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Tabataba de Raymond Rajaonarivelo
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Raymond Rajaonarivelo © Zama Diaspora
Portrait
Cinéma

Restauré par la Cinémathèque Afrique, Tabataba de Raymond Rajaonarivelo est sélectionné par le Festival Lumière

La langue malgache est une langue allégorique, les mots sont des images et les images sont des mots.

Encore méconnue, l’œuvre de Raymond Rajaonarivelo est celle d'un passionné de cinéma, fier de sa culture et de ses origines, au point de la mettre en scène dans ses rares longs métrages. Seul réalisateur malgache à avoir été sélectionné au Festival de Cannes, il a construit, entre fiction et documentaire, des films poignants, qui racontent les événements sociaux et politiques de son pays. 

Après avoir été restauré par la Cinémathèque française et la Cinémathèque Afrique de l’Institut français, le premier film de Raymond Rajaonarivelo, Tabataba, est sélectionné par le Festival Lumière, à Lyon. Dans ce cadre, il est présenté en avant-première les 16 et 17 octobre 2023. 

Mis à jour le 24/01/2024

5 min

Né en 1949 à Antananarivo, Raymond Rajaonarivelo a obtenu son baccalauréat avant de quitter son pays d'origine et de rejoindre la France, où il vit toujours actuellement. Après des études cinématographiques à Montpellier, il a intégré l'Université de Paris VIII, puis a démarré sa carrière comme assistant-réalisateur pour Rochant, Ferrero et Barbousa. Il assiste également le célèbre chef-opérateur Darius Khondji avec, pour envie, de devenir directeur de la photographie. En 1974, il réalise son premier court métrage, Izaho lokanga, ianao valiha, inspiré par le poète Dox. Il se tourne vers le long métrage en 1988 avec son premier essai, Tabataba, qui est sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes. C'est la première fois qu'un film malgache est présenté sur la Croisette. Cette histoire d'un village durant l'insurrection malgache de 1947 emporte le cœur du public, qui lui attribue son prix. 

Huit ans plus tard, le distributeur Eurozoom diffuse son nouveau projet, Quand les étoiles rencontrent la mer, dans l'Hexagone, avec une sortie en décembre 1996. À partir de 2005, il revient vers le documentaire et signe, avec Cesar Paes, Mahaleo, qui s'intéresse au groupe malgache éponyme, formé au moment des événements politiques de 1972. 

En une poignée de projets, Raymond Rajaonarivelo a imposé un style où il a choisi de raconter son pays et de le mettre en scène avec réalisme et tendresse. Dans son premier film, Tabataba, il s'est attardé sur l'épisode des insurrections de 1947 qui ont atteint Madagascar alors en conflit contre la colonisation française. Par le regard d'un enfant, venu annoncer aux villageois qu'ils devaient désormais prendre les armes, il a mis en scène une vision non orthodoxe de l'histoire. C'est un récit personnel qu'il a longuement voulu traiter dès la fin de ses études de cinéma, à la manière d'un devoir de mémoire. 

Raymond Rajaonarivelo explique avoir écrit son scénario après avoir recueilli de nombreux témoignages. Dans cette première œuvre, il tente d'extraire une leçon sur une situation toujours d'actualité, qu'il convient d'observer pour appréhender l'avenir. Avec son long métrage suivant, Quand les étoiles rencontrent la mer, il a souhaité s'attarder sur l'histoire d'un boiteux de naissance confronté aux superstitions. Il y raconte notamment le culte des ancêtres et le monde invisible, imaginé comme un prolongement infini. 

Tabataba est le premier film malgache à avoir été sélectionné au Festival de Cannes, pour la Quinzaine des Réalisateurs, en 1988, où il est récompensé du prix du public. L'année suivante, il est diffusé au Festival de Taormina, où il reçoit le Prix du jury. 

Récemment restauré par la Cinémathèque française et la Cinémathèque Afrique de l’Institut français, avec le soutien du réalisateur lui-même et d’Hiventy (TransPerfect media France), le film sera projeté, en avant-première, les 16 et 17 octobre 2023 au Festival Lumière à Lyon. La Cinémathèque Afrique de l’Institut français contribue à la conservation, la restauration, la numérisation, la promotion et la diffusion du cinéma africain dans le monde. Elle met à disposition des chercheurs et programmateurs un catalogue de plus de 1 700 titres, dont plus de 600 titres libres de droits pour une diffusion non commerciale. 

  • 1974

    1974

    Raymond Rajaonarivelo réalise son premier court métrage, Izaho lokanga, ianao valiha.

  • 1988

    1988

    Son premier long métrage, Tabataba, est sélectionné au Festival de Cannes lors de la Quinzaine des Réalisateurs.

  • 1996

    1996

    Il réalise son second long métrage, Quand les étoiles rencontrent la mer.

  • 2023

    2023

    Son premier long métrage, Tabataba, est diffusé dans une version restaurée au Festival Lumière.

L'institut français, LAB