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L’Argent, de Robert Bresson
Cinéma

#288

Oeuvre

2 min

L’Argent, de Robert Bresson

Avec L’Argent, Robert Bresson signe un film âpre et désespéré qui ponctue de façon magistrale l’œuvre d’un grand cinéaste au « pessimisme gai ».

© DR
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Metteur en scène de l’ineffable

Cinéaste majeur du XXe siècle au style inclassable, Robert Bresson (1901-1999) aura réalisé 13 longs-métrages en quarante ans d’une carrière sans compromis, plaçant l’art cinématographique au-dessus de toute autre considération.

 

Intéressé initialement par la peinture, Robert Bresson découvre à trente ans la puissance de l’image de cinéma et réalise en 1934 sa première œuvre, le court-métrage Affaires publiques. Dix ans plus tard, en pleine Seconde Guerre mondiale, il réalise son premier long-métrage, Les Anges du péché (1943). En seulement deux films, l’essence du cinéma bressonien est déjà en place. 

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Réactions en chaîne

Adapté de la nouvelle de Tolstoï Le Faux Coupon (1911), L’Argent (1983) se construit comme une tragédie grecque qui dessine l’inéluctable glissement d’un innocent vers la culpabilité.

 

Yvon, livreur de fuel, reçoit d’un commerçant des faux billets de 500 francs. Accusé à tort d’avoir voulu écouler de la fausse monnaie, il perd son travail, se rend complice d’un braquage et se retrouve condamné à trois ans de prison. Pendant son incarcération, sa fillette décède et sa femme le quitte. Libéré, il en vient à commettre l’irréparable.

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Le dernier film du maître

L’Argent livre sans aucun artifice la vision du cinéaste sur l’état d’un monde de plus en plus individualiste, superficiel, et aux valeurs chancelantes.

À 82 ans, Robert Bresson marque les esprits en questionnant la fragilisation du lien social par la permissivité du mensonge ordinaire qui accompagne la cupidité des hommes. Malgré un possible rachat au contact d’une vieille dame qui lui offre son pardon, Yvon, le personnage principal, n’aura d’autre choix que d’aller au bout du mal pour obtenir la rédemption.

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Une renommée mondiale

L’Argent reçut un accueil mitigé lors de sa présentation au Festival de Cannes de 1983, entre huées et applaudissements.

 

Qu’importe, puisqu’il repartit de la Croisette avec le Grand Prix du cinéma de création, ex aequo avec Nostalghia d’Andreï Tarkovski. Ce fut la troisième récompense au Festival de Cannes pour le réalisateur après le Prix de la mise en scène pour Un condamné à mort s’est échappé (1957) et le Prix du jury pour Le procès de Jeanne d’Arc (1962).

 

Signe d’une renommée internationale acquise au fil des ans, Robert Bresson fut récompensé en 1984 par le prix du Meilleur Réalisateur par le National Society of Film Critics pour L’Argent

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L'Institut français et le film

L’Argent fait partie du Cycle Grands classiques restaurés du cinéma français. Ce cycle de films restaurés propose un parcours à travers l’histoire du cinéma français mais aussi à travers les genres et les époques, en rendant hommage aux plus grands cinéastes des années 1920 aux années 1990. En savoir + sur le Cycle Grands classiques restaurés du cinéma français