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L'Insulte, de Ziad Doueiri
Cinéma

#49

Oeuvre

1 min

L'Insulte, de Ziad Doueiri

Avec L'Insulte, Ziad Doueiri signe un film complexe qui fait ressurgir les douleurs de la guerre civile au Liban, sans jamais prendre parti pour l'un ou l'autre camp.

© Tessalit Productions / Rouge International
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Entre Orient et Occident

Élevé dans une famille libanaise militante, Ziad Doueiri part, au début des années 1980, faire ses études aux États-Unis où il passera 18 ans. Après avoir travaillé sur les cinq premiers films de Quentin Tarentino, il rentre au Liban où il réalise son premier film en 1998, West Beyrouth. À travers ce premier long-métrage, et ceux qui suivront (Lila dit ça en 2004, L'Attentat en 2012 et L'Insulte en 2017), le cinéaste évoque son expérience dans un pays fragilisé par la guerre.

 

Osant questionner le bien-fondé des opinions politiques de sa famille mais aussi les relations entre les chrétiens et les musulmans, Ziad Doueiri est devenu l'un des plus grands cinéastes libanais de sa génération.

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Le poids d'un lourd passé

L'Insulte, c'est l'histoire d'un fait banal aux conséquences immenses. À Beyrouth, un chrétien libanais et un Palestinien réfugié se disputent. Des mots s'échangent, l'un refuse de s'excuser, l'autre profère alors des mots intolérables. Ils en viennent aux mains et l'affaire est portée devant les tribunaux. Cet échange véhément, qui aurait pu rester un incident sans suite, se transforme en saga nationale qui cristallise les blessures du Liban.

 

Ziad Doueiri évoque les tensions d'un pays qui n'a pas connu de réconciliation nationale après une guerre civile dévastatrice, et se remémore une phrase que son père lui a dite des années plus tôt : « Les guerres commencent par des mots. »

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Inspiré d'une histoire vraie

L'intrigue de L'Insulte s'inspire d'un épisode de la vie de Doueiri. Dans son cas, les mots avaient été suivis d'excuses, mais il s'était alors demandé : « Et si ça s'était passé différemment ? Est-ce qu'un tel effet boule de neige est crédible au Liban ? » Pour le cinéaste et sa femme, avait qui il a co-écrit le film, la réponse ne fait pas de doute, comme en témoigne le film.

 

Alors que Ziad Doueiri a été élevé dans une famille pro-palestinienne, sa compagne, elle, est issue d'un milieu plutôt pro-israélien et chrétien. Pour l'écriture du scénario, le couple va inverser les rôles, chacun prenant la défense du camp adverse.

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La revanche d'un réalisateur

L'Insulte est applaudi à l'international : alors que le film est numéro un au box-office lors de sa semaine de sortie au Liban en 2017, il est également en lice aux Oscars en 2018 dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère. L'acteur Kamel El Basha reçoit quant à lui le prix d'interprétation masculine à la Mostra de Venise en 2017.

 

Ce succès est d'autant plus savoureux pour Ziad Doueiri que son précédent film L'Attentat avait été boycotté au Liban et dans 21 pays arabes parce qu'il avait été tourné en Israël. Lorsqu'on avait demandé à Doueiri de s'excuser, il avait refusé : « Si vous vous excusez en tant que cinéaste, c'est que vous ne respectez pas votre œuvre. »

The Insult (“L’Insulte”), by Ziad Doueiri
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L'Institut français et le projet

L'Insulte (2017) a été soutenu dans le cadre de l'Aide aux cinémas du monde en 2015.

 

Ce programme de l'Institut français apporte son soutien à des cinéastes étrangers sur des projets de films en coproduction avec la France, qu'il s'agisse de longs métrages de fiction, d'animation ou de documentaires de création.

 

En savoir + sur l'Aide aux cinémas du monde.