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Hors les murs - Recherche et Création lauréats 2017

En 2017, ce sont 26 créateurs qui partent en résidence hors de France pour un séjour d'un à trois mois dans le cadre de Hors les murs - programme de recherche et de création.


 

Lauréats 2017 (commission du 14 décembre 2016)

 
Nathanaël ABEILLE
Design / Réflexion Villa-21, Argentine
 
Le projet Réflexion Villa-21 concerne l’installation d’un dispositif architectural dans le bidonville de Barracas, Villa-21, à Buenos Aires. Il s’agit de réfléchir la lumière diurne dans les ruelles étroites du quartier. Les rayons solaires y sont nécessaires, tant pour la salubrité publique que pour des raisons plastiques. Le designer Nathanaël Abeille est sollicité par l’architecte Francisco Ribero, rencontré lors d’une résidence au Centro Metropolitano de Diseño, chargé d'un chantier de réhabilitation. Le projet est géré par l’ONG Parroquia De Caacupé qui s’occupe des habitants du quartier, une population paraguayenne immigrée à l’époque du Cendero Luminoso.
 
 
Photo : 50 rue Bouret, 2015 © Nathanaël Abeille

 
Rodolphe ALEXIS
Musiques de création / Myanmar - Musique des cimes, Birmanie
 
Myanmar - Musique des cimes est un projet de compositions contemporaines réalisées à partir des sonorités et des tessitures des instruments traditionnels birmans (pour partie endémiques) et s’appuyant sur le jeu des musiciens traditionnels, mais dont les partitions à exécuter seront tirées des sons de la nature. Un ensemble de séquences et de motifs auront été repérés après une analyse spectrale et tonale d'enregistrements effectués depuis la canopée de la forêt primaire birmane. Ces enregistrements pionniers - à forte valeur musicale, mais aussi scientifique - seront réalisés dans le cadre d’une expédition internationale d'inventaire de la biodiversité mise en oeuvre par l’ONG Opération Canopée, notamment connue pour son « radeau des cimes », un filet qui se pose sur la canopée des forêts primaires à l'aide d'un dirigeable. Ce projet met en oeuvre des échanges avec les musiciens traditionnels birmans, la population ainsi qu’une pluralité de restitutions (éditions, oeuvres fixées, radiophoniques, installation, parcours sonore…).
 
Photo : Enregistrement sur l'ile d'Iriomote, CD gruenrekorder/Touch Radio, 2015 © Shin Watanabe

 
Willy AMARAT
Arts numériques / The Screen, Royaume-Uni
Pour son projet cinématique The Screen, Willy Amarat, alias Rewind veut aborder la relation à la technologie de manière musicale et visuelle. Il développera une application interactive avec l'ingénieur art numérique Pierre Gufflet (membre du collectif parisien Visual System). Inspiré de la réalité augmentée, le procédé se traduira par une expérience 3D sur smartphone où les musiciens du projet activeront des visuels audio-réactifs sur les écrans de téléphone via la fréquence de leurs instruments respectifs (beatbox, voix, clavier, basse etc...). Pour une version augmentée en concert, le public sera invité à télécharger l’application. Rewind s’est entouré des musiciens anglais du projet de renommée mondiale Bonobo, du chanteur Adeleye Omotayo (ancien choriste d’Amy Winehouse), de la chanteuse Graziella Affinita (membre du groupe Foreign Beggars et finaliste du tremplin musical X-Factor UK) et du chanteur Billy Boothroyd (Submotion Orchestra).
 
Photo : Portait © Olivier Deléage

 
Méryll AMPE
Musiques de création / Lucha libre, Mexique
 
La Lucha Libre consiste en la réalisation d'une œuvre sonore électroacoustique autour du catch mexicain, sous deux formes d’écoute : un journal sonore et une installation sonore (diffusion multi-phonique). Ces propositions sonores seront irriguées par les enregistrements directs captés quotidiennement dans la ville de Mexico et au cours des matchs de la Lucha Libre. Ce projet réunira tous les points spécifiques de la démarche artistique de Méryll Ampe, ainsi qu’une approche des traditions culturelles et sociales du Mexique et particulièrement de la Lucha Libre. La création sera la restitution de « l’expression sonore » de ces expériences vécues à Mexico. 
 
