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Hors les murs Louis Lumière : lauréats 2017

Le programme de résidence Hors les Murs Louis Lumière vise à soutenir la création cinématographique et à favoriser le développement de projets à l’étranger. Retrouvez la liste des lauréats pour la résidence Hors les murs Louis Lumière 2017 (Commission tenue le 4 novembre 2016).


 
Fleur ALBERT (Canada)
Et j’ai tiré sur les cow-boys
 
Biographie
Après des études de cinéma, elle travaille comme assistante auprès de nombreux cinéastes documentaristes dont Jean-Michel Carré. Assistante de Jean-Luc Godard (1999-2001) sur Eloge de l’Amour, elle écrit et réalise ses premiers films. Elle réalise une douzaine de documentaires de création pour le cinéma et la télévision. En 2008, elle remporte le prix Louis-Marcorelles au festival International du Réel pour son film Ecchymoses, chronique de l’adolescence à travers le huis-clos d’une infirmerie scolaire. Elle prépare son 1er long-métrage de fiction, Stalingrad Lovers, en résidence au CentQuatre (Paris, 2009). Le film fait partie de la sélection ACID Cannes 2012 et circule dans les festivals. Son travail, au croisement de la fiction et du documentaire, est marqué par les figures de la marginalité, de la disparition, questionnant le rapport entre l’intime et les mouvements de l’Histoire, mettant en scènes les formes épiques de résistance anciennes et modernes.
 
Son projet
Une jeune fille court dans les faubourgs de Montréal : JO est en fuite. Elle vient de tenter de tuer son beau- père, JIM qui l’élève. JO le tient pour responsable du suicide de sa mère. Elle cherche refuge chez son père biologique, TEDDY SHELTER dresseur de chevaux, qui vit dans la région des grands lacs. Au fil des épreuves et des rencontres dans les grands espaces, JO s’enfonce dans la nature, elle renoue avec sa culture. Elle fait face à la condition d’exclusion de cette population et à la violence de la jeunesse en proie au désespoir. En quête de personnages de fiction inspirés par le réel et d’interprètes, acteurs de la communauté amérindienne, la cinéaste entend continuer de déployer son imaginaire aux frontières de la fiction et du documentaire.
 
© Photo : ISAÏE (Jean-Patrick Kone) et MONA (Carole Eugénie) in Stalingrad Lovers, un film de Fleur Albert, 2012
 

 
Simone BITTON (Maroc)
Ziyara
 
Biographie
Née au Maroc en 1955 ; étudie le cinéma à l’IDHEC et acquiert la nationalité française en 1981. Du montage d’archives à la méditation cinématographique, de l’enquête intime au portrait d’artiste, tous ses films témoignent d’un engagement pour une meilleure appréhension de l’actualité, de l’histoire et des cultures d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Ses derniers longs-métrages, MUR (2004) et RACHEL (2009) ont été salués par de nombreux prix et sélections dans les festivals de cinéma les plus prestigieux  et ont été distribués en salles dans une quinzaine de pays. Elle enseigne à l’Université de Paris 8 et encadre régulièrement des stages de réalisation documentaire, en France et à l’étranger.
 
Son projet
ZIYARA : un mot arabe qui signifie visite, voyage, pèlerinage. Au Maroc, on l’utilise surtout dans le contexte du culte des saints, une tradition commune aux juifs et au musulmans.
Le film sera un voyage au pays natal, un road movie pacifique et iconoclaste à la rencontre des gardiens musulmans de ma mémoire juive. Sanctuaires et marabouts, synagogues et écoles abandonnées, cimetières figés, anciens quartiers juifs repeuplés de misère ou d’opulence, ruines fertiles : partout, ce sont des musulmans qui guideront ma ziyara profane et me raconteront l’histoire commune, le départ et l’absence. Une flânerie cinématographique rigoureuse et poétique dans le Maroc d’aujourd’hui, un pays vidé de ses juifs mais dont la part de judéité enfouie fait irruption à chaque instant.
 
© Photo : Repérages pour le tournage de Ziyara, Simone Bitton, 2016
 

 
Delphine DHILLY (Bulgarie)
Au bord de Zlatitsa
 
Biographie
Elle étudie le cinéma à Paris et New York. Loin d’Irak, son premier long métrage, lauréat de la bourse Louis Lumière en 2007, décrit le parcours de plusieurs femmes de soldats américains (Quark Productions, 2008). Elle réalise des court-métrages pour la série documentaire Cut Up (Arte France, 2009) et Les Lovers avec Zadig Productions et Arte en 2012, pour la collection "les Gars et les Filles". Elle est productrice de documentaires pour l’émission quotidienne Les Pieds sur Terre sur France Culture. Actuellement, elle réalise un documentaire autour du consentement sexuel pour France 2 / Infrarouge. Son projet "Au bord de Zlatitsa" a été sélectionné à l’IDFAcademy.
 
