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Le monde du football / France 98
 

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La France obtient l'organisation de la Coupe du monde 1998

À Zurich, le 2 juillet 1992, par 12 voix contre 7 au Maroc, la France obtient du comité exécutif de la Fédération internationale de football association, la FIFA, le droit d'organiser la Coupe du Monde en 1998. La 16e édition de l'épreuve, la dernière du XXe siècle. Ce sera donc la deuxième fois, après 1938, que pareil privilège est accordé au pays de Jules Rimet, son inventeur.

 

 

Seize organisations exclusivement partagées entre l'Europe et l'Amérique, qui auront vu depuis 1930, date de la première célébration, des changements considérables. En Uruguay devant 547 000 spectateurs, durant 18 jours, 13 nations avaient disputé 18 matches, pour savoir qui enlèverait le fameux trophée créé par Abel Lafleur, orfèvre français. En cette veille de XXIe siècle, 32 nations convoiteront en France la Coupe nouvelle version. Nouvelle version, car la première est devenue la propriété du Brésil, après son troisième succès en 1970 au Mexique. Le modèle moderne, dû au ciseau de l'Italien Silvio Gazzanigga, sera briguée en 1998, par la France et le Brésil, qualifiés d'office, le premier en tant qu'organisateur, le second comme champion sortant, et par 30 nations sélectionnées parmi 150 - un record - après éliminatoires.


Seconde Coupe du Monde (1974 - ...)
par Silvio Gazzanigga.

Des 16 pays en phase finale de 1962 à 1978, puis des 24 de 1982 à 1994, on est passé à 32. Un record, qui nécessitera 64 matches en 33 jours. Du bonheur pour plus de 2 millions de spectateurs qui garniront les deux stades franciliens (Paris-Parc des Princes ; Stade de France de Saint-Denis), et les huit stades provinciaux (Bordeaux, Lens, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Saint-Étienne, Toulouse).

Consolation : si le record de 3 567 415 spectateurs établi aux États-Unis en 1994 avec plusieurs stades « géants », ne sera pas battu, celui des téléspectateurs devrait être pulvérisé, les 32 finalistes représentant déjà à eux seuls un potentiel d'un milliard trois cents millions d'habitants. Qui plus est, dans la mesure où l'Océanie aura un ambassadeur, l'Asie trois, l'Amérique huit, l'Afrique cinq et l'Europe quinze, tous les petits écrans des cinq continents devraient fonctionner durant plus d'un mois. Dirigée par Michel Platini et Fernand Sastre, cette édition du plus grand événement sportif planétaire avec les Jeux Olympiques - qui sera d'ailleurs disputé pour la première fois par le Japon, l'Afrique du Sud, la Jamaïque et la Croatie - a impliqué la création d'un stade pouvant accueillir 80 000 spectateurs, assis et couverts, car la France en était dépourvue. D'abord envisagé à Melun-Sénart, à 35 km de Paris, il a finalement été construit à Saint-Denis, aux portes même de la capitale.

Signé par les architectes Macary, Zublena, Regembal et Constantini, le Stade de France a mobilisé 1 600 ouvriers pendant 30 mois, et coûté 2,672 milliards de francs, son toit culmine à 46 mètres, et, au besoin, on l'évacue en huit minutes. Le coup d'envoi y sera donné le mercredi 10 juin, dans l'après-midi, et la finale jouée le dimanche 12 juillet à 21 heures. Tous les regards de la planète convergeront alors vers ce coin de France, où il y a cent ans, une poignée de spectateurs assistaient à la victoire du Standard Athlétic Club en Championnat de France. « Le football, intelligence en mouvement » selon André Maurois, se mettait en route. Il devait si bien conquérir le monde, qu'en 2002, Corée du Nord et Japon, un symbole, organiseront conjointement la 17e Coupe du Monde.