Dialogues européens à Bruxelles (Belgique) : 21 au 23 mai 2025

Jusqu’où l’Europe peut-elle aller ? Regards et aspirations de jeunes citoyens européens 

Organisée en mai 2025, l'édition bruxelloise des Dialogues européens place la jeunesse européenne et ses aspirations au cœur des débats, dans le double contexte des bouleversements provoqués en Europe par l'invasion totale de l'Ukraine par la Russie en février 2022 et des perspectives d'élargissement de l'Union européenne à des régions autrefois déchirées par la guerre.

En partenariat avec l’Université Paris 8, Sciences Po Rennes et l’Université de Reims Champagne Ardenne, des étudiants français, belges ainsi que d’autres pays membres de l’UE et des Balkans occidentaux ont l'occasion de partager leur expérience et leur compréhension de l'Union européenne, de son importance pour la paix, et d'explorer la valeur des symboles pour l'Europe. 

Ils partagent également leurs points de vue sur l'histoire récente de « leur » Europe, en particulier sur l'intrusion de la guerre après de longues décennies de paix. À Bruxelles, siège du pouvoir européen, ces jeunes s'interrogent sur l'activisme social en temps de guerre, en s'adressant directement aux décideurs et aux représentants des organisations de la société civile. Ils partagent leurs points de vue sur un éventuel élargissement de l'UE et sur l'avenir d'une Union pacifique, sûre et résiliente.

Les tables rondes explorent :

  • la diversité des expériences européennes et leur réalité vécue depuis le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine ;
  • les sentiments et les symboles de la solidarité européenne en temps de guerre et de crise et l'importance de l'engagement civique ;
  • la capacité de l'Union européenne et de ses institutions à répondre efficacement aux demandes locales ou régionales des jeunes, du point de vue d'un citoyen de l'U.E. et d'un non citoyen de l'U.E., dans le contexte des changements politiques et financiers sans précédent déclenchés par la guerre. 

22 mai : Maison de l’Histoire Européenne 

Mémoires et symboles européens

  • 9h30-12h30 : Atelier « Notre déclaration pour l’Europe de demain » et visite de l’exposition « Presence of the Past »

40 jeunes participeront à cette étape des Dialogues européens. Ils viennent d’universités françaises, belges et européennes. Une douzaine de jeunes engagés originaires des pays des Balkans seront également présents. 

Ce groupe participera à des ateliers fermés au public le 22 mai en journée. 

Ils pourront participer à la production de visuels qui seront exposés dans la Maison de l’Histoire Européenne, produire des contenus pour les réseaux sociaux de l’Institut français, réaliser des interviews pour le site de l’Institut français ou encore préparer des interventions pour les tables-rondes qui auront lieu le soir-même.  

  • 18h15-19h45 :  « Les politiques européennes de la mémoire : quelle voie d’avenir ? »

L’exposition de la Maison de l’Histoire Européenne « Présence du passé. Un album européen » se tient à un moment charnière pour l’Union européenne (UE), le continent européen et le monde. Au cours des dernières décennies, institutions européennes, gouvernements, ONG, institutions culturelles et citoyens ont utilisé l’évocation du passé et la transmission de la mémoire comme un outil majeur de démocratisation et de pacification des sociétés, dans l’espoir de promouvoir la tolérance, l’inclusion et l’égalité.

Prenant acte de cette évolution, le Parlement européen a adopté le 19 septembre 2019 une résolution affirmant « l’importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe ». Cependant, ces dernières années, la montée du populisme, des partis d’extrême droite et des crimes de haine a conduit à une remise en question des politiques mémorielles menées jusque-là, et une nouvelle approche est apparue nécessaire. Le 17 janvier 2024, le Parlement européen a adopté une résolution sur la « conscience historique européenne ». Tout en réaffirmant « l’idéal d’une culture de la mémoire et d’une conscience historique fondée sur des valeurs et pratiques européennes partagées », il a souligné « la nécessité d’une évaluation honnête des politiques du passé de l’UE ». Il nous invite à penser différemment ces questions et à interroger le lien central entre valeurs et mémoire.

Que pensent les citoyens européens de la « culture de la mémoire » européenne ? Comment se positionnent-ils face aux politiques publiques en la matière ? Comment dresser le bilan de cette promotion européenne des valeurs par la mémoire ?

Intervenants : Sarah Gensburger, sociologue française, directrice de recherche au CNRS et à Sciences Po Paris, spécialiste des politiques de la mémoire ; Philippe Perchoc, politologue français, directeur de l’Institut de recherche de l’École Militaire – Europe ; Inga Yakymenko, fondatrice de l’Ukrainian Cultural Space ; en dialogue avec des jeunes Européens. Modératrice : Simina Badica, conservatrice en chef de l'exposition « passé composé ». 