Son projet
Des ouvriers de l’usine qui perdent leurs dents, déjà vieillards à 40 ans, aux rêves qui s’étiolent d’Ivan le Berger. Du linge de Lushka troué par l’acide sulfurique, aux ruisseaux qu’on interdit aux troupeaux de moutons de Nanka. Des berlines de mafieux à la carriole en bois de Netko remplie de foin pour les chevaux. Des tatouages que l’autre Nedko dessine sur les corps des hommes et des femmes de Zlatitsa, aux vêtements que vend Emilia pour un "leva". Dans Zlatitsa, la "ville d’or" en bulgare, Delphine Dhilly filme ces deux mondes, l’ancien et le nouveau, à travers Ivan et ses habitants, dans l’ombre que l’usine jette sur toute la ville. C’est la chronique d’un braconnier honnête dans une ville corrompue.
 
© Photo : Repérages pour le tournage de Au bord de Zlatitsa, Delphine Dhilly, 2016
 

 
Basile DOGANIS (Japon)
Altérations / Kô Murobushi

 
Biographie
Basile Doganis est un scénariste-réalisateur franco-grec. Après des études de philosophie, il réalise un documentaire au Japon (Kami Hito E – On The Edge, 2008) et travaille en tant que 1er assistant réalisateur de Jean-Pierre Limosin sur son film Young Yakuza (Cannes 2007). Il écrit et réalise un premier court-métrage de fiction, Le Gardien de son frère (20’, 2012), puis en 2014, Journée d’appel (20’, sélectionné dans plus de 50 festivals internationaux). Il suit l’Atelier scénario de la Fémis en 2013 pour préparer son 1er long-métrage de fiction, qu’il développe actuellement avec Elzévir Films. Depuis 2006, il travaille sur un film documentaire au long cours avec le danseur Kô Murobushi, décédé en 2015.
 
Son projet
Un film à la croisée de la danse et du cinéma, qui a commencé comme une boutade lancée par le danseur Kô Murobushi en 2006, pour les dix dernières années que, selon lui – et à juste titre –, il lui restait à vivre. Un film qui est lui-même une sorte de danse, où le filmeur et le filmé sont dans un rapport chorégraphique. Un film qui rend compte à la fois du dehors visible et du dedans invisible d’un danseur. Entre documentaire et film expérimental, un portrait de l’immense artiste que fut Kô Murobushi sous forme de road-movie de son imaginaire.
 
© Photo : Altérations / Kô Murobushi, Basile Doganis
 

 
Elise GIRARD (Japon)
Sidonie au Japon
 
Biographie
Après des études de Langues Etrangères Appliquées et une maîtrise de Techniques et Langage des Médias, spécialisée en écriture de scénario à La Sorbonne, la rencontre avec Jean-Max Causse et Jean-Marie Rodon va la lier vingt ans durant, jusqu’en 2016, aux cinémas Action en tant qu’attachée de presse et programmatrice. L’univers des cinémas indépendants du quartier latin ne fera que renforcer son goût pour une certaine cinéphilie et l’amènera à écrire et réaliser deux documentaires, Seuls sont les indomptés, l’aventure des cinémas Action, 2003 et Roger Diamantis ou la vraie vie, 2005. Après son premier long-métrage de fiction, Belleville Tokyo (2011), elle tourne Drôles d’oiseaux en 2015, sortie prévue : printemps 2017 en France et au Japon.
Son projet
Sidonie Perceval voyage pour la première fois au Japon, à l’occasion de la parution de son livre. L’éditeur qui la reçoit est un mystérieux Japonais, qui semble se confondre avec le fantôme de son mari défunt. Durant les six jours qu’elle passe avec lui, Sidonie fait le deuil de son passé et renoue avec la vie, grâce à leur histoire d’amour. Ce film est un « raccord » entre le passé et le présent. C’est ce temps-là que la réalisatrice a choisi de filmer, le temps d’une renaissance, un temps dilaté, entre présent et flashbacks qui prendront la forme de réminiscences sensorielles et littéraires, présence d’un fantôme qui se substitue au corps du mystérieux japonais. Six jours de la vie de cette femme, au destin si particulier.
 
