De la souveraineté La pensée de des Forêts est souvent proche de celle de Bataille. Le rire, on l'a vu, est chez les deux écrivains biface. Solaire, il est l'expression de ce que Bataille comme des Forêts nomment la « souveraineté », et qui s'oppose radicalement au pouvoir.
Bernard Pingaud a bien montré ce paradoxe de la souveraineté : elle nimbe celui qu'elle « visite », tel l'ange ; elle est une grâce imprévisible, passagère. Sani, dans Les Mendiants, la possède mais bascule dans la folie. Vouloir la retenir, calculer les moyens de la faire revenir sont impossibles, car ce serait contraire à l'essence de la souveraineté. Elle demande la passivité absolue, l'attente, la disponibilité. Elle habite celui qu'elle a élu le temps qu'elle veut. Le héros des « Grands moments d'un chanteur », Molieri le sait mieux que tout autre : le don du chant s'est emparé de lui. Le voici tel soir capable de chanter le rôle de Don Juan comme personne avant lui. Mais peut-il promettre de rééditer son exploit ? Le narrateur, en effet, note à propos des « scrupules » de l'artiste :
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