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Quai d’Orsay, de Bertrand Tavernier
Cinéma

#154

Oeuvre

1 min

Quai d’Orsay, de Bertrand Tavernier

Avec cette adaptation de la bande dessinée de Christophe Blain et Abel Lanzac, Bertrand Tavernier livre une satire du monde politique dans laquelle il exerce à merveille son regard acerbe.

© Étienne George
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Bertrand Tavernier

Fils d’un directeur de revue littéraire, Bertrand Tavernier a toujours entretenu un rapport étroit avec l’écrit. Son premier long-métrage, L'Horloger de Saint-Paul (1974), est déjà une adaptation d'un roman de George Simenon. De Jim Thompson (Coup de torchon, 1981) à Madame de La Fayette (La Princesse de Montpensier, 2010), d’autres auteurs intègreront ensuite son univers.

 

L’autre inspiration majeure de l'œuvre du réalisateur français reste la société et ses institutions, souvent décrites avec un regard acéré (L.627, 1992). En adaptant Quai d’Orsay (2013), la BD de Christophe Blain et Abel Lanzac, il réunit ces deux axes dans une comédie grinçante.

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Au cœur de la diplomatie française

Inspiré des souvenirs du diplomate Antonin Baudry (alias Abel Lanzac) lorsqu'il était conseiller et chargé des discours du Premier ministre français Dominique de Villepin (de 2002 à 2005), Quai d’Orsay décrit la trajectoire d’Arthur Vlaminck, jeune énarque embauché comme plume officielle du ministre des Affaires étrangères, Alexandre Taillard de Worms.

 

Dans ce ministère prestigieux, Arthur Vlaminck découvre un personnage flamboyant, affronte les coups bas d’une cour de conseillers dévorés par l’ambition et, malgré l’inertie du pouvoir, signe l’écriture d’un discours aux Nations Unies.

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Un nouveau monde

Dans la filmographie de Bertrand Tavernier, où se côtoient films en costumes et chroniques sociales, Quai d’Orsay constitue la première véritable comédie. Adapté d’une bande dessinée au style burlesque et au dialogue ciselé, le film donne l'occasion au cinéaste, comme il l’affirme, de partir « à l’exploration d’un nouveau monde ».

 

Principal enjeu : trouver un moyen de retranscrire, par le cinéma, la folie du trait graphique original. Épaulé par les deux auteurs de la BD, Tavernier instille ainsi une dose d'étrangeté en faisant voler les feuilles à chaque apparition du ministre ou en créant des ellipses brutales.

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Retour à New York

Par son sujet et certaines scènes ancrées dans la mémoire collective (le discours final du film reprend les mots de celui prononcé par Dominique de Villepin le 14 février 2003, à l’ONU, pour dénoncer la guerre en Irak), Quai d’Orsay a de quoi séduire le public international.

 

Primé au Festival de Saint-Sébastien et distribué dans une dizaine de pays, il a notamment eu l’honneur de clôturer les Rendez-vous with French Cinema organisés par UniFrance, à New York, en mars 2014. Une rencontre qui n’a pas manqué de susciter la curiosité du public et des critiques américains, séduits par le ton enlevé du film.

The French Minister (“Quai d’Orsay”), by Bertrand Tavernier ( trailer)
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L'Institut français et le projet

Quai d'Orsay (2013) est diffusé à l'international par l'Institut français.
Trois autres films de Bertrand Tavernier sont disponibles : La Vie et rien d'autre (1989), Capitaine Conan (1996) et Voyage au cœur du cinéma français (2015).

 

L’Institut français propose un catalogue de plus de 2 500 films permettant au réseau culturel et à ses partenaires de diffuser des films français dans le monde.

 

En savoir + sur le catalogue cinéma.