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Danse l’Afrique Danse ! quatrième étape à Maputo

Après Tunis, Yaoundé et Saint-Louis du Sénégal, Maputo accueille la quatrième et dernière plateforme régionale de Danse l’Afrique danse !
 
Du 16 au 20 octobre 2015, à Maputo, au Mozambique, se déroulera la quatrième plateforme régionale Danse l'Afrique danse ! dans le cadre du festival Kinani.
 
Plus d’une vingtaine de spectacles et performances sont proposés par des chorégraphes issus de 9 pays de tout le continent avec une attention particulière sur la jeune création d’Afrique de l’Est et d’Afrique australe.
 
Le festival Kinani est l’occasion de découvrir de jeunes chorégraphes qui ont bénéficié en 2016 d’une résidence de création Danse l’Afrique danse !, sous le regard d’un chorégraphe expérimenté. Parmi eux : Nour Nzougui de Tunisie, Jeannot Kumbonyeki et Dorine Mokha de République démocratique du Congo, Stephen Bongarçon de l’Île Maurice, Salim Hamadi des Comores et les jeunes talents du Mozambique, PAK et Janeth Mulapha.
 

 
 
Cette plateforme fait suite aux plateformes régionales présentées dans le cadre de Tunis capitale de la danse en mai 2014, le festival Abok I'Ngoma, à Yaoundé (Cameroun) en novembre 2014 et le festival Duo Solo Danse à Saint-Louis du Sénégal en juin 2015. La prochaine étape sera la Triennale à Ouagadougou dans le cadre des festivals Dialogues de Corps et du Festival international de danse de Ouagadougou (FIDO). On pourra y retrouver une sélection des meilleures créations accompagnées au cours des trois dernières années et présentées sur les différentes plateformes Danse l'Afrique danse !.
 
 

Le festival Kinani

Créé en 2005, le festival international Kinani a pour objectif de promouvoir la danse contemporaine et la professionnalisation de jeunes chorégraphes par la mise en place de programmes de formation. Depuis quelques années, le festival Kinani s’inscrit au cœur de la ville de Maputo et développe des actions innovantes dans des quartiers insolites afin de mobiliser un public de plus en plus large. Cette année, le festival se déroule dans divers lieux emblématiques de Maputo : le 4e Andar, le Teatro Avenida et le Centre culturel franco-mozambicain.
 
 

Les artistes présents à Kinani à la suite de leur résidence 2015

  • Nour Mzougui
en résidence à Donko Seko au Mali sous le regard de Kettly Noel (septembre-octobre 2015)

Nour Mzoughi, danseuse et jeune chorégraphe, est née en 1993 à Tunis. Elle a été formée par des chorégraphes tunisiens bien connus comme Syhem Belkhodja, Aïcha Mbarek, Hafiz Dhaou ou Yossra Ben Ayed. Elle son parcours professionnel avec le projet Carte postale chorégraphique pour les francophonies. En 2013, elle commence à proposer ses écritures en créant un duo Chouk, avec Hamdi Dridi et un solo, en cours de création,  Mes cheveux, les autres… et moi.
Mes cheveux, les autres… et moi : « Les cheveux nous accompagnent. Ils sont indispensables à notre apparence. Ils nous rassemblent, nous séparent et nous distinguent. Facilement identifiables et manipulables, ils définissent le statut de la femme tout au long de sa vie. Mes cheveux sont mes racines, ma race, ma couleur, mes origines et mes habitudes personnelles. Je porte le poids des cheveux sur la tête, souvent une charge, parfois un danger. Une extension de beauté qui crée le malaise. Un fragment naturel menaçant. On te tire sur les mèches comme un animal. On t’immobilise pour faire de toi l’objet de leur désir. Je suis la beauté fatale. Je déforme ma tresse comme je défais mes complexes. Je tresse ma féminité mèche par mèche comme je détache la violence nœud par nœud. Je danse ma sensualité. Je suis une bête féroce. Un monstre atroce. Doit-on justifier son identité et sa liberté? Je me greffe une seconde peau. Mes cheveux me dansent, dansent les cheveux de toutes les femmes. Les femmes abusées et flattées. Les femmes agressées et gracieuses. Les femmes effacées et épanouies… »
  • Dorine Mokha
En résidence aux Studio Kabako (RDC) puis à Culturarte sous le regard de Panaiba Gabriel (septembre-octobre 2015)

