Yto Barrada représentera la France à La Biennale di Venezia en 2026
Publié le 19 novembre 2024
À l’issue d’une commission de sélection organisée par l’Institut français, Yto Barrada a été désignée pour représenter la France à la 61e Exposition Internationale d’art – La Biennale di Venezia en 2026. Le choix de cette commission, présidée par Mme Claire Le Restif, directrice du Centre d'art contemporain d'Ivry – le Crédac, a été retenu par M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et Mme Rachida Dati, ministre de la Culture. L'artiste a choisi de confier le commissariat de son exposition à Myriam Ben Salah, directrice et commissaire en chef de la Renaissance Society à Chicago.
Le jury a choisi Yto Barrada « pour sa pratique multidisciplinaire qui fédère diverses communautés artistiques et sociales en quête d’une nouvelle utopie. Chercheuse iconoclaste, artiste totale et sans frontières, Yto Barrada réinvente la « sculpture sociale » à la lumière des pédagogies alternatives et transforme les canons du modernisme en un jardin pluriel. De Paris à Tanger, en passant par New-York, elle dessine une cartographie singulière qui recueille de nouvelles voix – invisibles, fragiles, historiques ou oubliées – à transmettre leurs récits. Autant de raisons qui ont mené le jury à inviter Yto Barrada à déployer ses mondes dans l’espace du Pavillon français et à les partager avec les publics de la Biennale de Venise. »
En savoir plus sur l’artiste
Née en 1971 à Paris, Yto Barrada est une artiste qui vit et travaille entre New York et Tanger. Elle a étudié l'histoire et les sciences politiques à la Sorbonne, puis la photographie à New York. Depuis 25 ans, elle déploie une pratique multidisciplinaire - installation, film, photographie, sculpture, textile et édition - par le biais de projets au long cours qui abordent des questions aussi diverses que la place du jeu dans les pédagogies alternatives, l’instrumentalisation de la botanique dans les politiques urbaines, le trafic international de fossiles de dinosaures, l’anthropologie coloniale, le panafricanisme ou les politiques culturelles durant la guerre froide.
Explorant simultanément faits culturels, processus naturels et récits historiques, les travaux de Yto Barrada portent une attention particulière à la transmission des savoir-faire locaux, à la circulation des formes esthétiques et aux stratégies de désobéissance sociale. Mettant en avant l'idée de communauté, de parenté artistique et de collaboration avec amis et famille, ils comportent souvent une relecture des avant-gardes artistiques modernistes.
Yto Barrada a co-fondé la Cinémathèque de Tanger en 2006. Elle a également créé The Mothership [le vaisseau-mère], centre de recherche et de résidence autour d’un jardin de plantes tinctoriales qu'elle cultive depuis dix ans. The Mothership est un lieu de rassemblement pour artistes, jardiniers et penseurs qui revendique une approche féministe, écologique et ludique de la création et de la transmission des savoirs.
Le travail d’Yto Barrada a fait l’objet d’expositions monographiques au Jeu de Paume, Paris (2006) ; à la Renaissance Society, Chicago (2011) ; à la Tate Modern, Londres (2011) ; au Walker Art Center, Minneapolis, (2013) ; au Carré d'Art, Nîmes (2015) ; au Barbican Centre, Londres (2018) ; au MASS MoCA North Adams, Massachusetts (2021) ; au Museum of Modern Art, New York (2021) ; au Stedelijk Museum, Amsterdam (2022) ; à la Kunsthalle Bielefeld, Allemagne (2023) ; à Césure – Plateau urbain dans le cadre du Festival d'Automne (2023) ; au MoMA PS1, New-York (2024), entre autres. Elle a également participé à de nombreuses biennales, dont celles de Venise (2007, 2011), Sharjah (2011), Istanbul (2013), Marrakech (2016), Gwangju (2018) et Whitney (2022).
Les oeuvres d’Yto Barrada font partie de collections publiques à travers le monde, notamment celles du Centre Pompidou (Paris), du MoMA (New-York), de la Tate Modern (Londres), de la Kunsthalle Basel, du Metropolitan Museum of Art (New York) du Reina Sofia (Madrid), du Mathaf (Doha) et du Mumok (Vienne), entre autres.
Parmi ses distinctions, l’artiste a été désignée Artiste de l'année par le Deutsche Guggenheim en 2011. Elle a également bénéficié de la bourse de recherche du Peabody Museum (Harvard University) en 2013-2014, de la Soros Arts Fellowship en 2023 et reçu de nombreux prix, dont le Abraaj Group Art Prize en 2015, le Roy R. Neuberger Prize en 2019, le Mario Merz Prize et le Queen Sonja Print Award en 2022.
