Elles s'abattent à heures fixes, sur les terrains de tennis et sur les environs comme les moineaux familiers du jardin des Tuileries. Elles ont avec elles mesdames leurs mères. Elles sont jacassantes, encombrantes et gracieuses. Elles parlent d'art, de théâtre et de chiffres. Elles parlent même de lawn-tennis. Elles y jouent un peu, pas beaucoup, et aussi peu passionnément que possible. Elles y joueraient même pas du tout, si le monde n'était pas si méchant... Mais il l'est. Alors, elles se donnent la peine d'éxécuter un peu de leur programme avoué, qui est de soigner leur santé par l'exercice.
Elles ont des robes blanches avec des dessous d'une simplicité compliquée. Et l'objet du jeu n'est point tant pour elles de faire passer les balles au-dessus du filet, que d'essayer des attitudes charmantes, en faisant mine de courir après.
Ce n'est pas pour leur plaisir qu'elles viennent jeter leur désarroi sur les terrains de sport. Elles ne sont pas si méchantes. Elles s'en veulent même d'entravers l'éclosion des champions. Ce sont mesdames leurs mères qui l'ont désiré... Cette chère enfant est un peu pâlotte ; le grand air lui fera du bien. Et puis les placements sont devenus si difficiles, ma bonne amie; et les petites annonces sont si décriées!... Sous les ombrelles émues, parmi les papotages et les compliments, - Avez-vous vu ce corsage? Dieu! quelle horreur! - attentives aux gestes des chères petites, les dames mures des grands fauteuils élaborent l'échange des petites dots et des grosses espérances.
Fernand Bidault
Vers 1895 - Le club de tennis de l'île de Puteaux
Entre deux parties de canotage, on joue ici au tennis. C'est le lieu select. En dehors des épreuves officielles, on y dispute surtout des prix dans lesquels les joueurs ne partent pas à égalité. Les rivalités sont surtout d'ordre vestimentaire.Les femmes portent de grands chapeaux qu'elles retiennent d'une main, leurs jupes qui balaient le court se relèvent parfois et laissent apparaître une haute bottine de cuir blanc. Mme Girod, qui fut championne de France en 1901, met des gants de peau pour ne pas se hâler les mains. Les hommes ont des cols empesés et jugent malséant de jouer nu-tête. Quelques-uns portent la barbe. L'usage des vestaires est inconnu. Des coupés ramènent chez elles des dames congestionnées impatientes de délacer leurs corsets. Les courts remplis de trous sont d'une blancheur aveuglante. Les balles rouges sont jugées moins salissantes. Le savoir-vivre interdit l'emploi des balles amorties ou "carottes", et les lobs ne sont encore que des "chandelles"... C'est Decugis qui inventera le jeu rapide en France.
Antoine Gentien
1910 - À la belle époque
Depuis Margot de Hainaut, la grande joueuse de paume, le tennis aura mis du temps à se frayer un chemin parmi les joueuses. Après être passé par les clubs et cercles, il toucha certaines institutions...

1951-52 - Pellos raconte la Coupe Davis
Dans L'Équipe-junior
, l'hebdomadaire destiné aux jeunes, Pellos raconte la conquète de la Coupe Davis, comme il a ou va raconter Marcel Cerdan, et Émile Allais... L'épopée de Philadelphie: Lacoste commence par battre Johnston, et Cochet, consolé par Borotra, par s'incliner devant Tilden, vainqueur, mais en quatre sets très éprouvants...
1958 - Assiette de Déro
Dans la série "Les grands moments du sport français" éditée par
L'Équipe, l'exploit des Mousquetaires en Coupe Davis figure aux côtés des prouesses de l'escrimeur Gaudin, de l'aviateur Blériot, ou de l'haltérophile Rigoulot...

1928-33 - Plan et tarifs de Roland-Garros
Théâtre des Internationaux de France et des défenses de la Coupe Davis après la conquête de 1927, le Stade de la porte d'Auteuil, portant le nom du célèbre aviateur du Stade Français ayant réussi en 1913 la première traversée de la Méditerranée, est aussi couru que le Prix de l'Arc de Triomphe, ou l'Opéra...