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Abou Leila, d'Amin Sidi-Boumédiène
Cinéma

#228

Oeuvre

2 min

Abou Leila, d'Amin Sidi-Boumédiène

Ce premier film du réalisateur français Amin Sidi-Boumédiène, qui sort en salles en France le 15 juillet, a été remarqué pour la performance de ses acteurs, le contexte politique dont il s’empare, et sa mise en scène restituant les limites de la folie. 

© Kanami
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Un premier film algérien

Né en 1982 à Paris, Amin Sidi-Boumédiène étudie le cinéma et obtient un diplôme de réalisation au Conservatoire libre du cinéma français (CLCF). Son premier court-métrage, Demain, Alger ? (2011) et ses moyens-métrages, L’Île (2012) et Serial K (2014), ont été sélectionnés dans de nombreux festivals internationaux.

 

Repéré par le milieu, Amin Sidi-Boumédiène monte en 2019 son premier long-métrage, Abou Leila.

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Le terrorisme des années 1990

1994 en Algérie. Deux amis d’enfance traversent le Sahara à la recherche d’Abou Leila, un terroriste en cavale. Alors que le premier, S., a l’air convaincu du bien-fondé de leur traque, le second, Lofti, semble vouloir éloigner son compagnon de la capitale, sans que l’on sache pourquoi.

 

En 2h20, les plans séquences et les performances des acteurs plongent le spectateur dans le traumatisme — ou la folie ? — des personnages. Porté par les comédiens Slimane Benouari et Lyes Salem, ce road movie emprunte les codes du film d’horreur, du western et du conte philosophique.

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Comment parler du passé ?

“À travers ce premier film, j’ai eu envie de parler du terrorisme en Algérie dans les années 1990. Au lieu de me lancer dans une chronique sociale et politique, j’ai choisi de ne pas poser de marqueurs temporels pour mieux m’exprimer d’un point de vue philosophique et humain, du coup plus universel”, explique le réalisateur Amin Sidi-Boumédiène, qui revient sur la guerre civile algérienne, et ce que l’on a coutume d’appeler “les années noires”, par l’angle intime et invisible de son impact psychologique.

 

Insaisissable parce qu’elle appartient a priori au passé, la violence ressurgit à travers des métamorphoses, des rêves et des hallucinations.

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Semaine de la critique

La presse a vu dans Abou Leila des références à Andreï Tarkovski (Le Miroir, 1974) ou à David Lynch (Blue Velvet, 1987). On pense également, lors de la traversée de deux amis dans le désert, à l’œuvre de Gus Van Sant, Gerry (2002).

 

Le contexte politique dont Amin Sidi-Boumédiène s’empare et la force de sa mise en scène ont permis au film d’être sélectionné à la 58e Semaine de la critique lors du Festival de Cannes 2019.

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L'Institut français et le film

Abou Leila d’Amin Sidi-Boumédiène a bénéficié en 2017 du soutien du programme l’Aide aux cinémas du monde de l’Institut français.

 

Ce programme de l’Institut français apporte son soutien à des cinéastes étrangers sur des projets de films en coproduction avec la France, qu’il s’agisse de longs métrages de fiction, d’animation ou de documentaires de création. En savoir + sur le programme Aide aux cinémas du monde