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Action préparatoire Culture dans les relations extérieures de l’Union européenne

L'action préparatoire « Culture dans les relations extérieures de l'UE » est une initiative financée par l'Union européenne. Elle a été mise en œuvre par la Commission européenne (Direction générale de l'éducation et de la culture) avec l'appui d'un consortium de huit instituts culturels nationaux - dont l’Institut français - et organisations culturelles.
 
Il s’agit d’une étude sur la place réservée à la culture dans les relations diplomatiques des pays membres de l’Union européenne, et des pays hors Union européenne. Cette étude vise également à mesurer les attentes des partenaires étrangers vis-à-vis d’une politique culturelle extérieure de l’UE. L’objectif de l’action préparatoire est également de soutenir et faciliter un processus continu de dialogue, d’échange de bonnes pratiques et de débat public sur la place de la culture dans l'action extérieure de l'Union européenne.
 
La participation de l’Institut français à ce projet culturel a permis d’associer le réseau français à l’étranger (Instituts français et Alliances françaises) aux consultations qui ont été menées dans le cadre de l’étude. L’Institut français réaffirme ainsi sa conviction que la culture est un atout majeur pour les politiques extérieures de l’Union, et sa vocation à être un acteur culturel résolument européen.
 
 

Contexte

 
La stratégie pour la prise en compte d’une dimension culturelle dans les relations extérieures de l’Union européenne s’est affirmée progressivement depuis l’adoption de l’ « Agenda européen pour la culture à l’ère de la Mondialisation » en 2007. L’Europe s’est ainsi dotée de cadres de référence, d’outils de réflexion et d’action visant à développer la coopération culturelle dans ses relations extérieures.
 
Ces dernières années, les conférences internationales et les rencontres des hauts fonctionnaires des Ministères des affaires étrangères et de la culture de l’UE sont nombreuses. La montée en puissance du réseau EUNIC (European Union National Institutes for Culture) ou encore la campagne de sensibilisation More Europe (dont l’Institut français est un des membres fondateurs) en faveur de la prise en compte de la culture dans les relations extérieures de l’Union européenne, ont contribué à faire avancer le débat.
 
Dans cette continuité, la Commission européenne a lancé en juin 2012 un appel d’offres pour une étude sur la place que réservent les pays membres de l’UE, les pays du voisinage et les partenaires stratégiques de l’UE à la culture dans leurs relations diplomatiques. Cette étude visait également à mesurer les attentes des partenaires étrangers vis-à-vis d’une politique culturelle extérieure de l’UE.
 
 

Mise en œuvre de l’Action préparatoire

 
Il s’agit du premier appel d’offres de la Commission européenne remporté par l’Institut français, au sein d’un consortium conduit par le Goethe-Institut. Ce consortium composé d’instituts et organisations culturels a mené l’Action préparatoire entre novembre 2012 et juin 2014.
 
 
L’Action préparatoire s’est déroulée en trois étapes :
 
  • Etape 1 : Etablir un état des lieux des ressources existantes et des stratégies développées en matière culturelle dans les politiques extérieures de 54 pays, dont les pays membres de l’Union européenne.
 
  • Etape 2 : Entreprendre une consultation auprès d’un large panel d’acteurs en provenance de pays tiers et identifier des stratégies pour optimiser le fort potentiel que représente la culture pour le rayonnement européen. L’étude a couvert 26 pays partenaires de l’Union européenne, notamment sur la base de 15 missions des chercheurs associés à l’étude :
 
Les pays du Voisinage : Algérie, Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Egypte, Géorgie, Israël, Jordanie, Liban, Libye, Moldavie, Territoires palestiniens occupés, Syrie, Tunisie, Ukraine ;
Dix partenaires stratégiques : Afrique du Sud, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, Etats-Unis, Inde, Japon, Mexique, Russie.
 
L’Institut français a sollicité l’aide des postes – Instituts français et Alliances françaises – des pays dont il était le point de contact afin qu’ils facilitent la recherche d’informations et la rencontre avec les interlocuteurs locaux (organisation des visites et entretiens des chercheurs associés à l’étude).
 
