Le récit de voyage est un vaste territoire d’apprentissages, jamais celui de conquêtes, sinon des conquêtes que l’écrivain fait sur lui-même, pour libérer son imaginaire. Il reste une foi dans les utopies, dans «le besoin de mirages» cher à Gilles Lapouge, il reste marqué par l’obsession de trouver un ailleurs qui ne s’épuiserait pas en un nouvel ici: voilà la trame de la littérature vagabonde. Ces écrivains – ces «clochards célestes», pourrait-on dire, pour reprendre les mots de Jack Kerouac – défendent encore l’idée que la littérature est utile, qu’elle est une passerelle entre les hommes. Ces naïfs croient qu’un livre peut rendre l’homme meilleur. Et pourquoi pas, finalement?
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