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La Communion, de Jan Komasa
Cinéma

#299

Oeuvre

2 min

La Communion, de Jan Komasa

Cinquième long métrage du réalisateur polonais Jan Komasa, La Communion, sorti en octobre 2019, nous fait suivre la bienveillante imposture de Daniel, un ancien détenu âgé de 20 ans se faisant passer pour un prêtre dans un petit village conservateur qu’il bouscule par ses méthodes atypiques.

© DR
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Multiplication des formats

Né en 1981 en Pologne, Jan Komasa étudie le cinéma à Łódź, de 2001 à 2005. Dans le cadre de son cursus, il produit son premier court métrage, Nice to See You (2003), qui traite de la jeunesse varsovienne et pour lequel il remporte, en 2004, la 3e place à la Cinéfondation au Festival de Cannes.

 

Le réalisateur s’essaie en 2007 au documentaire avec Rafting, où il suit le voyage d’un groupe de toxicomanes, puis produit une série télé, Wroclaw Golgotha et son premier long métrage de fiction, Suicide Room, en 2011. En 2014, il tourne un documentaire et une fiction sur l’insurrection de Varsovie de 1944, puis travaille sur deux séries policières.

 

La Communion signe le retour du réalisateur sur grand écran, après cinq ans d’absence dans les salles obscures.

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Imposteur au grand cœur

Adolescent, Daniel a tué. Alors qu’il purge sa peine dans un centre de détention, le jeune homme découvre une vocation spirituelle et aspire à la prêtrise. Problème : son crime lui ferme les portes du Séminaire. Mais qu’à cela ne tienne. Libéré à 20 ans, Daniel est envoyé travailler dans une scierie au sein d’un village isolé très conservateur.

 

Là-bas, le repenti se fait passer pour un prêtre en vacances et, par différents concours de circonstances, prend la tête de l’église locale. Dépourvu de formation dogmatique mais armé d’une foi authentique, le « Père » improvisé aide et séduit sa communauté, tandis que son subterfuge menace bientôt d’être révélé.

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La Pologne à la loupe

Majoritairement tourné à Jaśliska, dans le Sud-Est de la Pologne, La Communion dresse un portrait sociologique des villes recluses du pays, dont la religion fait figure de seul repère et régente tout le quotidien.

 

L’isolement de ces « bulles », comme les qualifie Jan Komasa, est traduit par la solitude des personnages dont l’existence sociale se résume souvent aux rendez-vous de l’église. Le réalisateur recourt à de larges plans fixes qui montrent la ville perdue au milieu des vallées environnantes et qui renforcent cette impression de coupure du reste du monde.
 

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À la conquête de l’international

Grâce à une approche subtile du sujet religieux, une esthétique léchée et un humour bien dosé, le parcours insolite, mais inspiré d’un fait réel, du faux prêtre de La Communion a largement séduit.

 

Au 44e Festival du film polonais de Gdynia, l’œuvre a remporté le prix du public, du scénario et de la réalisation. À l’échelle internationale, le film a été présenté à la Mostra de Venise et est en lice pour l’Oscar 2020 du meilleur film étranger.

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L'Institut français et le projet

Dans le contexte de la pandémie du Coronavirus Covid-19, l’Institut français souhaite continuer à vous proposer des portraits, rencontres avec des créateurs de toutes origines, œuvres, portfolios. Nous espérons que ces pages vous apporteront une respiration dans un quotidien confiné.

 

La Communion a été soutenu dans le cadre de l’Aide aux cinémas du monde en 2018. Ce programme de l’Institut français apporte son soutien à des cinéastes étrangers sur des projets de films en coproduction avec la France, qu’il s’agisse de longs métrages de fiction, d’animation ou de documentaires de création. En savoir + sur l’Aide aux cinémas du monde