© Photo : Belleville Tokyo, Un film de Elise Girard, 2011 / Epicentre
 

 
Mahsa KARAMPOUR (Etats-Unis, Turquie, Iran)
Je suis la blessure commune, chante-moi
 
Biographie
Née en Iran, Mahsa Karampour est arrivée en France en 2003 pour poursuivre ses études de sociologie à l’EHESS avant d'entamer des études de Cinéma. Diplômée de l’Ecole documentaire de Lussas en master Réalisation (documentaire de création), elle travaille comme réalisatrice au sein de l'association Captive. Elle anime des ateliers pédagogiques avec des mineurs isolés étrangers autour du cinéma, du documentaire et du film d'animation. Elle a aussi participé à plusieurs projets en tant qu’opératrice son et a écrit régulièrement pour le journal du festival Cinéma du Réel.
 
Son projet
Une épopée musicale, un road-movie à travers le monde, un recueil de récits relatifs à la pratique de la musique. L'histoire personnelle, familiale et familière, de musiciens qui ont pratiqué cet art dans l'ombre. Ce film, oscillant entre le passé et le présent, témoigne d'un destin commun, d'une résistance et d'une soif de liberté, chantés par le langage de la musique.
 
© Photo : En attente, documentaire de Mahsa Karampour, 2009 / Ardèche image Production
 

 
Joris LACHAISE (Colombie)
Noces rebelles
 
Biographie
Joris Lachaise vit et travaille à Marseille. Après une maîtrise en philosophie, il décide de mettre sa caméra à l'épreuve du Réel et d’enregistrer le mouvement tectonique des cultures, la réinvention de techniques mémorielles et de transmission, les changements de paradigmes de nos sociétés et de nos institutions, l’apparition de nouvelles formes de désir politique. Directeur de la photographie sur le dernier film de Khady et Mariama Sylla, Une simple parole, 2013, il a fondé en 2016 avec 3 associés la société de production Mujô à Marseille. Il a réalisé deux films en Afrique de l’ouest, autour de gestes et de paroles découlant de la prise de conscience d'une double forme d’aliénation, mentale et coloniale : Convention: Mur noir / Trous blancs (Mali, 2011) et Ce qu’il reste de la folie (Sénégal, 2014).
 
Son projet
À la Picota, prison de Haute-sécurité au sud de Bogotá, le mariage d'un guérillero des F.A.R.C avec une ex-prostituée transgenre condamnée à la réclusion à perpétuité a d'abord provoqué le scandale, puis une transformation des mentalités. À partir du récit de ces noces rebelles, le film décrit la rencontre entre deux formes de combats, deux modèles de luttes qui se transforment en s'interpénétrant. F.A.R.C et LGBT même combat ? Entre univers carcéral et réseau urbain de Bogotá, sa caméra guette les signes de mouvements discrets qui président aux changements d'une société. 
 
© Photo : Ce qu'il reste de la folie, un film de Joris Lachaise, 2014
 

 
Adrien PESCAYRÉ (Mexique)
Sangre por Sangre
 
Biographie
Adrien Pescayré est un jeune réalisateur français. Après des études de photographie au Mexique, où il vit pendant 10 ans, il intègre l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Cergy où il commence son travail cinématographique en réalisant plusieurs court-métrages documentaires. Il travaille ensuite avec le cinéaste Jean Charles Hue sur plusieurs projets dont un qui l’emmènera à Tijuana, où il réalisera son premier film de fiction Camino a Itaca, qui déplace le VIe chant de l’Odyssée d’Homère en Basse Californie. Il devient son premier assistant, notamment sur son film Mange tes morts, présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, en 2014.
 
Son projet
Sangre por sangre s'inspire du 2ème volet de L’Orestie d’Eschyle, Les Choéphores, en l'adaptant et en le déplaçant dans le contexte rural de la région sucrière du Morelos, au Mexique. Ici perdurent des vestiges du soulèvement armé de Emiliano Zapata pendant la révolution mexicaine. Aujourd’hui, leurs habitants seront-ils des fantômes plongés dans la désolation, l’oubli et la violence ? Le film tentera de faire entendre la voix de ce peuple rural qui depuis la conquête est usurpé de ses biens fondamentaux ; lui donner un espace de parole et de représentation à travers sa propre histoire, ses croyances, ses révoltes et ses luttes jusqu'à aujourd'hui.
 
© Photo : Camino a Itaca, un film de Adrien Peyscaré, 2014
 
 
 

 © Photo haut de page : Camino a Itaca, 2014, Adrien Peyscaré, lauréat Hors les murs Louis Lumière 2017