Photo : Performance Sonore à l'église St Merry de Méryll Ampe, 2016 © Yoshi Hitchcock

 
Xavier ANTIN
Arts visuels / Une dématérialisation de la machine, États-Unis
 
Le projet Une dématérialisation de la machine vise à tisser une histoire menant de la machine à vapeur du XIXe siècle jusqu’aux algorithmes contemporains. Une recherche qui s’attachera à décrire une progressive dématérialisation de la machine, dont le point de bascule se trouve en Californie au milieu du XXe siècle et plus spécifiquement dans les centres de recherche d'IBM et de Xerox. Ces deux entreprises à la pointe de la recherche numérique à la fin des années 70, ont développé la plupart des technologies contemporaines de l’image et notamment l'imprimante jet d'encre et l'imprimante laser, dispositifs domestiques au cœur des outils de l’artiste.
 
Photo : An Epoch of Rest, 2014 © Aurélien Mole

 
Christine ARMANGER
Danse performance AS / Edmonde et autres saint(e)s, Italie
 
Forme chorégraphique et performative hagiographique, le projet de Christine Armanger s’inspire de saint(e)s immortalisés au fil des siècles avec des attributs précis. Edmonde et autres saint(e)s cherche à mettre en lumière les légendes saisissantes de ces saint(e)s dont les représentations nous entourent, tout autant qu’à questionner l’inscription du corps religieux dans l’iconographie catholique à des buts d’édification. S’interrogeant également sur notre société, elle-même fabricatrice d’icônes et de surexposition via Internet, la pièce procède d’une mise en tension entre un avatar présentant des tutoriels décomplexés sur les mystères du religieux et son double de chair qui tente de retrouver dans un cérémonial chorégraphique proche de la prière la vibration évanouie de ces symboles.
 
Photo : Edmonde et autres saint(e)s, 2016 © Christine Armanger et Salim Santa Lucia

 
Léa BARBAZANGES
Arts visuels / Cristaux, Russie
 
Le projet de résidence Cristaux se construit autour de l'opportunité de travailler au sein du site d'extraction des minerais à Satka, dans l'Oural en Russie, montagne connue pour ses minéraux. Au-delà de ses précieuses matières premières, c'est un paysage, avec les mines à ciel ouvert, un laboratoire de recherches au sein même d'une entreprise et la possibilité d'y travailler avec ses employés, qui nourriront le travail de Léa Barbazanges. Ce dernier, basé sur l'emploi de matériaux naturels, accorde une place de plus en plus importante au minéral. C'est dans cette direction que s'oriente cette résidence en Russie : travailler de nouveaux matériaux en s'intéressant au paysage issu d'une réalité humaine et naturelle qui a donné naissance à ces minéraux.
 
Photo : Paroi d'algues, 2014 © Léa Barbazanges

 
Louidgi BELTRAME
Arts visuels – vidéo art / Mesa, Pérou
 
Suite à la rencontre à Lima en 2015, du curandero José Levis Picón Saguma dont le travail s’inscrit dans la continuité des rites de guérison précolombiens, Louidgi Beltrame souhaite passer une période de résidence au Pérou à Lima et à Chincha, une ville côtière située à 200 kilomètres au sud de la capitale afin de développer une recherche sur les pratiques magiques des guérisseurs traditionnels du désert côtier. Il filmera consécutivement plusieurs « mesas » ou cérémonies de soins dans le même espace à Chincha. Un dispositif audiovisuel découlera de ces enregistrements.
 
