Notre histoire
L’Institut français : une aventure française au service du dialogue entre les cultures.
En 2022 l’Institut français célébrait 100 ans de diplomatie culturelle, prenant pour point de départ la création de l’Association française d’expansion et d’échanges artistiques en 1922. En réalité, cet anniversaire marquait uniquement le centenaire de l’histoire moderne de la diplomatie culturelle car le pari de la culture comme vecteur d’échanges, de compréhension mutuelle et de rayonnement est bien plus ancien.
Dès la Renaissance, François Ier tisse des liens artistiques avec ses homologues européens, tandis qu’un siècle plus tard Louis XIV soutient les artistes français à l’étranger, affirmant l'idée d’une France influente par la culture.
Au fil du temps cette volonté se structure et s’institutionnalise. L’Alliance Française est créée à Paris en 1883, tandis que le tout premier Institut français est ouvert à Florence, en 1907. Ce modèle s’exporte rapidement : les Instituts français d’Athènes, Barcelone et Naples suivent.
L’entre-deux-guerres marque un tournant. L’Association française d’expansion et d’échanges artistiques (AFEEA) est créée en 1922 puis reconnue d’utilité publique dès 1923, année durant laquelle est instauré un service de correspondants à l’étranger (universitaires, conservateurs, directeurs de conservatoires, auteurs dramatiques et critiques). Ces derniers doivent procéder à l’inventaire des ressources et à l’identification des relais, préfigurant ainsi le rôle des futurs conseillers culturels des ambassades françaises. C’est alors que naît le concept de réseau culturel, bientôt indispensable pour la bonne mise en œuvre des projets.
Dans les années 1930, la diplomatie culturelle française entre dans une ère de rayonnement artistique majeur, portée par de grandes rétrospectives qui consacrent l’art français à l’international. Les peintres impressionnistes en sont les ambassadeurs. Deux événements illustrent cette stratégie : l’exposition Mille chefs-d’œuvre du XIIIe siècle aux impressionnistes à la Royal Academy de Londres, et une grande exposition de peintures et de sculptures françaises à Prague en 1931.
En 1934, l’AFEEA devient Association française d’action artistique (AFAA). Placée sous double tutelle du ministère des Affaires étrangères et du ministère de la Culture et de la Communication, elle a pour mission d’assurer l’expansion et l’exportation de l’art français à l’étranger ainsi que le bon accueil des artistes étrangers en France. Cela se matérialise en 1935 et 1936 par une grande tournée de la Comédie-Française en Europe (Italie, Pologne, Tchécoslovaquie, Roumanie, Yougoslavie). La notion de réciprocité et d’échanges est inventée à cette période.
C’est finalement au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que l’importance accordée à la diplomatie culturelle prend une autre dimension, alors que les relations internationales étaient jusque-là presque exclusivement marquées par les aspects politiques et militaires. Le ministère des Affaires étrangères crée ainsi la Direction Générale des Relations Culturelles, qui a pour mission de développer le réseau des écoles et lycées français à l’étranger, des Alliances Françaises, des Instituts et des Centres culturels.
En 1946, l’AFAA se voit confier l’une des missions les plus emblématiques que l’Institut français assure encore aujourd’hui : être l’opérateur du Pavillon français à la Biennale internationale d’art de Venise.
L’AFAA poursuit son développement durant la décennie suivante. En 1960, elle connaît un essor remarquable : 42 expositions sont organisées dans 18 pays, accompagnées de 73 tournées théâtrales à travers 60 pays. Le bond est significatif en comparaison aux 18 tournées dans 11 pays comptabilisées en 1958. Durant les années 60, les grandes tournées théâtrales se poursuivent dans le but d’encourager l’enseignement du français dans les pays où la langue française est menacée.
Au cours des années 70, un nouveau paradigme voit le jour. La mission de mise en lumière des cultures étrangères prend de l’importance, par exemple avec l’organisation de l’exposition Ramsès le Grand, en 1976 au Grand Palais, qui dépasse le million de visiteurs.
En 1979, un rapport d’expertise sur l’ensemble des relations culturelles extérieures pose un diagnostic sans appel : le monde a changé et la France n’est plus désormais qu’une « puissance moyenne ». Devant ce constat, il oppose à la volonté d’expansion unilatérale un concept nouveau : « le dialogue des cultures », rapidement adopté comme un des objectifs prioritaires des échanges artistiques.
