Stéphane Bissières, compositeur et artiste
Publié le 29 mars 2022
Compositeur, performeur et artiste, Stéphane Bissières travaille avec la matière sonore et les data au service d’un art génératif où la précision mathématique s’allie à la poésie.
Je m’intéresse à la représentation des données dans le monde réel pour rendre le virtuel tangible et procurer à l’observateur le sentiment d’être un témoin.
De l’improvisation à l’art génératif
Formé en mathématiques, Stéphane Bissières étudie en parallèle la guitare, la trompette et le piano, qui restent encore aujourd’hui l’un de ses moyens d’expressions privilégiés. Après avoir obtenu un diplôme d’études musicales, il gagne le prix résidence de Institut International de Musique Électroacoustique de Bourges et le prix Sacem de composition. Actif sur les scènes jazz et techno, domaine où il officie sous le nom de scène de Bunq, il crée dès 2006 une classe pilote dédiée à l’improvisation électroacoustique et à l’élaboration d’installations sonores en temps réel. Il enseigne également la création musicale interactive à l'INA.
En parallèle, il collabore régulièrement à Radio France, composant et interprétant de nombreux habillages sonores, notamment pour les « Contes du Jour et de la Nuit », aux côtés de la conteuse Véronique Sauger, ou récemment pour l’adaptation radiophonique du roman de Michel Houellebecq, Extension du domaine de la lutte. Depuis 2011, il performe et expose à l’international des œuvres d’art génératives.
Le vivant et la technologie
Stéphane Bissières travaille à partir de modèles mathématiques, en se nourrissant de l’observation de leurs expressions dans la nature et en les transposant dans des environnements sonores et visuels générés en temps réel. Il déploie ainsi une réflexion sur les formes d’hybridation du vivant et sur ce qui relie les humains à la technologie, comme dans son œuvre Human Likes (2016), où la reconnaissance faciale du public crée une chorégraphie de motifs géométriques qui évoluent au gré des interactions. Dans ses performances, comme SURU (2014) ou KURURI (2018, créé à Tokyo), la danse se mêle au VJing et à la musique électronique, formant un tout où une relation intime se noue entre le corps, le son et la matière visuelle. Influencé par la musique minimaliste, Stéphane Bissières s’applique ainsi à générer des variations à partir de motifs répétés, dont la mue progressive s’offre au regard et aux oreilles du public comme une œuvre en perpétuelle régénération.
Un travail reconnu
Stéphane Bissières conçoit et déploie régulièrement son travail à l’étranger, et notamment en Asie. Montrée à Shenzhen (Chine), dans le cadre de la Design Week, l’installation interactive Human Likes a également été sélectionnée dans de nombreux festivals, comme les Journées du Patrimoine et ou les Féeries Nocturnes. Récemment, sa pièce Effet de champ (2021), sélectionnée à la Biennale Némo, au Centquatre, est une installation composée de seize bocaux remplis de ferrofluide noir, une matière visqueuse qui réagit aux stimulations électromagnétiques. Un véritable ballet pour les yeux, qui révèle l’interface d’un séquenceur, déployant une chorégraphie qui évoque à la fois l’écriture musicale et l'expressionnisme abstrait.
Ferrofluid kinetic art l Effet de Champ
Timeline
L'Institut français et l'artiste
Stéphane Bissières est référencé sur IFdigital, le site de la création numérique française. lancé en novembre 2021 par l'Institut français, IFdigital est le nouveau site dédié à la création numérique française (art numérique, expérience immersive, jeu vidéo, livre innovant, médiation et éducation culturelle, webcréation).
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