  • Etape 3 : Faire connaître l’Action préparatoire et ses recommandations.
Les premières conclusions de l’Action préparatoire ainsi que la démarche globale ont été présentées à Bruxelles les 7 et 8 avril 2014 à l’occasion d’une conférence en présence d’Androulla Vassiliou, Commissaire européenne pour l’Education, la culture, le multilinguisme et la jeunesse, et Pierre Vimont, secrétaire général exécutif du SEAE. 400 personnes ont assisté à cette conférence (décideurs politiques européens, artistes, opérateurs culturels, représentants d’ONGs et de réseaux, etc.), dont 20 représentants de pays tiers invités par le consortium.
 
 
Séminaire de conclusion en avril 2014
 
 
L’Action préparatoire a permis, par la consultation d'un grand nombre d'Etats hors Union européenne, de recueillir des données et d'analyser leurs ressources, stratégies et opinions concernant le rôle et l'impact de la culture dans les relations extérieures. Les rapports par pays sont disponibles en ligne.
 
En juin 2014, les recommandations à l’usage de la Commission européenne et du Parlement européen ont également fait l’objet d’une publication électronique téléchargeable en ligne.
L’étude et ses recommandations sont publiées dans leur intégralité sur le site de l’Action préparatoire, en anglais uniquement. Des résumés analytiques ont également été produits et publiés en anglais, français, allemand, espagnol, russe, chinois et arabe. L’étude a été présentée à plusieurs occasions : Varsovie, Cracovie et Athènes en juin 2014, Copenhague en août 2014, Séoul (présentation par la CE devant le comité de coopération culturelle, en présence du Ministère de la culture coréen), Rabat et Amsterdam en octobre 2014.
 
 

Conclusions de l’étude

 
Les recommandations de l’Action Préparatoire ont été regroupées en huit messages clé :
 
1. Les relations culturelles peuvent réellement accroître l’influence et l’attrait de l’UE dans le reste du monde et améliorer la sensibilisation, au sein même de l’Europe, à d’autres cultures et la capacité d’en tirer des enseignements.
 
2. En Europe comme dans les pays tiers, il existe une réelle demande pour un renforcement et une amélioration des relations culturelles européennes avec le reste du monde, bénéfique à la prospérité et au développement humain pour tous.
 
3. Il faut pour cela que l’UE mette au point une stratégie de relations culturelles internationales cohérente. Toutefois, une telle stratégie devra tenir compte du fait que les citoyens des pays tiers ne sont pas totalement satisfaits de l’approche actuelle de l’Europe en la matière. Ils souhaitent que les Européens s’engagent autrement avec eux, en misant sur l’écoute, le partage et la co-création, au lieu de les voir projeter les différentes cultures nationales dans une logique de pure représentation ».
 
4. Toute stratégie de ce type devra être bien plus en phase avec les intérêts et pratiques culturelles des jeunes, qui communiquent de plus en plus entre eux et créent des communautés d’intérêts et d’engagement à l’échelon transnational par le biais des outils numériques et des réseaux sociaux.
 
5. Les institutions européennes, les agences de relations culturelles nationales et la société civile culturelle doivent coopérer pour élaborer ensemble une stratégie à la fois « transversale » et intégrée à différents secteurs et qui respecte également les idées et les idéaux de la citoyenneté culturelle mondiale : réciprocité, mutualité et responsabilité conjointe.
 
6. Une telle stratégie exige une volonté et un engagement politiques. Elle doit aussi être correctement financée au titre du budget européen.
 
7. Une série de prototypes et de projets pilotes doivent être immédiatement mis sur les rails pour documenter et lancer la stratégie. Les projets sélectionnés doivent également déclencher un processus de changement quant à la façon dont les relations culturelles internationales de l’Europe sont conçues et mises en œuvre.
 
8. La stratégie doit définir des objectifs clairs, des priorités et des résultats réalistes. Dans le même temps, étant donné qu’il faudra du temps pour qu’elle ait un impact durable sur les relations culturelles extérieures, cette stratégie devra être mise au point et s’inscrire dans la durée.
 
 

Membres du consortium

 
  • British Council à Bruxelles (Royaume-Uni)
  • Goethe-Institut à Bruxelles (Allemagne)
  • Institut culturel danois à Bruxelles (Danemark)
  • Institut français, Paris (France)
  • European Cultural Foundation (Pays-Bas)
  • IFA – Institut pour la culture et les relations extérieures (Allemagne)
  • KEA European Affairs (Belgique)
  • BOZAR, Palais des Beaux-Arts, Bruxelles (Belgique)
 
Partenaire associé : EUNIC - European Union National Institutes for Culture