d'oeuvrescross
Rey, de Niles Atallah
Cinéma

#166

Oeuvre

1 min

Rey, de Niles Atallah

Prix du jury du Festival de Rotterdam 2017, Rey relate l'existence romanesque d'Antoine de Tounens, avocat français du XIXe siècle parti se battre aux côtés des Indiens mapuches et devenu roi d'Araucanie et de Patagonie.

© Damned Distribution
cross

Le réalisateur

Né en 1978 en Californie, Niles Atallah a étudié les arts à l'Université de Santa Cruz avant de partir travailler au Chili. En 2007, il s’associe avec deux artistes, Cristóbal León et Joaquín Cociña, pour créer la société de production Diluvio. Ensemble, ils réalisent une série de courts-métrages d'animation sur les peurs des enfants, Lucia, Luis y el Lobo (2008).

 

En 2010, Niles Atallah tourne Lucia, son premier long-métrage. Récompensé par le Prix FIPRESCI, le film exprime les difficultés de toute une génération de Chiliens pour se remettre des années de dictature militaire sous Pinochet.

 

Rey, sur lequel Atallah a travaillé durant sept ans, est son second long-métrage.

cross

Un roi français au Chili

Excentrique en soif d'aventures, l’avocat Antoine de Tounens voyage avec le guide Juan Bautista Rosales en territoire mapuche, une région indépendante du sud du Chili en guerre avec le gouvernement depuis la fin de l'empire espagnol, en 1810.

 

Souhaitant aider les Mapuches, de Tounens demande à rencontrer les chefs locaux, qui le sacrent Roi d'Araucanie et de Patagonie. Malheureusement, le Français est trahi par son guide. Arrêté et interrogé par les autorités chiliennes, qui le déclarent fou, il est renvoyé en France.

cross

Matérialiser la dégradation

Le film est inspiré de la vie d'Antoine de Tounens, qui n’a laissé que peu d’archives : sa vie est assez mal documentée et plusieurs versions de ses aventures circulent. Niles Atallah a cherché à rendre tangible cette dégradation de l'histoire et de la mémoire par un traitement spécifique de l'image et du son de son film. Les scènes, fragmentées, sont un mélange de réminiscences, de souvenirs incomplets et de visions.

 

Filmées en 35 mm, en 16 mm ou en Super 8, les images ont été volontairement abîmées pour obtenir un effet vieilli, symbolisant l'œuvre du temps sur la mémoire.

cross

Le droit à la terre

Rey a rencontré un large succès et a été diffusé dans de nombreux festivals internationaux. Il a été présenté en avant-première au Festival international du film de Rotterdam, où il a été récompensé par le Prix du jury en 2017. La même année, il reçoit également le Prix du public au festival FICUNAM de Mexico, celui de la découverte de la critique au Cinélatino de Toulouse et le Prix FRIPRESCI au festival de Vladivostok (Russie).

Évoquant le sujet sensible du droit à la terre à travers le combat des Mapuches, Rey a également été nommé au Festival international du film indigène de Temuco au Chili en 2017 et s’est vu remettre le Prix de la meilleure fiction.

King (“Rey”) ( trailer)
cross
L'Institut français et le projet

Rey a été soutenu par la Fabrique Cinéma de l'Institut français en 2010. Ce programme accompagne de jeunes cinéastes de pays du Sud pour faciliter leur insertion sur le marché international du film.

 

Le film a également bénéficié en 2014 de l'Aide aux cinémas du monde. Ce fonds apporte son soutien à des cinéastes étrangers sur des projets de films en coproduction avec la France, qu'il s'agisse de longs métrages de fiction, d'animation ou de documentaires de création.

 

En savoir + sur l'Aide aux cinémas du monde.