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Metabolism #Invisible Cities #part 1 de Pierre Jean Giloux
Numérique

#105

Oeuvre

1 min

Metabolism #Invisible Cities #part 1 de Pierre Jean Giloux

Dans Metabolism, l’artiste Pierre Jean Giloux reconstruit la ville de Tokyo en associant images réelles et images de synthèse.

© DR
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L’artiste

Artiste français né en 1965, Pierre Jean Giloux a étudié à Lyon, à l’École Nationale des Beaux-Arts, puis en Grande-Bretagne. Photographe, dessinateur, réalisateur, il travaille principalement le volume et les images. Il s’intéresse aujourd’hui à la vidéo prolongée par des images de synthèse, qu’il associe par composition visuelle et sonore.

 

Son dernier projet, Invisible Cities, est constitué de quatre vidéos, réalisées en collaboration avec Lionel Marchetti, compositeur français de musique concrète : Metabolism (2015), suivie de Japan Principle (2015), Shrinking Cities (2016) et Stations (2017).

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Réimaginer la ville

 

Dans Metabolism, Pierre Jean Giloux reconstruit Tokyo à partir d’archives, de dessins, de photographies, de vidéos et d’images de synthèse. Pour interroger le paysage et la réalité urbaine et sociale de la ville, il la réinvente et y intègre de grands projets futuristes d’architectes japonais :  les Cluster in the Air (1962) de l’architecte Arata Isozaki, grandes constructions en forme de grappes (« cluster ») et les Helix City (1961) de Kisho Kurokawa, tours inspirées du modèle en hélice de l’ADN.

 

Pendant 11 minutes, la caméra, par des longs travellings aériens, s’introduit dans la ville et dévoile la vie aux abords de ces constructions hyperréalistes, présentées comme de grands ensembles autonomes et vivants.

 

En assemblant différents univers, l’artiste cherche à « tisser le virtuel au réel » pour faire émerger l’idée centrale de son projet : l’interaction.

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Utopies architecturales

À l’origine de Metabolism, il y a la découverte d’un photomontage d’Arata Isozaki : Re-ruined Hiroshima (1968), projection de deux grandes constructions en ruines sur une photo de la ville d’Hiroshima dévastée en 1945. Pour Arata Isozaki, les ruines représentent des « architectures mortes », d’où la nécessité de faire appel à la fiction pour les reconstruire.

 

Pierre Jean Giloux s’intéresse alors aux métabolistes, dont Arata Isozaki fait partie. Ce groupe d’architectes et urbanistes japonais des années 1960 considère la société humaine « comme un processus vivant ». Il tente de lier l’architecture aux cycles de la nature pour créer des villes durables et rejette les oppositions intérieur/extérieur, nature/technologie.

 

Pierre Jean Giloux voit dans les images de synthèse la possibilité de rendre ces projets utopiques visibles dans nos paysages contemporains.

 

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De Paris à Tokyo

Metabolism a été exposé au Pavillon de l’Arsenal à Paris, à la Thalie Art Foundation à Bruxelles, à la Comix Home Base de Hong-Kong, au Kyoto Art Center, et au Barbican Center à Londres en 2017.

 

En juin 2018, Metabolism est sélectionné au Short Shorts Film Festival & Asia, qui s’élargit au-delà du court-métrage pour mettre également en valeur la nouvelle culture vidéo asiatique, sous le thème, cette année, de « Cinema Smart ». Une monographie du projet Invisible Cities paraît également en 2018.

Metabolism # Invisible Cities # Part 1. 2015 (Extacts)
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L'Institut français et le projet

En 2015, Pierre Jean Giloux a été lauréat de la Villa Kujoyama, résidence d’artistes au Japon soutenue par l’Institut français.

 

À l’issue de sa résidence, il réalise le dernier film de son projet Invisible Cities : Stations.

 

En savoir plus sur la résidence à la Villa Kujoyama.