Discipline d'essence populaire, jouissant d'une longue histoire, et d'une implantation mondiale, le football, où le vedettariat tient un rôle essentiel, est le prétexte idéal à toutes les collections. Les joueurs collectionnent buts et sélections, les dirigeants cherchent à augmenter le nombre de leurs spectateurs, reste tout le reste aux supporters. Car il faut être vraiment mordu pour vouloir tout rassembler sur un joueur, sur un poste, un club, une épreuve, ou des stades. Un univers tellement riche, qu'il va du billet d'entrée au match, au programme, en passant par les cartes postales, les chansons, les disques, les autographes, les timbres, les boîtes d'allumettes, les médailles, les pin's, les télécartes... Des petites pièces donc, mais la manie peut aller jusqu'à la traque d'équipements anciens (ballons, maillots, chaussures), ou ayant appartenu à des champions, le fétichisme n'est alors pas loin. Les trophées, les films, les plumiers et encriers, les photographies, les livres, revues et journaux, ont aussi leurs spécialistes et leurs cotes.

Les sources d'approvisionnement sont multiples : les matches eux-mêmes, le harcèlement des champions, voire de leurs clubs, car ça existe. Les relations, les puces et brocantes, les petites annonces, ainsi que les ventes aux enchères complètent le dispositif des plus avertis. La fièvre est parfois tellement forte que l'on se groupe par thème pour procéder à des échanges. Le bulletin de liaison permet alors des échanges entre correspondants éloignés, qui ont maintenant le loisir de surfer sur Internet.
Cape d'Adrien Filez, 1905. Casquette signifiant une sélection, d'où l'expression « avoir une cape » être sélectionné. La plus belle des capes est celle de la sélection en équipe de France. Photo © Laget. Collection P. Masquelier.
Souvent « tristounettes », vouées au circuit fermé, ces collections peuvent heureusement déboucher sur des travaux historiques (histoire de club), ou des expositions. Une des attractions du Mondial français de 98 sera d'ailleurs une grande bourse rassemblant à Paris des centaines de collectionneurs du monde entier. Saint-Étienne aurait aussi l'intention de saisir l'occasion pour montrer que le chaudron de Geoffroy-Guichard n'est pas complètement éteint.
Si ce bonheur a forcément un prix, il peut être très symbolique et avec quelques piécettes, les plus astucieux, et les plus patients, pourront toujours se faire plaisir au Carré Marigny, rue Drouot, ou chez des spécialistes, qui ne sont pas forcément les plus chers, et chez qui on peut encore faire une trouvaille. En attendant d'aller peut-être plus avant, ils pourront s'informer en visitant les musées du football.
Footballmania, le moyen idéal de prolonger à travers une chanson de Dalida, un buvard, une image Globo ou un moule à chocolat, la magie de ce sacré ballon rond...