et se considérer le maître de la nature serait, à ses yeux et par rapport aux principes de sa philosophie, une absurdité doublée d'une puérilité. La maîtrise technique d'un objet n'induit pas une conduite de domination, mais de responsabilité.