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Los Perros, de Marcela Said
Cinéma

#57

Oeuvre

1 min

Los Perros, de Marcela Said

Sélectionné à la Semaine de la critique 2017, Los Perros est un film sur la culpabilité. Marcela Said peint le Chili post-dictature, hanté par ses vieux démons mais pas toujours ceux auxquels on pense.

© Nour Films
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Une auteure engagée

Franco-chilienne, Marcela Said est née en 1972 au Chili. Elle a étudié l'esthétique dans son pays natal avant de s'envoler pour la France, où elle a obtenu une maîtrise en Techniques et langages des médias, à la Sorbonne. Marquée par la dictature, sous laquelle elle a vécu, elle a consacré plusieurs documentaires à ce sujet (I Love Pinochet, 2001 ; El Mocito, 2011) avant de s'essayer à la fiction.

 

L’Été des poissons volants, son premier film, traite de la question du droit à la terre revendiqué par les indiens Mapuche au Chili. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2013, il est sorti en salle en Amérique latine, en Europe et aux États-Unis.

 

Los Perros, sorti en 2014, est son second film.

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Un passé bien enfoui

Dans la haute bourgeoisie chilienne d'aujourd'hui, Mariana, 42 ans, suffoque sous le machisme des hommes, les « perros » (« chiens » en espagnol).

 

Fatiguée d'écouter son père, son frère, puis son mari lui dicter son comportement, Mariana cède à l'attirance qu'elle éprouve pour Juan, son professeur d'équitation, de 20 ans son aîné. Ex-colonel sous Pinochet, Juan est suspecté d'avoir commis des crimes durant la dictature et se retrouve poursuivi par la justice.

 

La relation que les deux personnages entretiennent, alors même que les démons de Juan refont surface, vient remuer le passé bien enfoui de la famille de Mariana.

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À l'origine, une rencontre

Los Perros s'inspire d'un épisode de la vie de Marcela Said. Alors qu'elle réalise le documentaire El Mocito, elle fait la rencontre de Juan Morales Salgado, ancien chef d'un centre de répression où des centaines de personnes ont disparu durant la dictature. Elle souhaite l'interviewer sur son passé mais l'homme refuse. Elle décide alors, contre l'avis de ses proches, de suivre des cours d'équitation avec lui dans l'espoir de tisser une relation qui l'amènerait à accepter d'être filmé.

 

La réalisatrice côtoie Juan durant deux ans avant qu'il ne soit condamné en juillet 2011 pour ses exactions commises sous la dictature.

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Plongée dans le Chili de Pinochet

Avec Los Perros, Marcela Said reprend des thématiques déjà présentes dans ses documentaires I Love Pinochet (2001) et El Mocito (2011). Elle y dénonce une société où les militaires sont tenus pour seuls coupables de la dictature, oubliant l'implication d'une partie des civils dans le maintien du régime. Elle souligne tout particulièrement le rôle de la haute bourgeoisie, formée autour de Pinochet, qui l'a soutenu lors de son accession au pouvoir et bien après sa chute.

 

En mettant en scène la zone grise qui sépare le bien du mal, les innocents des coupables, Marcela Said exprime toute la complexité des rapports humains.

Los Perros
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L'Institut français et le projet

Los Perros (2017) a été soutenu dans le cadre de l'Aide aux cinémas du monde en 2015.

 

Ce programme de l'Institut français apporte son soutien à des cinéastes étrangers sur des projets de films en coproduction avec la France, qu'il s'agisse de longs métrages de fiction, d'animation ou de documentaires de création.

 

En savoir + sur  le programme d'Aide aux cinémas du monde.