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Lauréats Hors les murs Stendhal 2017 : 12 auteurs à suivre !

Découvrez les 12 auteurs qui bénéficieront en 2017 du programme Hors les murs Stendhal pour leur projet d'écriture à l'étranger.
Le programme Hors les murs Stendhal (anciennement Missions Stendhal) soutient des auteurs français ou résidant en France qui présentent un projet d'écriture à l'étranger d'une durée d'un mois au moins.
 


 
Marion DE DOMINICIS (Algérie)
 
Son projet
Séjourner en Algérie pour écouter, susciter, noter des récits de vie sur l’exil, le déracinement, le plurilinguisme, l’interculturalité, mettre en lien la grande histoire et l’histoire microscopique des personnes rencontrées.
Marion de Dominicis souhaite s’immerger dans cette « dialectique des contraires », à la fois linguistique (dans le rapport paradoxal à la langue française, à l’arabisation), et socio-culturelle (liée à la non-mixité, à l’importance de l’oralité et la passion pour la littérature). Et transposer ces complexités motrices, celles entre autres de sa biographie divisée entre ex-URSS et Etats-Unis, les transposer d’un quart de tour, du « rideau de fer » à la Méditerranée, harmoniser par la fiction ces ruptures.
 
Marion De Dominicis enseigne le russe dans le Sud de la France et anime des ateliers d'écriture en France auprès d'enfants migrants et en Kabylie. Elle a publié de nombreux articles dans des revues ainsi que des nouvelles et fictions depuis 1997.
 
© Photo : Marion de Dominicis
 

 
Niels LABUZAN (Botswana)
 
Son projet
En mars 2015 s’est tenue à Kasane, au Botswana, une conférence internationale sur le braconnage. Cet événement constitue le point de départ du projet d'écriture de Niels Labuzan. Aujourd’hui, le braconnage – principalement le trafic d’ivoire d'éléphants et de cornes de rhinocéros – génère des milliards de dollars et finance les guerres menées par des groupes terroristes (Al-Shabaab, Janjawid…). C’est un marché gigantesque ayant pour premier client la Chine, qui, par ailleurs, investit massivement en Afrique. Le Botswana, qui a pris des mesures radicales pour endiguer le braconnage, est devenu un sanctuaire pour ces animaux. Niels Labuzan aimerait raconter ce qui a lieu sur ces terres à travers une fiction retraçant une opération de déplacement d’éléphants du Zimbabwe au Botswana.

 
Niels LABUZAN est titulaire d’un master de Lettres Modernes Appliquées à l'université Paris-Sorbonne et journaliste indépendant. Il a publié son premier ouvrage chez JC Lattès en 2016, Cartographie de l’oubli.
 

 
Salim BACHI (Cuba)
 
Son projet
Salim Bachi partira à La Havane sur les traces d’Alejo Carpentier, de José Lezama Lima, l’écrivain fabuleux de Paradiso, et aussi, plus proche de nous, plus réaliste aussi, de l’auteur de La Trilogie sale de La Havane, Juan Pedro Gutierrez. En compagnie de ces écrivains du passé et du présent, l'auteur évoquera ainsi, à travers un récit à la fois réaliste et fantastique, la ville mythique de La Havane : continent littéraire mais aussi ville réelle, vivante, qui subit une mutation importante après l’ouverture de Cuba et la réconciliation avec les États-Unis qui sera peut-être remise en question par les dernières élections américaines. Salim Bachi veut relater, grâce à ce séjour à Cuba, les changements à l’œuvre sur l’île et l’état d’esprit des Cubains, jeunes et vieux, de toutes conditions : leurs attentes, leurs rêves, leurs espoirs et aussi leurs déconvenues, la difficulté qu’il y a à vivre dans un État anciennement porteur d’une espérance à présent déçue.
 
