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La Femme du fossoyeur, de Khadar Ahmed
La Femme du fossoyeur, de Khadar Ahmed
Cinéma
#463
Oeuvre

10 min

La Femme du fossoyeur, un film de Khadar Ahmed

Récompensé et salué par la critique internationale, La Femme du fossoyeur est le premier long métrage poignant du réalisateur finno-somali Khadar Ahmed. Le projet est soutenu par l’Aide aux cinémas du monde, cogérée par le Centre national du cinéma et de l’image animée et l’Institut français. 

© DR
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Un premier film remarqué

Khadar Ahmed, né à Mogadiscio en Somalie, a émigré en Finlande, dont il possède également la nationalité, à l’âge de seize ans. A son arrivée, « c’est la première fois que j’ai réalisé que j’étais noir. Je ne m'en étais jamais rendu compte, parce qu’en Somalie, tout le monde était comme moi ». Le jeune homme se passionne alors pour le cinéma afro-américain, qui lui permet de trouver des figures auxquelles s’identifier. Par la suite, c’est grâce à sa ténacité exceptionnelle qu’il réussit à intégrer une école de cinéma et à financer ses films, après de nombreuses tentatives infructueuses. L’écriture du scénario de La Femme du fossoyeur a ainsi débuté plus de dix ans avant sa sortie dans les salles. 

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Dépasser le spectre de la mort

La Femme du fossoyeur raconte l’histoire de Guled, qui gagne sa vie comme fossoyeur à Djibouti, guettant les ambulances à l’hôpital dans l’attente de corps à enterrer. Dans ce film où la mort est omniprésente, elle entre encore plus intimement dans la vie de Guled quand sa femme Nasra tombe gravement malade et doit se faire opérer d’urgence. Où trouver l’argent pour la soigner ? Pour sauver la femme qu’il aime éperdument, il décide donc de traverser le désert pour retourner dans son village natal, dont il avait été banni. Sens du sacrifice, grandeur d’âme et solidarité : La Femme du fossoyeur est un film qui s’attarde, à travers le portrait d’un couple, sur la résilience et la joie de vivre qui anime ses personnages. 

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Un casting non-professionnel

La trame narrative de La Femme du fossoyeur a été inspirée par une histoire vraie : une mort soudaine dans la famille du réalisateur, qui attire son attention sur la figure ambiguë des fossoyeurs somalis, qui attendent les corps directement à la sortie des hôpitaux pour les enterrer au plus vite. Le réalisateur avoue ainsi avoir mis beaucoup de lui-même dans son film, en s’inspirant de membres de sa famille et de souvenirs de sa vie en Somalie. Pour tourner La Femme du fossoyeur, il a rassemblé un casting composé d’acteurs non professionnels, et les difficultés du tournage à Djibouti ne leur ont pas permis de répéter et de se préparer. 

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Une nouvelle vision de la Somalie

Après trois courts métrages, La Femme du fossoyeur est le premier long métrage de Khadar Ahmed, et le premier film somalien à être nominé aux Oscars. Frustré par la représentation des personnages somalis au cinéma, souvent incarnés par des pirates, des seigneurs de guerre, ou au contraire comme leurs victimes, Khadar Ahmed souhaitait donner une vision de ce pays qui lui corresponde davantage. Tourné à Djibouti en langue somali, le film nous plonge dans le quotidien d’une famille pauvre mais heureuse, dont le destin contrarié est capturé au moyen d’une photographie hypnotique. Il a été récompensé au 27ème Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, où il a reçu l’Étalon d’or. 

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L'Institut français et l'oeuvre

La Femme du fossoyeur, de Khadar Ahmed, a été soutenu dans le cadre de l’Aide aux cinémas du monde. Ce programme de l’Institut français apporte son soutien à des cinéastes étrangers sur des projets de films en coproduction avec la France, qu’il s’agisse de longs métrages de fiction, d’animation ou de documentaires de création. 

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