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Louis-René des Forêts / Puissance et impuissance du langage
 

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Peintures

Louis-Renédes Forêts L'Homme à la méduse. D.R.

La prédilection de des Forêts pour les décors affichés, pour les paysages fantastiques (mer tempétueuse, cieux tourmentés, châteaux médiévaux, intérieurs de théâtre) se marque, avec encore plus de netteté, dans ses peintures. Entre 1968 et 1975, l'auteur cesse provisoirement d'écrire et se consacre à l'encre de chine, à la peinture. Sans doute trouve-t-il dans l'activité plastique un plaisir plus immédiat, le geste se substituant à l'abstraction de l'écrit.

Louis-René des Forêts Exorcisme. D.R.

Loin du souci de suivre quelque mode, l'apprenti-peintre choisit le figuratif. Ses toiles sont la projection de fantasmes que le dessin rend visibles. La toile se sature de petits personnages, elle déforme volontairement la perspective. Ces images oniriques semblent sorties d'un rêve dont elles matérialisent l'apparition douteuse. Le matériau fantasmatique de l'œuvre s'y donne plus ouvertement : vertige de la chute dans un puits sans fond, où l'on lira l'attirance pour le vide, figurant un désir sexuel, frappé d'interdit. Sacrifice rituel pour le tableau intitulé Exorcisme où la figure paternelle se fait cauchemardesque. Monstrations répétées de « scènes » - au sens psychana-lytique du mot - familiales. Dans L'Homme à la méduse, d'un côté du tableau mis en abyme, un adulte chauve inquiétant faisant la leçon au couple d'adolescents, qui représente peut-être le frère et la sœur.

Le dessin se théâtralise, comme pour mettre l'affect à distance. Tableau dans le tableau, fenêtres décadrées signalent que la scène intérieure reste un théâtre tronqué.