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Marlina, la tueuse en quatre actes, de Mouly Surya
Cinéma

#69

Oeuvre

1 min

Marlina, la tueuse en quatre actes, de Mouly Surya

Une femme vengeresse, héroïne d'un western décalé. Un film de Quentin Tarantino ? Non, le film est signé Mouly Surya, jeune réalisatrice indonésienne.

© Cinesurya Pictures
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Réalisatrice prodige

Née en 1980, Mouly Surya est l'une des réalisatrices indonésiennes les plus en vue de sa génération. Sa carrière débute en 2007, lorsqu'elle crée l'entreprise Cinesurya à Jakarta, avec le producteur Rama Adi, pour réaliser ses propres films. Elle signe l'année suivante son premier long-métrage, Fiksi, qui lui vaut le prix de la meilleure réalisatrice indonésienne au Festival du film de Jakarta.

 

Sa deuxième fiction, What They Don't Talk About When They Talk About Love (2013), propulse la jeune cinéaste sur la scène internationale. Le film intègre notamment la sélection du Festival américain Sundance en 2013.

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Une tragédie en quatre actes

Le film de Mouly Surya se découpe en quatre actes pour raconter le drame de Marlina. Le souvenir de son fils en tête, et le corps de son mari embaumé ligoté dans le salon, Marlina vit seule dans les collines isolées d'une île indonésienne. Un jour, des bandits l'attaquent pour lui voler son bétail et la violer.

 

Sans ciller, Marlina tue six d'entre eux et décapite leur chef. Mais cette vengeance ne suffit pas à la jeune et jolie veuve, déterminée à obtenir justice. Démarre alors un périple insolite jusqu'au commissariat le plus proche.

 

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La Sierra Nevada indonésienne

C'est sur l'île de Sumba, à l'est de l'archipel indonésien, que Mouly Surya a décidé de planter le décor de sa troisième fiction. Cette île a la particularité d'être semi-aride, ce qui lui vaut parfois le surnom de « petit Texas », en référence au mythique désert américain dans lequel furent tournés de grands classiques du western.

 

Mouly Surya a nourri l'univers du film de la culture de l’île : le fantôme sans tête du chef des malfrats symbolise l'errance réservée à ceux morts dans le sang, une croyance du « marapu », la religion animiste pratiquée sur Sumba.

 

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Des influences multiples

Un western indonésien. Voilà ce qu’a réussi à faire Mouly Surya. Avec ses plans larges à la Sergio Leone et sa bande son à la Ennio Morricone, Marlina s’inscrit dans la tradition du western spaghetti.

 

L'univers décalé, quant à lui, n'est pas sans rappeler celui de Tarantino. Marlina, héroïne flamboyante aux airs vengeurs, semble tout droit sortie de Kill Bill.

 

Impossible également d'évoquer ce film sans citer le japonais Kurosawa et ses ken geki ou films de sabre. Un cocktail réussi si l'on en croit la participation du film à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2017, l'année de sa production.

Marlina The Murderer in Four Acts, by Mouly Surya
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L'Institut français et le projet

Marlina la tueuse en quatre actes (2017) a été soutenu dans le cadre de l'Aide aux cinémas du monde en 2016.

 

Ce programme de l'Institut français apporte son soutien à des cinéastes étrangers sur des projets de films en coproduction avec la France, qu'il s'agisse de longs métrages de fiction, d'animation ou de documentaires de création.

 

En savoir + sur l'Aide aux cinémas du monde.