Photo : El Brujo, 2016, film 4K transfert HD, 11'27", Louidgi Beltrame

 
Théâtre / L’esprit du vide, Japon
 
L’adoption d’une nouvelle méthode de travail personnelle basée sur le vide créatif amène Bertrand Couderc à se pencher sur la richesse dramaturgique du vide au théâtre. Le vide révèle le passage du temps, évoque le potentiel des présences futures traversant son espace et met en valeur la beauté profonde des objets les plus simples. Toutes ces notions attirent irrésistiblement l'artiste au Japon, pour un voyage intérieur dont l’inconnu servira de révélateur. Le but de cette recherche est de créer un spectacle sensoriel aux confluents des deux cultures, française et japonaise, dont la lumière constituera l’énergie principale et dont les émotions et sensations éprouvées pendant le voyage aideront à préciser les intuitions actuelles. Tournant autour de l’universalité des relations familiales, Bertrand Couderc s’appuiera sur des fragments de Yasujiro Ozu et de Jean-Luc Lagarce.
 
Photo : Base sous-marine de Bordeaux, 18 septembre 2016  © Bertrand Couderc

 
Design / Sugi, Japon
 
Sugi est un projet de création d'une gamme de mobilier d'extérieur en bois brulé basé sur une technique ancestrale japonaise appelée Sou-sugi-ban, qui donne notamment au bois de cèdre une protection optimale contre les UV, les intempéries et les insectes. Ce travail sera mené en immersion dans la culture japonaise, dans la région d’Hida, célèbre pour ses entreprises de charpenterie. Ces recherches interrogeront l'esthétique actuelle de la production en design en confrontant la pensée occidentale à celle du Japon. Elles questionneront nos perceptions de l'espace-temps, nos rapports aux objets, etc. En fonction des avancées et des techniques rencontrées, la gamme de mobilier sera destinée à l’édition ou à l’auto-construction.
 
Photo : Revêtement sol et mur zébra, Appel à projet VIA 2005 © P. de Glo de Besses

 
Théâtre / Camp Philip Morris, États-Unis
 
1944 - Le Débarquement des Alliés sur les plages normandes s’accompagne de très nombreux viols commis par des GI’s. Les tribunaux militaires jugent les soldats convaincus de ces crimes. L'US Forces exécute ainsi 29 soldats pour viol dont 25 Africains-Américains. La metteuse en scène Eva Doumbia s'empare de ce récit, et se souvient du rejet de son père lorsqu’il est entré dans cette famille « blanche ». Les sous-entendus quant à la sexualité bestiale des Noirs au collège en Normandie, puis au lycée. Avec ce spectacle, littéraire et musical, elle veut montrer comment une histoire non-dite a pu laisser des cicatrices sur un territoire. Elle écrit un texte dont l’action se situe à Gonfreville l’Orcher, où elle a grandi.
 
Photo : Spectacle "Afropéennes" 2012-2016 © Eva Doumbia

 
Prospectives architecturales et urbaines / Inland Islands, États-Unis
 
Dans un monde globalisé, on dit les territoires urbanisés indifférenciés et sans qualités. Pourtant, dans cet état de l’urbain étendu et mou, partout, dans ces lands de seconde zone, les êtres humains habitent, vivent, font monde. Et ces manières de faire, constituent les manières d’être dans nos sociétés liquides. Il faudrait décrire nos surfaces idem : notre vitalité de suburbains, nos forces, nos ressources, nos fragilités, nos peurs, notre isolement. Nos vies d’insulaires en somme. Los Angeles étant l’incarnation la plus manifeste de cette suburbia mondialisée, Marc-Antoine Durand interrogera la résistance et l’inventivité de l’habiter contemporain californien et de proposera une sorte d’immunologie face aux dérives des démocraties libérales et aux inquiétudes écologiques qui caractérisent l’époque. Cette résidence sera aussi l’occasion de revenir sur les études américaines de l’historien suisse André Corboz, son intérêt pour L.A., ses recherches et ses longs séjours au Getty Center.
 
