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Le monde du football / Des murs de papier
 

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Affiches des Coupes du Monde.
Collection Laget

Dès la Belle Époque, des affiches lithographiées de Mich servent à annoncer les matchs, mais il faudra les années folles pour que le football-association, ayant trouvé une audience dont le privait d'abord le football-rugby, incite journaux, fabriquants d'alcool, d'équipements, de produits de soin (Le Petit Parisien, Le Matin, Bartissol, Saint-Raphaël, pétrole Hahn etc.) à « repiquer » à leur tour quelques placards. Ils servent d'ailleurs aussi bien à annoncer un match classique que la Coupe de France ou un tournoi international. À l'étranger, comme en Espagne et Grande-Bretagne, où le professionnalisme existe bien plus tôt qu'en France, les grands clubs suscitent aussi leurs propres images. Mais ce n'est qu'à l'apparition de la Coupe du Monde en 1930 que, s'inspirant de la tradition olympique, le pays organisateur crée une affiche officielle qui sera diffusée dans le monde entier. L'espéranto du football se double alors de celui de l'affiche pour donner des merveilles, ou des curiosités. En tout cas des témoignages irremplaçables. En 1998, la France décide de la création de son affiche par un concours, comme en 1938 qui avait vu le massif footballeur planétaire de Desmé prendre le pas sur les joyeux gardiens de but de Joë Bridge ou Edgar Derouet ; nos aïeux avaient été enchanté par le goal de Guillermo Laborde allant en 1930 chercher une balle infernale dans la lucarne, et déçu par le joueur italien de 1934 levant incongrûment le bras, dans une discipline où le pied est roi. Le gardien helvète de 1954 était cependant à la hauteur, tout comme le buteur allemand de 1974.

Décevantes, les réalisations de 1950, 58, 62, 66, 70 ou 78 - avec des ballons ceinturés de drapeaux, pieds de toutes les couleurs, ballons stylisés et mascottes à qui mieux-mieux - furent évacuées des murs des musées et rétrospectives quand survint, organisée par l'Espagne, la Coupe du Monde 1982. Derrière l'affiche-reine signée par Miró, et représentant un fabuleux joueur-géniteur, surgissait en effet toute une série d'affiches officielles - une pour chacun des 14 sites - ou officieuses, toutes plus belles et plus fortes les unes que les autres. Le football prenait enfin ce grand tournant artistique réussi à Munich dès 1972 par les Jeux Olympiques. Et Folon avec son dieu football, Arroyo avec son gardien de but, et Castiglioni avec son toro-ballon, nous comblaient.

Pourtant pays du football, l'Italie devait recevoir le Mondial 1990 avec beaucoup moins d'éclat, l'affiche d'Alberto Burri faisant défiler des drapeaux à l'intérieur d'un Colisée photographié en noir et blanc... Contrastant complètement avec cette gravité, l'Œuvre que signait Peter Max pour la « World Cup 94 », représentait fort heureusement un footballeur spatial jouant avec étoiles et planètes...

Reste que l'affiche est toujours une composante majeure de l'univers du football...