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PBS au Festa2H

Les 30 ans du hip-hop Galsen au Sénégal

En 2018, le hip-hop sénégalais, aussi connu sous le nom de « hip-hop Galsen », fête ses 30 ans d’existence. La 13e édition du Festa2H, du 21 au 24 juin 2018, à Dakar, ne pouvait pas passer à côté de cette date majeure dans la naissance et l’évolution de ce mouvement en Afrique.

Mis à jour le 20/02/2019

5 min

Réunir Positive Black Soul (PBS), Pee Froiss ou Yatfu sur la même scène pour un concert exceptionnel, il fallait bien le plus grand festival de hip-hop du Sénégal pour réussir ce tour de force. Depuis 2006, le Festa2H met en valeur les artistes sénégalais et, plus largement, ceux qui font vivre le hip-hop en Afrique et au-delà de ses frontières. La célébration des 30 ans de l’arrivée du genre au Sénégal offre donc l’occasion de revoir à l’œuvre quelques piliers historiques, mais aussi de découvrir les nouvelles voix qui font vibrer la scène contemporaine.

Le Sénégal, pays fondateur

Dakar fait partie des lieux précurseurs du hip-hop africain. C’est là que ce mouvement arrive dans les années 1980 à travers la danse, le graffiti, puis avec les premiers morceaux américains et français importés par la diaspora. En 1988, le pays est en proie à une vague de contestations et d’émeutes. C’est dans cette poudrière que naît le groupe Positive Black Soul (PBS), fer de lance de ce qu’on appelle le « hip-Hop Galsen ».

Formé par DJ Awadi et Duggy Tee, PBS établit les codes du hip-hop africain : des textes engagés mêlant wolof, français et anglais, emportés par des rythmes puisés autant dans les morceaux américains que dans des musiques locales comme le mbalax. Dans leur sillage, ils emmènent des formations comme Pee Froiss pour imposer leur son en Afrique et en France où leur musique trouve sa place dans les festivals et dans les bacs. 30 ans plus tard, ces pionniers se reforment à Dakar, le 23 juin, sur la « Gold Stage » du Festa2H.

"Je ne sais pas", by Positive Black Soul
"Je ne sais pas", de Positive Black Soul, groupe emblématique du hip-hop africain.

15 pays à l’affiche

Ce festival n’est pas seulement un évènement local. Pas moins de 15 pays (dont le Canada, la Mauritanie, la Guinée ou la Belgique) y participent et la présence de plus de 100 artistes sur la scène de la maison de la culture Douta Seck en seulement quatre jours suffit à témoigner de la vitalité du mouvement. Au rayon surprises, la scène « Hardcore » du 20 juin frappe fort, notamment avec la présence de Freevoices, un collectif exclusivement féminin composé à l’occasion des 30 ans du « hip-hop Galsen ». Venues d’horizons différents, ces cinq artistes font entendre la voix des femmes dans un univers encore très masculin.

Du côté de la relève, la « Next stage » permet de découvrir des artistes qui incarnent l’avenir du hip-hop en Afrique. Parmi eux, le Sénégalais Nix fait figure de leader. Son hip-hop navigue avec élégance entre refrains engagés, dans la lignée des patrons de PBS, et mélodies plus légères, volontiers dansantes. Suivi en France, où son concert à la Bellevilloise en 2011 reste dans les mémoires, comme en Afrique de l’Ouest, Nix incarne une jeunesse africaine qui se rapproprie son destin. L’ex-leader des Fugees, Wyclef Jean, ne s’y est pas trompé en participant à son album L’Art de Vivre, en 2016. Encore une preuve que le Sénégal demeure une place forte du hip-hop.

"Highlander", by Nix
Nix, la relève du hip-hop africain, dans son clip "Highlander".
L'Institut français et le projet

Le Festa2H a bénéficié, pour sa 13e édition, du soutien de l’Institut français.

L’Institut français accompagne les artistes africains dans tous les domaines – musique, danse, théâtre, arts visuels, photographie, etc. – à travers son programme Afrique et Caraïbes en créations.

L'institut français, LAB