Photo : Micro-Poros - Tours & St-Pierre-des-Corps : Et si l'autoroute A10 ouvrait le(s) passage(s) urbain(s) ? © bau15
 
 
Arts numériques / Reborn, Japon
 
Le projet de résidence Reborn explore un croisement entre robotique, intelligence et vie artificielle, basé sur l’utilisation du deep learning et de l’interaction homme-machine. Une série d’expériences artistiques et scientifiques seront menées lors d’une collaboration avec les scientifiques Hiroshi Ishiguro à l’université de Osaka et Takashi Ikegami à l’Université de Tokyo. Reborn sera également incarné par la collaboration avec le danseur et acteur Mirai Moriyama. Cette résidence amènera l’artiste Justine Emard à expérimenter dans des espaces de rencontres entre différentes formes de vies et à réaliser plusieurs productions artistiques autour de l’idée de la renaissance dans la robotique et la technologie.
 
Photo : Image de repérage - Labo de Yoshihiro Nakata, Ishiguro Lab, Osaka university, Japon, 2016 © Justine Emard 

 
Métiers d’art / Exotique ou Indigène, Liban
 
Avec son projet Exotique ou Indigène, Soraya Ghezelbash tentera d’explorer les cheminements multiples de l’intégration des plantes dans les paysages et les cultures et plus spécifiquement sur le territoire du mont Liban. Le projet suit les mouvements et migrations du patrimoine floral à travers le média de l’impression textile. La tradition textile, millénaire au Liban, souffre actuellement de mutations profondes. Travailler sur un média aussi fragile que son contexte, permet de traduire le paysage de cette société contradictoire et résiliante. Le projet a le double objectif d’explorer des nouveaux médiums de représentation botanique mais aussi de lire dans le patrimoine botanique les mouvements migratoires dont le bassin méditerranéen est témoin.
 
Photo : Plantes endémiques du Mont-Liban, sérigraphie, 2015 © Soraya Ghezelbach

 
Arts de la rue, nouveau cirque, marionnettes / Pinocchio, Mongolie
 
Il s’agit pour Alice Laloy de mener une recherche plastique et photographique qui dialogue avec le trouble qu’induit la marionnette réaliste, en parallèle de son travail d’écriture scénique. En plus de constituer une collection à part entière, Pinocchio est lié à la création d’un futur spectacle. La résidence Hors les murs correspond au désir d'Alice Laloy de faire évoluer cette recherche, de la décontextualiser, de la confronter à un autre point de vue, pour la pousser plus loin. En Mongolie, la contorsion est un art traditionnel qui explore une relation singulière avec le corps humain et ses limites. L’enfance est au cœur de ce processus. Le souhait est d’aller à la rencontre d’enfants apprentis contorsionnistes mongols.
 
Photo : Pinocchio © Alice Laloy

 
Arts visuels / Tropicalize Me !, Brésil, Mexique, Colombie, Guatemala, Pérou
 
Débuté en 2010 en Colombie et en développement constant en Amérique Latine depuis Mexico en 2014, le projet Tropicalize me ! consiste en une série de demandes (tasks) que l'artiste fait à différentes personnalités latino-américaines venant du monde de l’Art (artistes, curateurs, critiques, etc) afin de leur donner différentes tâches, actions ou expérimentations à faire afin de se « tropicaliser ». Traitant du fantasme de l’exotisme et surlignant sa nature discontinue, le projet joint des pratiques conceptuelles avec des ressources in situ culturelles, naturelles, politiques, historiques, économiques… 
Les prochaines étapes du projet impliquent notamment des séjours au Brésil et dans la jungle mexicaine. De nombreuses autres tâches proposées par de nouveaux artistes et curateurs de la zone latino-américaine restent à venir.
 
Photo : Tropical Readymade, 2011, Chariot de vendeur de rue, Courtesy Matthieu Laurette - www.laurette.net © Matthieu Laurette - ADAGP, Paris 2016

 
Arts visuels - photographie / Retour aux Grec(que)s, Grèce
 
Vassilis Vassilikos, l’auteur du roman Z, dont le film fut tiré en 1969, a subjugué la conscience politique d’adolescent d'Olivier Menanteau avant de devenir le temps d’une journée, en 1994, un compagnon dont le souvenir ne l’a pas quitté. Alexis Tsipras lui est apparu en mai 2015 à Berlin bondissant de sa voiture officielle au mépris du protocole pour saluer les Grecs qui se pressaient sur son passage. Le scénario du projet concernant Vassilis Vassilikos commencera par une visite du port de Thessalonique. La rencontre avec Alexis Tsipras prendra comme départ la série de consultations publiques et nationales que va lancer Siryza, en vue d’un changement constitutionnel en 2017. C’est entre ces deux figures à l’enthousiasme lumineux qu’Olivier Menanteau souhaite construire ce projet poético-politique de photographies et de films.
 
