Décors
Louis-René des Forêts L'amateur d'opéra © Musée national d'Art moderne « Les grands moments d'un chanteur » a pour cadre l'opéra. Hélène, dans Les Mendiants, joue Desdémone dans Othello. L'imagination dramatique de des Forêts aime les lieux où le réel se donne en spectacle. L'auteur s'en explique dans Voies et détours de la fiction : Mon premier mouvement est en effet de ne retenir que les éléments d'allure tant soit peu théâtrale qui se recommandent par leur capacité de situer une action, de produire un milieu. (...) Dans l'opéra - que je tiens pour le théâtre magique par excellence - ce qui me fascine surtout (...) c'est qu'on y voit exposés et transposés sur le plan du sublime, les conflits qui dorment en nous, que les passions, alimentées et surchauffées par le chant, s'y trouvent portées à leur plus haut degré d'incandescence. Ce goût des décors flamboyants, cette capacité à les évoquer par des signes frappants, ne se dément jamais. C'est la falaise écrasée de chaleur, le dancing enfumé ou le parc enneigé du Bavard. Naturel ou artificiel, le cadre promet la révélation d'une expérience bouleversante, pour que l'alchimie spirituelle d'une transgression des limites individuelles ait lieu. Le décor a toujours un rôle symbolique : magnifié, rendu mythique, il s'impose comme acteur du drame. Car il s'agit toujours d'une crise existentielle ; elle ne se dissocie pas d'un paysage tourmenté, d'un tumulte du monde. La grève marine figure exemplairement ce lieu de passage dans Les Mégères. Frontière entre deux mondes, elle ne s'habite pas ; elle est le « théâtre » d'une passion sans fin ni résolution. | ||||
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