Dorine Mokha débute la danse à Lubumbashi, avant de s’installer à Kisangani en 2009. Il rencontre Faustin Linyekula et les Studios Kabako, et suit pendant plusieurs années les formations proposées auprès de Faustin et Papy Ebotani, mais aussi d'Hafiz Dhaou (Tunisie, 2009), Ula Sickle (Canada-Belgique, 2010), Andréya Ouamba (Sénégal – Congo-Brazzaville, 2011) et en 2012 Boyzie Cekwana (Afrique du Sud) et Sylvain Prunenec (France). Il suit aussi un atelier autour de l’improvisation théâtrale avec Clara Bauer (Argentine-France, 2011). En 2010, il créé Reclus avec Papsher Kikuni, présenté à Kinshasa et Kisangani. Son solo Entre-deux (2013) est présenté à Kisangani, Lubumbashi et Kinshasa (dans le cadre du festival Connexion Kin). La même année, il assiste Faustin dans la création de Drums and Digging et participe à une académie internationale de jeunes artistes du théâtre qui l’emmène à Kinshasa, puis à Hanovre dans le cadre du festival Theaterformen. En 2013, il obtient son master en droit économique et social avec un mémoire sur « La problématique de la protection des œuvres musicales face aux NTIC en R.D.Congo ». En 2014, il est boursier de l’Akademie Schloss Solitude à Stuttgart dans le cadre du programme Africa in Solitude, il rencontre Désiré Davids, avec qui il crée Trio sans titre, accompagné par le pianiste français Nicolas Mondon. Il vient aussi de signer une création collective avec Dinozord et Franck Mokha, Nzela ya mayi, soutenue par le programme Pamoja et présentée en première au Hebbel Theatre à Berlin en mars 2015.
Après le solo Entre deux…(2013), Entre deux II : Lettres à GUZ (2015)  est la deuxième partie d’une possible trilogie. Accompagnés par deux musiciens de Kisangani, Dorine dénonce la « dictature du silence » d’une société congolaise pleine de tabous et raconte l’histoire d’un enfant de 10 ans, victime d’une tentative de violence sexuelle et du silence imposé par un système qui protège les plus forts et dans lequel la victime devient le paria, et Guz le héros. Et pour le corps qui danse, c'est autant une histoire personnelle que celle de tant de victimes encore bâillonnées d’un peuple que Guz veut toujours faire taire...
 
  • Stephen Bongarçon
En résidence au Centre Chorégraphique National de Rilleux La Pape sous le regard artistique de Yval Pick (juin 2015) – projet en partenariat avec l’Institut francais de l’Île Maurice

Formé par Anne–Marie Poras, titulaire du diplôme d’état français de Professeur de danse, Stephen Bongarçon reste depuis toujours proche de la création française. En 2012 et 2013, il collabore grâce à l’Institut français de Maurice avec le chorégraphe français Yann Lheureux et part avec deux de ses danseurs en tournée à la Réunion et en France métropolitaine avec le spectacle Macadam Instinct. Il rencontre ensuite Yuval Pick et a l’opportunité de s’écrire enfin. Un parcours qui racontera la difficulté à exister et faire exister la danse contemporaine sur le territoire mauricien, les renoncements et les persévérences, mais aussi et surtout le travail et les rencontres.
Sime Gran Dada, premier solo, directement inspiré du parcours de danseur de Stephen, suit un parcours qui réunit divers métiers : maçon, boutiquier, coiffeur, peintre, jardinier… Tous éloignés de la danse mais qui sans cesse l’y ramènent. Stephen Bongarçon s’appuie sur différentes techniques : méthodes de danse contemporaine, de danse indienne et de séga. Avec ce solo, ce n’est pas simplement lui que Stephen veut nous raconter, mais bien toute son île.
 
  • Pak
en résidence à Maputo avec Iodine (octobre 2015)

Le danseur et chorégraphe mozambicain Bernardo Guiamba (Pak Ndjamena) a commencé sa carrière comme danseur en 1996 au sein de la Compagnie Nationale de Chant et de Danse du Mozambique. Il a travaillé comme interprète auprès de la chorégraphe mozambicaine Marie Helena Pinto avec la pièce O olho e a percepção, sélectionnée pour Danse l’Afrique Danse ! en 2006, du chorégraphe portugais Miguel Pereira (Doo, diffusé au Festival Alcantra, en 2008-2010), de la Compagnie Horacio Macuacua (Smile if you can, Orobroy stop et Commun, diffusés au Brésil et en Europe de 2012 à 2014), et de la mozambicaine Janeth Mulapha (5 senses organs, Projet Pamoja, 2014). Il a également participé à divers projets expérimentaux avec les compagnies de Cuvilas et Culturarte.
Chorégraphe, Bernardo Guiamba a fondé la Compagnie Esculturas Humanas, avec laquelle il a créé les pièces Mistérios da Atulidade (2005), Ultra secreto (2009/2011), et Reaflexões 2,3,1 (2011). Il a coproduit Corpo Voice (Mozambique/Swaziland) (2011) avec Iodine Produções/Kinani, Justaposição Centauros avec Culturarte, ainsi que Piscar. Il intervient par ailleurs sur des projets ponctuels tels que In Kino avec Idio Chichava, Go in Out et Eletro dance.
Vif échange entre danse, percussions et voix, composé d'une douzaine de tableaux, Piscar (cligner ou clignoter en portugais), joue sans cesse sur les nuances, immerge le spectateur dans un univers hyper organique dont la matière sonore, produite en direct au gré de vibrations qui émanent aussi du corps résonnant et éructant du danseur, est faite d'éléments naturels (bois, terre, peaux, sable, fer, os...), de jouets d'enfants ou d'outils très usuels détournés de leur contexte. Ce théâtre d'objets sonore, où vibrent inlassablement les voix, les souffles et autres borborygmes, intéragit donc en permanence avec le corps dansant, parfois très animal, lors de face-à-face féroces et jeux de va-et-vient, d'esquives, d'esquisses, où l'improvisation est toujours présente, et dont les mouvements composent un effet de loupe sur des gestes du quotidien qui la plupart du temps nous échappent.
 