Photo : Assemblée Nationale, Paris, 20 novembre 2015. Prolongation de l'application de la loi n°55-385 relative à l'état d'urgence © Olivier Menanteau-Galerie Anne Barrault

 
Danse performance AS / Ce n’est pas une chorégraphie, Iran
 
Certains rites sociaux, cérémonies ou événements sportifs comportent des éléments physiques spécifiques dans leur déroulement. Pour quelques-uns d'entre eux, on peut facilement trouver des motifs et des qualités chorégraphiques, en dépit de ce qu'ils peuvent produire. Ali Moini en a choisi certains, pratiqués en Iran, dans les différentes villes qui ont retenu son attention. Il s’est intéressé à des tapissiers qui travaillent en groupe, à la technique du feutrage à l’eau (Namad), aux Zoorkhanehs (forme d’art martial iranien qui combine des éléments de la guerre, de l'islam, de la prouesse, du gnosticisme et des anciennes croyances perses), à la lutte ou encore à certains rituels religieux comme Zanjir Zani et Sine Zani (cérémonies religieuses du XVe siècle, rituels chiites).
 
Photo : Man Anam Ke Rostam Bovad Pahlavan, création 2016 © Ali Moini

 
Arts visuels / Los Angeles Time, États-Unis
 
Les temps de Los Angeles est un journal photographique où la préhistoire, l’histoire et les temps morts de la « cité des anges » viendront s’entremêler dans les pages de ce quotidien fictif, comme un négatif du journal éponyme. On y verra pêle-mêle des voitures dont les moteurs à explosions brûlent des énergies fossiles, des émeutes qui réapparaissent tous les trente ans, des indiens d’Amériques qui manifestent à Downtown au rythme des décalages horaires avec pour horizon le désert et deux somnifères.
 
Photo : Tehran-Geles, Los Angeles Time, 2014 © Arash Nassiri
Arts visuels / « Asentamientos », Colombie
 
Projet de recherche socio-artistique, Asentamientos se déploiera dans différents quartiers sensibles de la Colombie, avec pour ambition une compilation plastique de ces habitations auto-construites et des éléments architecturaux, fondée sur leurs qualités esthétiques et leurs interactions avec l’environnement topographique et social. L’un des buts de l'artiste plasticien Daniel Otero est de révéler ces constructions à travers un autre regard, de leur donner un nouveau statut. Il s'agira de mener un processus de création à l’inverse de celui de la planification architecturale. Cette analyse des diverses structures se fera aussi à travers l’échange. La recherche sera documentée au moyen de l’écriture, de photographies, d’enregistrements sonores, de dessins et par la réalisation de textes et de plans in situ.
 
Photo : De l’autre coté, 2011-2015, mixed media
, 33 x 128 x 28cm © Daniel Otero

 
Prospectives architecturales et urbaines / Évidence, subjugation, Japon
 
Partir à la rencontre d’architectures domestiques du Japon de l’envers, en faire l’expérience et en produire le récit : le projet Évidence, subjugation actualise les conditions de découverte de la spatialité japonaise que Bruno Taut a faite dans les années 30 et qu’il consignera dans La maison japonaise et ses habitants. L’arpentage des territoires ruraux et périurbains contemporains suivra le front des érables, fait climatique et symbolique, afin de saisir la manière dont les « habitudes de vie » et les architectures « du quotidien » qui les accompagnent répondent à la succession des saisons. Du Nord au Sud de la côte Ouest de l’île de Honshū, l’objectif est de traduire par le récit les ressorts qui organisent la relation des habitants à leur milieu de vie.
 