Salim Bachi est né à Alger et a fait des études de lettres à Paris où il vit et travaille. Il a publié de nombreux ouvrages depuis 2001, notamment chez Gallimard, et a reçu de nombreux prix littéraires.
 
© Photo : Catherine Hélie / Gallimard
 

 
Marion GUENARD (Égypte)
 
Son projet
Rhizomes d'une révolution est un projet de roman initiatique, écrit à la première personne et basé sur les expériences de Marion Guenard, comme jeune journaliste en Égypte, avant puis après la révolution qui a secoué le pays en janvier 2011. Les grands événements qui ont jalonné l'histoire récente du pays depuis la chute d'Hosni Moubarak sont la toile de fond de son récit. Dans ce décor, l’auteur retrace au gré de ses souvenirs la trajectoire de huit personnages principaux, qu’elle a eu la chance de rencontrer au tout début du soulèvement et de suivre jusqu'à aujourd'hui. Au fil de son récit, elle explore les questions de la mémoire, de cette distance qui s'installe entre les souvenirs individuels et collectifs, du deuil et de la nécessité de rester vivant, avec en tête cette question : jusqu’à quel point une expérience collective comme celle-ci transforme-t-elle intimement les êtres ?
 
Marion Guenard est journaliste, reporter et scénariste pour des médias, revues et web magazine français et étrangers. Ancienne correspondante en Égypte pour Le Monde et membre de l'équipe des scénaristes d'Anarchy, elle a publié son premier roman en 2015, « Anarchy, ils ont écrit la France du chaos », éditions Les Petits Matins.
 

 
Fanny CHIARELLO (États-Unis)
 
Son projet
Fanny Chiarello souhaite écrire un roman dont Meredith Monk, compositrice et chorégraphe américaine, serait le personnage principal. Il ne s'agirait pas d'une biographie mais plutôt d'une promenade en sa compagnie, qui esquisserait en filigrane un portrait intimiste d'elle en tant qu'artiste mais aussi en tant que femme – il y serait notamment question de son âge (elle aura bientôt soixante-quinze ans et reste très active sur la scène artistique internationale), de ses pratiques bouddhistes et de la communauté d'artistes qui l'entoure. Fanny Chiarello s'appuiera, dans la forme, sur la philosophie développée par Clément Rosset, dite "Idiotie du réel", dont elle estime que l'œuvre de Meredith Monk est une excellente illustration.
 
Fanny Chiarello est une romancière française. Elle a fait des études de lettres modernes à Lille et se lance dans l’écriture de romans, nouvelles, poèmes et livres pour la jeunesse. Elle est publié par un éditeur lillois, Page à Page, les éditions de l’Olivier et l’École des Loisirs.
 
© Photo : Claire Fasulo
 

 
Nicolas Richard (États-Unis)
 
Son projet
Traducteur des deux derniers romans de Thomas Pynchon (Vice caché et Fonds perdus), Nicolas Richard décide de mener une contre-enquête sur la singulière « disparition » du lauréat (en 1974) du National Book Award, considéré comme un invisible, un reclus, que personne ne connaît, et dont, depuis plus de cinquante ans, on ne sait rien. Il ne s’agit pas de bâtir une biographie, mais de s’intéresser à la manière dont un personnage public parvient à disparaître en plein jour. Pour cela, Nicolas Richard se rendra à la bibliothèque de l’université de Huntington à San Remo, en Californie, où sont archivés plus de 2500 documents susceptibles de l'éclairer. Il prévoit également de rencontrer et interroger deux spécialistes, l’un basé à Oakland, l’autre à Los Angeles, en Californie, ayant passé une bonne partie de leur vie à s'interroger sur le mystère Pynchon.
 
Nicolas Richard est auteur et traducteur diplômé de l’École de Commerce de Lyon. vIl a traduit une cinquantaine d’auteurs de l’anglais vers le français et publié 3 ouvrages depuis 2002.
 
