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Guy de Maupassant / Maupassant chroniqueur, nouvelliste, romancier, voyageur
 

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hroniqueur : au quotidien Le Gaulois, de 1880 à 1888. Au quotidien Gil Blas, dès 1881 ; plus épisodiquement au Figaro. Tous ses récits paraissent dans les journaux avant d'être réunis en volume. Souvent, ils sont inspirés par l'actualité. L'importance de la littérature dans les journaux d'alors est très grande : certains publient chaque jour plusieurs chroniques ou contes, et un ou deux feuilletons romanesques d'auteurs vivants. C'est aussi dans les journaux que Maupassant a publié plusieurs comptes rendus des Salons de peinture. Il s'est rendu en Algérie, en juillet-août 1881, comme envoyé spécial du Gaulois, au moment des soulèvements indigènes dans le Sud Oranais. Une énorme production de récits. Les recueils sont : La maison Tellier, 1881 ; Mademoiselle Fifi, 1882 ; Contes de la bécasse, Clair de lune, 1883 ; Miss Harriett, Les soeurs Rondoli, Yvette, 1884 ; Contes du jour et de la nuit, 1885 ; La petite Roque, Monsieur Parent, Toine, 1886 ; Le Horla, 1887 ; Le rosier de Madame Husson, 1888 ; La main gauche, 1889 ; L' inutile beauté, 1890. Une énorme production romanesque : Une vie, 1883 ; Bel-Ami, 1885 ; Mont-Oriol, 1887 ; Pierre et Jean, 1888 ; Fort comme la mort, 1889 ; Notre coeur, 1890.

Canotage. (Maupassant loue à Sartrouville une chambre chez Levanneur, en 1881-1884 ; il loue une villa à Triel en 1889.) En 1883, il se fait construire la villa « La Guillette » à Etretat.

Voyages : à Cannes, près de sa mère malade, en 1884 ; il séjourne ensuite l'hiver à Cannes régulièrement jusqu'en 1890. A Antibes, où son frère essaie une exploitation agricole, en 1885, 86, 87. Maupassant possède un yacht, Le Bel-Ami, à partir de 1885. Il fait des croisières : par exemple en avril 1888 en Méditerranée. Autres voyages : en Afrique du Nord, en 1887, 88, 89, 90 ; en Corse avec sa mère, en 1880 ; en Italie (Venise, Rome, Naples, la Sicile) en 1885, et en 1889 (Livourne, Pise, Florence). Recueils sur ses voyages : Au Soleil, 1884 ; Sur l'eau, 1888 ; La vie errante, 1890.

Domiciles parisiens : 1880-1884, 83, rue Dulong ; 1884-1889, 10, rue de Montchanin (aujourd'hui rue Jacques-Bingen), au rez-de-chaussée d'un hôtel possédé par son cousin : il s'y fait installer un cabinet de travail éclairé à l'électricité et très orné ; 1889-1890, 14, avenue Victor-Hugo ; 1890, 24, rue de Boccador, plus une garçonnière avenue Mac-Mahon.

Maupassant devient riche. Ainsi, ses chroniques lui sont payées 200 à 300 F chacune ; en 1889, on estime qu'il gagne 120 000 francs par an (comparer avec son salaire de 1878 !) A partir de 1885 (Bel-Ami), les contes mettent en scène des gens du monde. C'est que Maupassant a peu à peu pénétré dans ce monde, dont il déteste d'ailleurs l'artificialité et la bêtise, et fréquente des femmes qui ont des salons réputés : Hermine Lecomte du Noüy en 1883 (une « amitié amoureuse », au moins), la comtesse Potocka vers 1884 (belle, excentrique, autoritaire et indépendante : il fait partie de son étrange cercle des « Macchabées », les hommes qui sont « morts » d'amour pour elle, et portent un insigne ; des lettres de 1889 le montrent épris, soumis, fasciné) ; Marie Kann, sa maîtresse ; sa soeur Mme Cahen d'Anvers. Maupassant fréquente chez Mme Emile Straus, veuve de Georges Bizet, à partir de 1885 : un milieu que Proust a bien connu, Mme Straus étant un modèle de Mme de Guermantes.

D'autres femmes, certaines humbles, comme Joséphine Litzelmann, donneuse d'eau à Chatelguyon, dont Maupassant a des enfants non reconnus (Lucien 1883, Lucienne 1884, Marthe 1887) ; une danseuse de l'Opéra en 1888-1890 ; Gisèle d'Estoc, lesbienne d'autre part, femme qui écrit et sculpte. D'autres ; mais on prête facilement à cet écrivain riche en aventures féminines (une mystérieuse « dame en gris », du monde, dont parle son valet François Tassart).

Le frère de Maupassant, Hervé, instable, causant de grands soucis à sa famille, successivement sous-officier, employé, agriculteur, devient fou peu à peu en 1887-88, est interné à Lyon en 1889, meurt à l'asile le 13 novembre de cette année. C'est Maupassant, déchiré, qui s'est occupé des soins et de l'internement. Lui-même est malade des signes tertiaires de la syphilis, et d'hérédité nerveuse : migraines, vertiges, troubles de la vue, alopécie, neurasthénie alternant avec des périodes d'exaltation, hallucinations. Présents depuis 1877, ces signes s'aggravent, causant à Maupassant des souffrances considérables à partir de 1888. Soigné au mercure, au bromure, aux excitants, il se drogue en outre à l'opium et à l'éther. Il prend des eaux à Chatelguyon, Aix, Plombières, Luchon, Divonne, à partir de 1883. Peu de contes à partir de 1889. Débuts de romans, restés inachevés, en 1890 et 1891 : L'âme étrangère, L'angélus. Dépression en 1891, tentative de suicide en janvier 1892. Internement à la maison de santé du Dr Blanche (le fils du Dr Esprit Blanche, qui soigna Gérard de Nerval). Maupassant meurt le 6 juillet 1893, après une lente dégradation. Il est enterré au cimetière Montparnasse.