Photo : Église du Laus, Projet architectural et paysager, 2012 © Antoine Petitjean

 
Arts visuels / From New York, with Love, États-Unis
 
Dans la poursuite de ses travaux sur les dioramas, Pierre Seinturier souhaite produire une série de photographies qui prendraient place dans les décors naturels de la ville de New-York. Grâce à la prise de vue photographique, l’impression optique de distance et la différence des plans dans l’espace est annulée. On se retrouve avec une image en deux dimensions. L'artiste a pour ambition de créer des scènes narratives en insérant dans les décors de la ville des personnages peints et découpés sur carton. En intégrant des éléments perturbants dans ses scènes, que ce soit dans l’aspect et le rendu des personnages ou des accessoires, Pierre Seinturier donnera ainsi au spectateur des indices du trucage.
 
Photo : First pull up, then pull down - 195 x 130 cm - 2015 © A. Morin

 
Théâtre / Mille et une, Italie, Grèce, Liban
 
Ils sont désignés sous le nom de primo arrivants, demandeurs d’asile ou réfugiés. Gurshad Shaheman se propose d’aller à leur rencontre, dans les camps aux portes de l’Europe puis à l’intérieur des terres. Au sein de cette population marginalisée, il existe une autre marge constituée par les artistes et les personnes LGBT. Ce sont ces voix-là que l'artiste voudrait tout particulièrement faire entendre. Ces deux catégories ont pour terrain d’expression la nuit. Les entretiens auront lieu autour de récits nocturnes, la dernière nuit avant le départ, la première nuit à l’arrivée et les nuits qui ont marqué la traversée. Il s’appliquera à les enchevêtrer et les tisser ensemble pour composer un recueil des Mille et une nuits contemporain. L’expérience donnera lieu à une installation sonore suivie d’une performance live rassemblant quelques-uns des protagonistes dont le témoignage a servi de base à l’écriture du texte.
 
Photo : TouchMe © Gurshad Shaheman

 
Arts visuels - photographie / Histoires parallèles, Allemagne, Royaume-Uni
 
Le projet Histoires parallèles consiste à étudier des fonds d’archives iconographiques constituées pendant la guerre froide. Il s’agit, dans un premier temps, de faire état de ces images pas ou peu connues. Celles-ci retracent plus de 40 années de documentation de l’environnement quotidien des deux Allemagnes, au moment où l’image du territoire adverse demeurait secrète. Au-delà de l’image d’archive et de son iconographie, l’intérêt se porte également sur le contenant de ces images, l’étude des méthodes d’archivage et de classification qui découvre notre rapport à l’histoire. Le projet de Marie Sommer donnera lieu à des recherches, essentiellement en Allemagne et au Royaume-Uni, sur le médium photographique comme outil de surveillance et de contrôle.
 
Photo : Teufelsberg, 2009 © Marie Sommer

 
Théâtre / Le complot : projet K. Dick, États-Unis
 
Après avoir créé en 2016 au TnBA, au Théâtre de la Bastille et à La Comédie de Valence, J’ai dans mon cœur un General Motors qui met en perspective l'histoire du label Motown à Détroit, du fordisme et du Black Panther Party, Julien Villa, accompagné de Vincent Arot, commencent l'écriture d’une nouvelle pièce traitant de la théorie du complot à travers la vie et l’œuvre de l’écrivain américain de Science-Fiction Philip K.Dick. Dans un contexte de chasse aux sorcières, de drogues et de révolution sexuelle, K.Dick créa une œuvre prolifique dont la paranoïa géniale narre des mondes à venir : une œuvre "visionnaire". C'est pour réunir les matériaux nécessaires à cette création que J.Villa et V.Arot souhaitent aujourd'hui effectuer une résidence aux Etats-Unis.
 
Photo : J'ai dans mon coeur un General Motors, Création TnBA, mars 2016 © Frédéric Desmesure
 
Voir aussi :
 

Photo : Man Anam Ke Rostam Bovad Pahlavan, creation 2016 © Ali Moini, lauréat du programme Hors les murs de recherche et de création 2017 en "Danse, performance, arts de la scène".