© Photo : Julie Bonnie
 

 
Gaspard MARIE-JANVIER (Israël)
 
Son projet
« Le personnage principal de ce roman est le Jésus d’avant les Évangiles, un homme dont on ne sait à peu près rien avant qu’il ne déclare "son heure venue". Il s’agit pour moi d’écrire dans ce trou des Évangiles qu’est la rencontre avec le diable dans le désert, passage dont personne n’a pu être témoin et qui relève du merveilleux. Le pari est d’inventer l’intrigue réelle dont ces récits de tentation seraient l’allégorie. L'originalité du projet tient à ce qu'il évite le biopic grâce à un principe d’écriture tiré de la Bible elle-même. Imaginer un parcours d’existence possible pour l'homme qui acquiert peu à peu la certitude qu'il est le fils de Dieu, tel est donc l’âme de ce dessein requérant une bonne connaissance du substrat historique et géographique proche-oriental. »
 
Gaspard-Marie Janvier a publié plusieurs romans chez Fayard, dont le Dernier dimanche, Quel Trésor ! et La Trace du fils.  Il organise sa vie pour écrire à l’abri sur la côte normande.
 
© Photo : Barra
 

 
Mathilde RAMADIER (Norvège)
 
Son projet
Mathilde Ramadier souhaite écrire un essai libre sur un philosophe norvégien, Arne Næss (1912-2009), penseur de l'écologie profonde, mouvement créé dans les années 70, qui fut très populaire en Scandinavie ainsi qu'aux États-Unis mais reste hélas peu connu en France. L'objectif
est de contribuer à faire connaître sa pensée, qui a tout à fait sa place dans le vaste débat actuel sur l'écologie, marqué par le pessimisme et l'urgence. Le livre prendra la forme d’un guide philosophique mêlant éléments biographiques et réflexions actuelles sur des modes de vie plus écologiques s’inspirant de ce grand philosophe qui a réussi, en 97 ans d'existence, à rester un penseur libre, trouvant l'inspiration en montagne grâce à la vie dans une cabane en altitude et à la pratique de l'alpinisme. Toute sa vie, Arne Næss enjoignit d'ailleurs ses étudiants, ses lecteurs et ses amis à "fouler la terre avec légèreté" et à "penser comme une montagne".
 
Mathilde Ramadier est auteure, scénariste et traductrice. A étudié à l’École Normale Supérieure et l’EHESS et est titulaire d’un master 2 de philosophie. Auteure de 3 romans graphiques publiés chez Futuropolis et Dargaud.
 
© Photo : Florian Sarges
 

 
Gwen LE GAC (Argentine)
 
Son projet
A Buenos Aires, il y a quelques années, Gwen Le Gac a découvert par hasard le travail artisanal du peuple Chané, qui vit en retrait du monde civilisé et fabrique, pour un carnaval appelé « Pim Pim », des masque en bois. 
Férue d’Arts populaires, elle a ramené une petite collection de ces masques singuliers d’animaux qui nourrissent son imaginaire.
Petite, en Bretagne, Gwen Le Cas assistait au « sacrifice » de Sant al Lard ». Elle en a gardé des émotions extrêmes, des images comme dans des tableaux de Bruegel, Bosch ou Goya. Se sentant un peu sauvage dans la civilisation urbaine, avec l'impression de porter parfois un « masque social », l'auteur a ressenti un vif désir de faire cette expérience de vie avec les Chanés pour puiser la matière d’un projet de livre autour du rituel masqué.
 
Gwen Le Gac est née en Bretagne. Elle vit et travaille en Seine Saint Denis. Après des études en Arts Plastiques Histoire de l’Art et Arts Décoratifs, elle navigue aujourd’hui dans l’univers de la création et cherche une autre manière de faire l’histoire. Auteure de nombreux ouvrages jeunesse au Seuil, aux éditions Thierry Magnier et à l’École des Loisirs.
 