  • 20h-21h30 : « Quels symboles pour les jeunes et les générations futures de l’Europe ? » 

Jusqu’aux années 1990, l’Europe était incarnée par des sites historiques, des instituts mémoriels, des monuments et autres éléments patrimoniaux davantage consacrés comme symboles européens par les institutions que par les peuples. Ces symboles, prenant souvent leurs racines dans l’expérience de la guerre et issus d’efforts institutionnalisés, ont été le principal levier de la création d’un sentiment d’appartenance européenne pour des générations.

Parallèlement, en temps de paix, d’autres symboles plus populaires ont émergé hors du circuit institutionnel. A la faveur des élargissements successifs de l’UE et à la création de l’espace Schengen,  ces objets sont devenus de véritables symboles d’une culture européenne populaire et une promesse de paix et de compréhension mutuelle. Interrail (depuis 1972), le Corps européen de solidarité (depuis 1996), Erasmus (depuis 1987) ont permis des expériences transformatrices pour des générations d’Européens. L’Eurovision et la Ligue des champions rassemblent les Européens autour d’une expérience culturelle partagée. Par ces initiatives, les relations interpersonnelles se tissent, comblant les divisions historiques.

Que reste-t-il alors des symboles institutionnalisés d’origine ? Dans quelle mesure les nouvelles générations se les sont-elles appropriés ?

Intervenants : François Foret, professeur de science politique à l’ULB, président de l'Institut d'études européennes et chercheur au Cevipol ; Pierre Dorac, co-scénariste de la série Parlement ; Constanze Itzel, directrice de la Maison de l'histoire européenne à Bruxelles ; en dialogue avec de jeunes Européens. Modérateur : Mehdi Khelfat, journaliste. 

23 mai – Maison de l’Histoire Européenne en journée / Bozar

En temps de guerre, quel engagement pour quelle Europe ? 

L’Europe fait face à d’importants enjeux humanitaires déclenchés par les guerres sur le continent et au-delà. Des jeunes engagés, issus de la société civile, animés par leur sentiment d’appartenance européenne, s’engagent sur le terrain et assument des responsabilités croissantes. Ils aident leur communauté localement et poussent les autorités européennes à agir. La guerre sur le continent, la perspective de l’élargissement européen et la nature du processus d’adhésion ont un impact profond sur l’engagement de ces activistes.

Pour les États candidats, il s’agit de savoir si l’adhésion à l’UE est un objectif souhaitable ; pour ceux ayant ouvert les négociations, il s’agit de transformer l’État et la société sur des sujets aussi variés que les droits humains, l’égalité des genres, les politiques environnementales et climatiques ou la migration.

  • Matinée : deux séquences fermées au public, à destination des jeunes participants. Ils échangeront avec Jermina Stanojev, experte auprès de la Commission européenne, qui leur expliquera comment porter un plaidoyer auprès des institutions européennes. Dans un second temps, ils suivront une formation à l’éloquence et à la rhétorique avec Sébastien Chonavey.
  • Après-midi : les jeunes participants rencontreront 4 activistes européens qui témoigneront de leur expérience. Dans un second temps, les jeunes seront divisés en 4 groupes et rédigeront six propositions concrètes pour l’avenir de l’Europe.  

Activistes :

  • Adelaïde Charlier, militante environnementale, figure du mouvement « Youth for Climate »
  • Sébastien Gobert, journaliste et auteur français basé en Ukraine depuis 2011, spécialiste de l’Ukraine et de la région de la mer Noire.
  • Achraf Manar, jeune leader engagé contre les inégalités et co-président et co-fondateur de l’association Destins liés, ambassadeur du collectif Different Leaders.
  • Alyssa Ahrabare, présidente de la Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes 

18h30-21h : « En temps de guerre, quels engagements de la jeunesse, pour quelle Europe ? »

De jeunes Européens engagés sur le terrain défendent leur vision pour l’avenir de l’Europe. Ils présenteront des propositions fortes avant d’en débattre avec des personnalités de haut niveau issues du monde académique et politique. 

En partenariat avec l’Université Paris 8, Sciences Po Rennes et l’Université de Reims Champagne Ardenne, des étudiants français, belges ainsi que d’autres pays membres de l’UE et des Balkans occidentaux ont pris part aux Dialogues européens à Bruxelles. A cette occasion, ils ont produit des articles sur l'évènement et ses participants.