Elle est représentée par la galerie Polaris (Paris), Sfeir-Semler Gallery (Beyrouth, Hambourg) et Pace Gallery (New York, Londres, Séoul, Hong Kong, Genève, Los Angeles, Tokyo).
Myriam Ben Salah, commissaire de l'exposition
Yto Barrada a choisi Myriam Ben Salah pour assurer le commissariat de son exposition. Yto Barrada explique ainsi les raisons de ce choix : « Je suis heureuse que Myriam Ben Salah ait accepté d'être la commissaire du Pavillon français pour la Biennale de Venise 2026 car c’est une voix singulière qui m’inspire depuis de nombreuses années. De ses premières expériences au Palais de Tokyo et à la tête du magazine Kaleidoscope, à la co-organisation de la biennale Made in L.A., jusqu’à la direction de la Renaissance Society à Chicago, elle a su défendre avec constance des artistes de différentes générations, tout en inscrivant des propositions audacieuses dans des contextes concrets. Les artistes la considèrent comme une alliée de confiance ; les institutions s’appuient sur elle pour porter des expositions engagées et exigeantes. Son travail de commissaire, ses textes et ses prises de parole publiques témoignent d’une pensée profondément tournée vers les artistes, ancrée dans la rigueur et l’intégrité ».
Myriam Ben Salah est une commissaire d’exposition franco-tunisienne. Elle a vécu et travaillé à Paris de 2003 à 2020. Depuis 2020, elle est directrice et commissaire en chef de la Renaissance Society à Chicago, où elle a notamment organisé les expositions personnelles d’Alex Ayed, Neïl Beloufa, Meriem Bennani, Aria Dean, Dala Nasser, Diane Severin Nguyen, Lydia Ourahmane, Jordan Strafer et Wakaliga Uganda. En 2020, elle a co-organisé la biennale Made in L.A. au Hammer Museum de Los Angeles.
Auparavant, elle a été rédactrice en chef du magazine Kaleidoscope (2016–2020) et chargée de projets spéciaux ainsi que de programmation culturelle au Palais de Tokyo à Paris (2009–2016). En 2018, elle a été la commissaire invitée de la 10e édition de l'Abraaj Group Art Prize à Dubaï où elle a collaboré avec l’artiste Lawrence Abu Hamdan. Elle siège au comité scientifique du MUDAM (Luxembourg) ainsi qu’au comité de production et d’acquisition de la Hartwig Art Production / Collection Fund.
« C’est un privilège de collaborer avec Yto. Son regard poétique et incisif remet en cause tout ce que l’on tient trop souvent pour acquis en matière de géographies, de canons artistiques et de perspectives historiques. Elle est une source intarissable de micro-histoires, qu’elle aborde avec une précision désarmante. Sa générosité intellectuelle se déploie dans les nombreuses initiatives qu’elle a lancées en parallèle de sa pratique — de la Cinémathèque de Tanger à un jardin de teintures, en passant par la mise en lumière des archives de l’artiste Bettina. Je suis convaincue que ce Pavillon transformera notre approche de la culture. Nos trajectoires présentent d’étonnantes similitudes : toutes deux issues de familles façonnées par l’histoire politique, les luttes syndicales et l’exil, entre l’Afrique du Nord, la France et, plus tard, les États-Unis. C’est ce point de vue commun qui nourrit aujourd’hui la convergence de nos visions. » Myriam Ben Salah, à propos de sa future collaboration avec Yto Barrada.
Le Pavillon français
Le Pavillon français à l’Exposition Internationale d’art – La Biennale di Venezia est mis en oeuvre par l’Institut français, sous l’égide du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et du ministère de la Culture. Pour sa 61ème édition, le Pavillon accueillera le projet d’Yto Barrada et le public dans un espace entièrement rénové après une année de travaux et une édition hors-les-murs de la Biennale d’architecture 2025. Ce projet de restauration, financé par la France, est piloté par la direction des immeubles et de la logistique (DIL) du ministère de l'Europe et des Affaires Étrangères via son service des travaux et bâtiments français en Italie (STBI) en coordination avec l’ambassade de France en Italie. Les travaux, qui débuteront en janvier 2025 et dureront 15 mois, visent à améliorer les performances énergétiques du bâtiment, à offrir un meilleur accueil aux visiteurs et à moderniser les installations existantes. Depuis décembre 2021, les études de ce projet sont confiées à l’architecte vénitienne Donata Cherido.
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