© Photo : Maï Jarach
 

 
Yasmine KHLAT (Liban)
 
Son projet
Lila, femme dans la cinquantaine vivant à Paris, est victime de troubles obsessionnels compulsifs qui l’obligent à vérifier avant de sortir de chez elle, plusieurs fois de suite, que les robinets 
sont bien fermés. Elle évite même parfois de sortir de peur d’une inondation si l’un des robinets n’était pas bien fermé. Cela restreint sa vie sociale et même sa vie amoureuse qui est nulle car elle est quasi cloîtrée. Face à ce trouble invalidant, elle va essayer par l’écriture de s’interroger sur ce qu’évoque pour elle l’eau. Elle va ainsi retrouver dans son récit les lieux de son enfance, l’océan au Libéria et surtout les averses du Liban où elle a grandi et vécu une partie de la guerre. Au fur et à mesure de son récit les silhouettes de ses frères, Nino et Pierre, se précisent et l’accompagnent dans sa quête de sens.
 
Yasmine Khlat est née au Liban. Elle entame une carrière cinématographique avant de se consacrer à l’écriture. Son quatrième roman Vous me direz au crépuscule vient de paraître aux éditions de la Revue Phénicienne après trois romans parus aux éditions du Seuil.
 
© Photo : Alfred
 

 
Emmanuel RUBEN (Bulgarie/Roumanie/Ukraine)
 
Son projet
Écrire une remontée du Danube à vélo, depuis son delta dans la Mer Noire jusqu'à sa source dans la Forêt-Noire. À l'heure de la fermeture des frontières intracommunautaires et de la « crise des migrants », le projet d'Emmanuel Ruben sera un geste politique : remonter le limes de l’Empire à contre-courant, caresser l’idée européenne à rebrousse-poil, de la périphérie vers le centre, et rééquilibrer la part des Balkans, réduite à la portion congrue dans Danube, le livre célèbre de Claudio Magris. Mais ce sera aussi un geste poétique : écrire dans le sillage d’Elisée Reclus une « histoire de l’infini » grâce au vélo, véhicule idéal pour suivre le fleuve « au pixel près », moyen physique d’éprouver le tourbillon de la nature.
 
Emmanuel Ruben, ancien élève de l’École Normale Supérieure de Lyon, est agrégé de géographie. Il a enseigné l’histoire et la géographie en France et à l’étranger. Il publie son premier ouvrage en 2010 et en a publié 5 autres depuis.
 
© Photo : Tina Merando / Payot & Rivages
 

 
Cédric GRAS (Albanie/Kosovo/Serbie)
 
Son projet
Transcender trois pays des Balkans (Albanie, Kosovo, Serbie) dans le cadre d'un essai sur le voyage comme lecture du monde. Les Balkans forment les confins d'une Europe questionnée aujourd'hui sur ses frontières et confrontée au défi des migrants. A cela s'ajoute le spectre d'une Yougoslavie éclatée, la marque des guerres et des inimitiés des peuples. Concentré géographique, historique ou confessionnel, les Balkans sont un haut-lieu pour le voyageur érudit, adepte du « sâlé » des intrigues de l'humanité contre le « sucré » des plages de cocotier. Le projet d'écriture de Cédric Gras se propose de plonger dans un microcosme en mosaïque pour se faire certes témoin, mais aussi pour mieux extrapoler sur l'idée de la route et du devisement du monde.
 
Cédric Gras est écrivain voyageur et reporter. Il est diplômé d’un master 2 de géographie humaine. Il a créé et dirigé les Alliances Françaises de Vladivostok (Russie), de Kharkov, d’Odessa et Donetsk (Ukraine). Il collabore à des journaux et magazines : GEO, Figaro, Le Monde diplomatique, Long Cours, Grands Reportages etc. Depuis 2011, il a publié 5 ouvrages aux éditions Phébus et Stock.
 
© Photo : Cédric Chassaing-Cuvillier
 

 
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