Jeanne Berbinau Aubry, artiste de retour de résidence à la Villa Van Eyck
Publié le 28 juin 2023
L’artiste Jeanne Berbinau Aubry vient d’achever une résidence de huit mois à la Villa Van Eyck, où elle poursuit ses recherches sur la matière et la lumière. Située à Maastricht, la Villa Van Eyck est mise en oeuvre par l'Institut français des Pays-Bas et la Jan van Eyck Academie, avec le soutien de La Fabrique des résidences de l'Institut français.
Je m'intéresse aux matériaux, à leurs propriétés, à la façon dont on peut les détourner pour les emmener vers des alternatives parfois paradoxales.
Le visible et l’imperceptible
Née en 1989 à Nice, Jeanne Berbinau Aubry se forme à la Villa Arson, d’où elle sortira diplômée en 2015. Elle y parfait une pratique qui s’intéresse aux différents états de la matière, et aux illusions créées par différents phénomènes naturels : lumière, électricité, etc. Mêlant techniques traditionnelles et savoir-faire moderne, ses pièces déploient une dialectique entre le visible et l’invisible, à mi-chemin entre alchimie et réappropriation de différents rebuts de la modernité. En parallèle de sa participation à plusieurs expositions collectives, elle intègre l’artist-run space niçois La Station, tout en multipliant les résidences : à Kalga dans l’Himalaya (2015), à la Villa Médicis à Rome (2016), à la Cité Internationale des Arts à Paris (2019), à la Fondation Fiminco en 2020. Elle vient à présent d’achever un long séjour de recherche à la Jan van Eyck Academie, à Maastricht.
Les états de la matière
Pour sa première exposition personnelle, Il faut bien des failles pour laisser passer la lumière, Jeanne Berbinau Aubry exposait en 2022 différentes pièces qui témoignent de son travail autour des mutations et des permutations de la matière. Avec Liqueurs (2016), elle expose ainsi différents végétaux et insectes rassemblés pendant une résidence à la Villa Médicis. Placés dans des tubes à essai et plongés dans de l’alcool, ces natures mortes rendent compte d’un rapport sensible aux formes naturelles et à leur conservation. De la même manière, elle utilise la technique japonaise du kintsugi, qui permet de réparer les céramiques brisées au moyen de poudre d’or, pour rendre des assiettes de famille conductrices de lumière. « Chacune de ses œuvres », écrit Marianne Derrien à propos de son travail, « fabrique des résistances, alors même qu’un danger se fait encore ressentir pour nous rappeler qu’il faut se méfier des apparences ».
En sortie de résidence
Le travail de Jeanne Berbinau Aubry a été soutenu ces dernières années par de nombreuses structures, comme la Fondation Bernar Venet, l’Université Côte d’Azur, la Fondation Fiminco ou encore la Région Île-de-France. Elle ainsi multiplié les expositions, au Centre National d’Art Contemporain de la Villa Arson (Nice), au Point Commun (Annecy), à la galerie Doris Ghetta (Ortisei), à la Friche de la Belle de Mai (Marseille), mais aussi au Salon de Montrouge, à la galerie Bubenberg et à l’Espace Topographie de l’Art (Paris). En 2022 et 2023, elle est lauréate de la deuxième édition de la Villa van Eyck, où elle a pu bénéficier de différentes structures liées à la Van Eyck Academie, et notamment des laboratoires. L’occasion de poursuivre ses recherches plastiques, mais également d’aller à la rencontre de différentes personnalités au sein d’un groupe international et pluridisciplinaire.
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