  • Salim Mze Hamidi Moissi
en résidence avec la compagnie Révolution sous le regard d'Antony Egea (août-septembre 2015)

Chorégraphe et danseur, leader du mouvement, fondateur et initiateur des évènements Krump en Afrique, Salim Mze Hamadi Moissi représente la nouvelle génération de danseurs hip-hop qui émerge du continent africain. Son désir de brasser les disciplines et leurs origines le pousse vers la technique contemporaine et les danses traditionnelles. En 2009, sa rencontre avec Anthony Égéa, directeur artistique et chorégraphe de la Compagnie Rêvolution et du Centre de Formation professionnelle pour interprètes hip-hop (Création de Rage Glob Théâtre, 2012), le conforte dans sa démarche. De retour aux Comores, il crée la Compagnie Tche-Za et se lance dans des projets personnels de développement chorégraphique.
Kreuz est un rappel à la terre, une résurgence des origines par le krump. Ce solo empreint d’une profonde réflexion sur la condition des danseurs urbains en Afrique laisse jaillir une énergie spectaculaire nourrie par la colère et canalisée dans une danse organique, d’une agressivité maitrisée, poétique et politique par l'engagement de ses postures. S’appuyant sur ses racines et son vécu, Salim Mze Moissi, creuse, cherche pour soutenir la conscience par le mouvement. Une danse spirituelle et intense où le corps est à bout. Une poésie de la rage née de la rencontre avec le chorégraphe Anthony Egéa et de l’envie d’explorer les états profonds de cette danse de rébellion instinctive et viscérale.
 
  • Jeannot Kumbonyeki
En résidence aux Studios Kabao pour la pièce Kombi sous le regard extérieur de Faustin Linyekula (mai-juin 2015)

Jeannot Kumbonyeki vit et travaille à Kinshasa. Il entre dans le monde artistique en 2008 comme acrobate du groupe Lil Saint. Un an plus tard, il est  admis comme danseur au sein du même groupe. Depuis septembre 2009, il participe à tous les ateliers de danse organisés par les Studios Kabako animés par des danseurs et chorégraphes comme Faustin Linyekula, Papy Ebotani, Hafiz Dhaou, Ula Sickle, ainsi qu’à un atelier de théâtre en 2011 avec Clara Bauer…En 2010, Jeannot  quitte Lil  Saint et crée les Keep Quiet accompagné par quelques amis du quartier et se produit  régulièrement à Kisangani et en Province Orientale. En 2011, il remporte le prix du jury du meilleur danseur congolais de la Vodacom Kata Dance. Depuis 2014, il est l'un des trois danseurs de Kinshasa Electric, une création d'Ula Sickle qui a tourné dans le monde entier. Jeannot est aussi l'un des 9 danseurs congolais et sud-africains du laboratoire « Redefining... homework », un laboratoire qui l'a conduit à Kisangani, puis Durban sous la direction conjointe de Boyzie Cekwana et Faustin Linyekula.

Kombi est sa première création : « Comment faire un parallèle entre les réalités  de mon pays au quotidien avec le KOMBI, moyen de transport collectif, inconfortable et cahotant des Kinois où ils passent de longues heures, chaque matin et chaque soir, serrés, coincés et suants ? On surveille ses poches à cause des voleurs, on échange, on plaisante, on avance tant bien que mal, comme ou en dépit du pays...  »
 
 
 
 
 
 
Images
  •    
  •   Dorine Mekha (République du Congo), "Lettres à Guz", 2015 © DR  
  •   Dorine Mekha (République du Congo), "Lettres à Guz", 2015 © DR  
  •   Nour Mzoughi (Tunisie), "Mes cheveux, les autres... et moi", 2015 © DR  
  •   Pak (Mozambique), "Piscar", 2015 © DR  
  •   Pak (Mozambique), "Piscar", 2015 © DR  
  •   Stephen Bongarcon (Île Maurice), "Sime Gran Dada", 2015 © DR  
  •   Stephen Bongarcon (Île Maurice), "Sime Gran Dada", 2015 © DR  
  •   Salim Mze Hamidi Moissi, "Kreuz", 2015 © DR  
  •   Salim Mze Hamidi Moissi, "Kreuz", 2015 © DR  
  •   Jeannot Kumbonyeki, "Kombi", 2015 © Studios Kabako