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Makongo, d'Elvis Sabin Ngaibino
Cinéma

#223

Oeuvre

2 min

Makongo, d'Elvis Sabin Ngaibino

Makongo, d'Elvis Sabin Ngaibino, cinéaste centrafricain, vient de recevoir, au festival Cinéma du réel 2020, le prix de la Société civile des auteurs multimédia, ainsi que le prix des bibliothèques. Le festival qui devait se tenir à Paris du 13 au 22 mars s'est déroulé en ligne du fait de la crise sanitaire du Coronavirus Covid-19.

 

Le film avait, en septembre 2019, décroché le prix Coup de Cœur de la Cinémathèque Afrique de l’Institut français à la Mostra de Venise - Final Cut in Venice.

© DR
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Un géologue passionné de cinéma

Elvis Sabin Ngaibino a d'abord travaillé dans une maison d'édition et étudié la littérature avant de suivre des cours de géologie et de chimie à la faculté de Sciences de l'Université de Bangui, où il décroche sa maîtrise. Dès 2010, il prend des cours d'écriture de scénario et réalise quelques courts documentaires sur le bétail, les femmes et les violences sexistes.

 

Nommé président et fondateur de l'Académie des réalisateurs d'Afrique Centrale en 2012, il se fait remarquer en 2017 avec la réalisation de Docta Jefferson, soutenu par les ateliers Varan, visant à éveiller de jeunes réalisateurs à la pratique du cinéma, de l'écriture au montage. Fidèle au genre du documentaire et soucieux de questionner la réalité, Elvis Sabin Ngaibino s'intéresse aux Pygmées Aka, pour son deuxième film, Makongo.

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Des chenilles contre l'analphabétisme

Avec Makongo, le cinéaste centrafricain Elvis Sabin Ngaibino raconte l'histoire d'Albert et André, deux jeunes Pygmées Aka de Mongoumba qui étaient la risée des étudiants à l'école mais luttent désormais contre l'analphabétisme dans leur communauté. Pour en découdre avec ce phénomène d'exclusion, les deux militants cherchent à mettre en place une école itinérante pour éduquer les enfants.

 

Faute de financements, les deux héros préfèrent vendre des Makongo, ces chenilles comestibles très prisées des Centrafricains, sur le marché plutôt que de se tourner vers les aides de l'État ou des ONG. En s'enfonçant loin dans la brousse et la forêt pour récupérer ces insectes, Albert et André rendent compte de la culture culinaire et des activités commerciales de Bangui.

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Un atelier de formation

Sélectionné en 2017 par l'Alliance française de Bangui et les Ateliers Varan, Elvis Sabin Ngaibino suit une formation d'initiation à la réalisation documentaire de sept intenses semaines.

 

Épaulé par Daniele Incalcaterra, réalisateur et formateur aux Ateliers Varan, le jeune documentariste suit les deux héros de Makongo pendant six mois. Il se rend quatre fois à Mongoumba, caméra en mains, tout en bravant des rivières et les forêts sur des dizaines de kilomètres. À son retour, les pieds dévorés par les vers, il entre en résidence au Festival international de Locarno pour terminer la post-production de son projet.

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La renaissance du cinéma centrafricain

De son périple à Mongoumba, Elvis Sabin Ngaibino a rapporté à Locarno, en Suisse, de nombreuses images. C’est là qu’il réalise le montage de son film.

 

Sélectionné à la Mostra de Venise dans la section Final Cut, dédiée au soutien de l’industrie cinématographique des pays d’Afrique et du Moyen-Orient, le cinéaste y présente ses rushes et obtient les financements nécessaires à la finalisation de son projet.

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L'Institut français et le projet

Makongo, d'Elvis Sabin Ngaibino, a reçu le prix Coup de cœur de la Cinémathèque Afrique à la Mostra de Venise, section Final Cut, en septembre 2019. Le prix vise à faciliter la post-production du film, de promouvoir les partenariats de co-production et son accès au marché. En savoir + sur la Cinémathèque Afrique

 

La réalisation du film a été soutenue par l'Alliance française de Bangui, les Ateliers Varan, et l'Institut français dans le cadre de son partenariat avec la Ville de Paris.