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Lluvia, de Daniel Otero Torres
Arts visuels

#201

Oeuvre

2 min

Lluvia, de Daniel Otero Torres

L’eau s’écoule d’une architecture de bois et de tôle, à travers des bidons bariolés. Posée dans un bassin, l’installation Lluvia de l’artiste colombien Daniel Otero Torres crée une étonnante symphonie visuelle.

© DR
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Un œil sur l’architecture spontanée

Né en 1985 à Bogota, en Colombie, Daniel Otero Torres fait ses études en France, où il sort diplômé de l’Ecole nationale des Beaux-Arts de Lyon.

Bien qu’éloigné géographiquement de son pays natal, l’artiste y revient constamment dans son travail, qu’il a, année après année, recentré sur les constructions populaires d’Amérique du Sud. Un intérêt anthropologique pour les conditions de vie des minorités qu’il exprime et explore à travers différents media : dessins, photographies, ou encore installations, comme pour Lluvia, créée en 2019, fruit de sa rencontre avec la communauté indigène Emberá, dont il a étudié le système de recyclage de l’eau polluée.

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Au fil de l’eau

Lluvia est une installation qui mesure un peu plus de 7 mètres de hauteur, soit la hauteur d’une maison. Pas de murs, mais une armature de bois, et surtout un toit en tôle, qui laisse glisser des filets d’eau sur ses pentes jusqu’à de multiples bidons, de métal et de plastique. Troués, ces bidons voient l’eau s’échapper jusqu’au bassin dans laquelle la structure plonge ses appuis. Lluvia ressemble ainsi à une drôle de fontaine, faite de bric et de broc.

Née d’une préoccupation politique, l’œuvre de Daniel Otero Torres est le fruit d’une observation de l’artiste sur la façon dont les habitants de la communauté indigène Emberá, installés au nord-ouest de la Colombie, récoltaient l’eau de pluie puis la traitaient afin de la rendre potable. Un savoir-faire indispensable puisque l’eau y est polluée par l’exploitation illégale de l’or.

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Éloge de l’architecture populaire

Spontanément bâties par les habitants qui utilisent des matériaux pauvres et des techniques inventives, les architectures locales qui fascinent Daniel Otero Torres sont le signe du pouvoir d’adaptation de chacun à un monde dur et changeant. C’est pourquoi l’installation Lluvia est constituée d’éléments épars, comme trouvés au coin des rues : bidons dépareillés, seaux en plastique et entonnoirs. Daniel Otero Torres a en effet voulu reproduire le processus d’assemblage improvisé, réalisé sans étude technique, qui caractérise la communauté indigène Emberá.

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Regard sur la Colombie

Exposée en 2019 au centre d’art La Tôlerie de Clermont-Ferrand, en France, l’installation Lluvia de Daniel Otero Torres fait partie de son projet de recherche autour de l’architecture populaire. Intitulé Asentimientos, celui-ci a été mené de 2017 à 2018 en Colombie et a nécessité de nombreux voyages, notamment sur les rives du fleuve colombien, le Río Atrato.

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L'institut français et l'œuvre

Daniel Otero Torres a bénéficié en 2017 du programme de résidence « Hors les Murs », qui lui a permis de poser les premiers jalons de son projet en Colombie.

Les Résidences Sur Mesure ont depuis pris la suite de « Hors les Murs ». En savoir + sur les programmes de résidence de l’Institut français