François Azambourg : « Légèretés manifestes » au musée des arts décoratifs

Publié le 7 juin 2023

François Azambourg
© Christophe Dellière

L’exposition Légèretés manifestes (du 9 mars au 2 juillet 2023), au Musée des arts décoratifs de Paris, met actuellement à l’honneur l'œuvre inventive et avant-gardiste du designer et ancien résident de la Villa Kujoyama, François Azambourg. Une partie de l’exposition, pour laquelle l’Institut français est partenaire, est d’ailleurs consacrée à cette résidence artistique française implantée en Asie. Établissement artistique du réseau de coopération culturelle du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et relevant de l’Institut français du Japon, la Villa Kujoyama agit en coordination avec l’Institut français et bénéficie du soutien de la Fondation Bettencourt Schueller, qui en est le mécène principal. 

Mon approche est souvent liée aux procédés et aux matériaux de fabrication, que je re-questionne, car je reste fasciné par la façon dont les objets sont élaborés.

Un design exigeant et reconnu

Francois Azambourg naît à Angoulême, en 1963, et se forme à l’École régionale des beaux-arts de Caen avant d’intégrer l’École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art – Ensaama. Dès 1985, il met au point l’une de ses premières créations, un saxophone allégé, où l’on retrouve plusieurs éléments qui vont devenir centraux dans sa pratique : la légèreté, l’inventivité, mais aussi la musique. A travers son studio de design basé à Paris, multiplie alors les collaborations : avec le Centre International d’Art Verrier, Hermès, Ligne Roset, la Manufacture de Sèvres, Louis Vuitton, Cappellini, et bien d’autres. Très tôt, il est reconnu comme un précurseur, l’économie et l’écologie faisant partie intégrante de sa pratique. Lauréat du concours du musée des Arts décoratifs dès 1985, il enchaîne les récompenses : Fondation de France (1988), Fondation de la Vocation en (1993), Villa Médicis hors les murs (2003), Grand Prix du Design de la ville de Paris (2004), etc. Ses œuvres sont présentes dans les collections publiques d’institutions prestigieuses comme le Centre Pompidou, le musée des Arts décoratifs ou le CNAP. En 2015, il est résident à la Villa Kujoyama, au Japon. 

Questionner la fabrique de l’objet

Inventif et patient, François Azambourg passe parfois plusieurs années à poursuivre un projet, souvent pour déjouer les attentes de l’industrie du design et contourner ses procédés habituels. Le processus devient ainsi chez lui aussi important que le résultat. C’est ce que documente la rétrospective qui lui est actuellement dédiée au musée des Arts décoratifs, où sont présentées de nombreuses esquisses et d’autres étapes intermédiaires de travail. Loin de finir au rebut, ce que le designer appelle les « loupés » lui servent souvent de base pour concevoir des objets comme la chaise en textile gonflé Pack (1998). En s’inspirant des techniques issues de domaines comme l’aviation et l’automobile, il conçoit ainsi des meubles et des lampes peu coûteux à produire et respectueux de l’environnement. 

Explorer des procédés alternatifs

Une grande exposition rétrospective, intitulée Légèretés manifestes, est actuellement consacrée à François Azambourg au Musée des Arts Décoratifs. On y retrouve près de deux cent pièces issues de collections publiques et privées qui invitent les visiteurs à redécouvrir l'œuvre du designer à travers le prisme de l’économie de moyens. Réutilisation de copeaux de bois (une technique qu’il découvre au Japon lors de sa résidence à la Villa Kujoyama), hélices et meubles gonflables : le parcours en six temps qui s’y déploie est tout entier consacré à des procédés expérimentaux qui aboutissent à des objets d’une grande simplicité. Outre le bois et le tissu, le métal est l’une de ses matières de prédilection : lui-même enseignant à l’ENSCI - Les Ateliers, il a ainsi conçu l’emblématique lampe Chapelière en hommage à Serge Mouille, son ancien professeur à l'ENSAAMA. 

Timeline

Naissance à Angoulême.
Résident de la Villa Médicis hors les murs.
Lauréat de la Villa Kujoyama.
Légèretés Manifestes, au Musée des Arts Décoratifs.

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