Nathalie Muchamad en résidence à la Villa Van Eyck
Publié le 1 décembre 2025
Artiste plasticienne et vidéaste, Nathalie Muchamad interroge les héritages coloniaux et les circulations culturelles entre l’Europe, l’Asie et l’océan Indien à travers la vidéo, l’installation et la sérigraphie. En tant que lauréate de la Villa Van Eyck, un programme de résidence coordonné par l'Institut français des Pays, elle sera en résidencependant six mois au sein de la Jan van Eyck Academie à Maastricht.
Une artiste engagée
Née en 1976 à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, Nathalie Muchamad grandit entre les paysages du Pacifique et les récits invisibles des histoires coloniales liées à sa double ascendance javanaise et kanak. À l’âge de quatorze ans, elle arrive, avec sa famille, en France métropolitaine. Par la suite, elle réalise des études d’art, notamment à l'École Supérieure d’Art et de Design (ESAD) de Grenoble, après avoir passé une année à Londres avec une bourse pour Central St Martin's School of Art and Design. L’artiste se lance alors dans la vidéo, le dessin et la sérigraphie afin d’interroger la mémoire familiale, les dynamiques coloniales et la façon dont l’identité se construit dans un monde multipolaire.
Depuis 2013, Nathalie Muchamad multiplie les participations à des biennales, des expositions collectives ou encore des expositions individuelles, notamment au centre d’art Le Magasin des horizons ou dans le festival décolonial Nio Far. En 2017, elle participe à deux projets d’envergure : une résidence en Guadeloupe, suivie d’une installation vidéo exposée à la Biennale de Lyon, puis une résidence croisée avec deux artistes québécois pour la création de l’exposition “Le mystère du placard de verre”. Installée aujourd’hui à Mayotte, elle s’intéresse plus particulièrement à l’héritage de la conférence de Bandung et à la manière dont les récits minorisés peuvent être réactivés à travers l’art contemporain.
Une exploration des récits coloniaux et de leur héritage
Artiste résolument engagée, Nathalie Muchamad fait entendre les voix silencieuses de l’Histoire et propose, à travers des formes visuelles poétiques et documentaires, une réinvention des récits coloniaux et de leurs héritages présents. À travers la vidéo, l’installation, le dessin ou la sérigraphie, elle met en lumière les récits invisibles liés à sa double ascendance javanaise et kanak, et interroge les héritages du commerce colonial comme matrices de relations, de résistances et de métissages. Son œuvre, à la fois poétique et politique, révèle comment les objets, les mots et les gestes portent encore la mémoire des déplacements et des fractures de l’Histoire.
Dans ses recherches visuelles, Nathalie Muchamad s’attache à redonner voix aux silences et à recomposer les liens entre les territoires et les identités dispersées. Son approche s’inscrit dans une réflexion postcoloniale, mais aussi profondément sensible : elle transforme les matériaux d’archive en fragments vivants, entre récit personnel et mémoire collective. En revisitant la conférence de Bandung ou les routes maritimes de l’empire colonial, elle invente une esthétique de la réparation, où l’art devient un espace de dialogue entre les peuples et les temps. Son œuvre se lit ainsi comme une archéologie poétique des mondes métissés, où chaque image tente de réconcilier l’intime et le politique.
Une consécration à la Villa Van Eyck
En 2012, Nathalie Muchamad a reçu le Prix de la Ville de Grenoble pour l’Exposition de Noël, ce qui lance sa carrière d’artiste. Tout au long de sa carrière, elle participe à plusieurs projets à travers le monde comme la Biennale de Taipei en 2020, celles de Taïwan ou de Busan en 2024.
Nathalie Muchamad est lauréate de la Villa Van Eyck pour 2026. Il s’agit d’un programme de résidence coordonné par l’Institut français aux Pays-Bas qui accueille chaque année un artiste des territoires ultramarins français pendant six mois au sein de la Jan van Eyck Academie à Maastricht.
Dates clés
- 2013 : Nathalie Muchamad sort diplômée de l’École Supérieure d’Art et de Design (ESAD) de Grenoble.
- 2017 : Elle participe à deux projets d’envergure, une résidence en Guadeloupe et une résidence croisée avec deux artistes québécois.
- 2024 : Elle est invitée aux Biennales de Taïwan et de Busan.
- 2026 : Nathalie Muchamad est lauréate de la Villa Van Eyck.
La Villa Van Eyck
La Villa van Eyck est un programme de résidence coordonné par l’Institut français des Pays-Bas. Cette initiative a bénéficié du soutien du programme La Fabrique des résidences de l'Institut français, qui s'adresse à tous les postes du réseau culturel français à l'étranger avec pour objectif de les accompagner de la conception jusqu’à la mise en œuvre de nouveaux programmes de résidences.
Sur la même thématique
Accéder à l'Espace réseau
Créez votre compte ou connectez-vous pour découvrir les outils et offres personnalisés à destination des membres du réseau, et avoir toutes les informations sur les rencontres physiques ou en ligne.