"Vivre et chanter" Si l'uvre de des Forêts apparaît aujourd'hui comme « une écriture de notre temps » (c'est le titre de l'étude d'Yves Bonnefoy) exemplaire, c'est parce qu'elle est consciente de toutes les insuffisances du langage, de tous les pièges de la littérature. Comme Mallarmé, Kafka, Blanchot ou Michaux, des Forêts écrit dans le soupçon de la vanité de l'écriture. Lucide mais résolu, l'écrivain ne cesse de traquer l'impuissance des mots, le « défaut des langues ». L'auteur aurait voulu être musicien, composer avec les notes, les rythmes, un hymne qui excède le sens attaché aux mots, qui épouse la liesse naturelle. La musique figure cette nostalgie d'un langage libéré. S'il reste un élément verbal, que cela soit sous la forme du chant, où la voix se transcende : Molieri est chanteur d'opéra ; l'enfant dans Le Bavard ou « Une mémoire démentielle » chante des cantiques. Les deux recueils poétiques de Louis-René des Forêts témoignent de cette recherche d'un rythme nouveau. La musique constitue leur horizon, un modèle auquel tendre.
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