Les années 1980 sont marquées par cette volonté de faire dialoguer les cultures : la Villa Médicis hors les murs, financée par l’AFAA, est créée en 1980 et la première saison/année croisée, l’Année de l’Inde en 1985, voit le jour. Aujourd’hui mises en œuvre par l’Institut français, les Saisons ont fait dialoguer la France avec plus de 100 pays depuis 40 ans. Les résidences, de leur côté, se sont multipliées depuis la Villa Médicis et participent activement au rayonnement de la France : à commencer par la Villa Kujoyama, construite en 1992 par l’architecte Kunio Kato sur la montagne d’Higashiyama à Kyoto.
En cette même année 1992, pour fêter le cinquième centenaire de la découverte de l’Amérique, l’AFAA et la Ville de Nantes organisent Cargo 92, une immense tournée à bord d’un cargo spécialement aménagé pour l’occasion. L’objectif est de refaire le voyage de Christophe Colomb, tout en accueillant à bord du bateau, dans la cale transformée en rue nantaise, de nombreux spectateurs sud-américains. Dans les centres-villes ou sur les ports, avec le cargo en fond de scène, Philippe Decouflé, la Mano Negra, Philippe Genty et la Compagnie Royal de Luxe réunissent ainsi un million de personnes.
A l’orée du nouveau millénaire, l’AFAA entame une réforme profonde et devient le principal opérateur commun des deux ministères : Affaires étrangères et Culture et Communication. Plus qu’un simple instrument de diffusion des œuvres, l’AFAA devient alors un outil de conseil et de coopération.
Peu après, l’AFAA fusionne avec l’Association Afrique en création. L’AFAA soutient désormais les grandes rencontres panafricaines : les Rencontres de la photographie de Bamako, les Rencontres chorégraphiques d’Antananarivo, ou encore la biennale Dak’Art.
En 2006, l’AFAA fusionne avec l’Association pour la diffusion de la pensée française et prend le nom de Culturesfrance.
En 2009, Culturesfrance reprend le secteur du soutien au cinéma et crée la Fabrique Cinéma. Le programme, organisé au sein du Festival de Cannes, célèbrera sa 20e édition en 2028 et a déjà accompagné 164 projets, pour un total de 60 films réalisés.
La dernière évolution majeure provient de la loi relative à l’action extérieure de l’État du 27 janvier 2010, organisée par le décret n°2010-1695 du 30 décembre 2010, qui créée l’Institut français (Établissement public à caractère industriel et commercial en France) en lieu et place de l’association Culturesfrance, ainsi qu’avec un périmètre d’action élargi et des moyens renforcés.
Rendez-vous incontournable du réseau culturel français à l’étranger, la première édition des Ateliers de l’Institut français se déroule à Marseille en juillet 2011.
L’Institut français instaure de nouvelles manifestations à l’échelle internationale. La première Nuit des idées en 2017, autour de la thématique « Un monde commun », propose un vaste débat international se déroulant simultanément dans une cinquantaine de pays. Depuis, l'événement a lieu chaque année partout dans le monde. La même année, Novembre numérique est également lancée. Cette véritable fête internationale des cultures numériques a pris une ampleur croissante, proposant des programmations dans plus de 70 pays et 130 villes en 2023.
Parmi les événements les plus marquants des années 2020, l’Institut français a mis en œuvre la Saison Africa2020, un projet hors normes, dédiée aux 54 États du continent africain. Initiée par le Président de la République française, cette Saison, reportée en raison de la pandémie de Covid-19, s’est déroulée du du 1er décembre 2020 au 30 septembre 2021. Elle a réuni plus de 4 millions de spectateurs sur plus de 1500 évènements dans 210 villes en France métropolitaine et ultra-marine.
Présidé depuis 2021 par Eva Nguyen Binh, l’Institut français s’est attaché à poursuivre le dialogue entre l’Afrique et l’Europe avec le projet Notre Futur. Dans le but de bâtir des fondations nouvelles aux relations entre l’Afrique et l’Europe, Notre futur donne voix au chapitre à des personnalités africaines comme européennes de tous les domaines, ainsi qu’aux jeunes des sociétés civiles des deux continents.
Dans le contexte de la Guerre en Ukraine, l’établissement a également imaginé Face à la guerre – dialogues européens, une série d’événements itinérants (Varsovie, Rennes, Sofia, Amsterdam, etc.) rassemblant des personnalités des secteurs de la recherche, des think tanks, des médias et de la sphère publique pour soutenir la discussion et le débat sur les bouleversements en Europe engendrés par la guerre en Ukraine.
L’action de l’Institut français ne s’arrête pas ici. Il propose plus de 70 programmes à destination du réseau culturel français à l’étranger, des créateurs, des professionnels et entreprises des secteurs culturels et éducatifs français et internationaux.