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Solastalgia, d’Antoine Viviani et Pierre-Alain Giraud
Numérique

#316

Oeuvre

2 min

Solastalgia, d’Antoine Viviani et Pierre-Alain Giraud

Que restera-t-il de notre Humanité quand la technologie aura pris le pas sur notre univers ? Quelques souvenirs encapsulés dans le virtuel au cœur d’un monde inerte ? Bienvenue à Solastalgia (2020), une installation immersive en réalité augmentée réalisée par Antoine Viviani et Pierre-Alain Giraud et présentée aux Champs Libres, à Rennes, en mars.

Solastalgia, Une installation immersive en réalité augmentée d’Antoine Viviani et Pierre-Alain Guiraud présentée à Sundance, avec le soutien du programme French Immersion, dont l’Institut français est partenaire.
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Une œuvre collaborative

C’est en 2015, avec la réalisation de Dans les limbes, qu’a lieu la rencontre entre Antoine Viviani et Pierre-Alain Giraud. Le premier est diplômé de Sciences Po Paris, le second est passé par l’École des Arts et Métiers puis la London Film School.

 

Leur film, un essai documentaire qui plonge dans les méandres de la mémoire à l'ère des data-centers, sera sélectionné et primé dans plus de cinquante festivals. Solastalgia apparaît comme la suite logique de ce premier opus. 

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Une mémoire fantôme

Immersion dans le monde mystérieux de Solastalgia : un monolithe de lumière dans la pénombre laisse percevoir d’étranges spectres. Ils semblent vouloir communiquer, livrer un secret, tandis que se dévoile peu à peu un paysage apocalyptique dans lequel ils survivent grâce à leurs souvenirs. Les spectres rejouent ainsi pour l’éternité des moments de leur vie.

 

Diffusant ce sentiment étrange et familier d’un écosystème qui s’amenuise autour de nous, l’œuvre questionne notre rapport aux technologies.

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Une expérience intense

Solastalgia est à la croisée des arts visuels, du cinéma et de la réalité augmentée. L’œuvre s’explore par petits groupes de 10 à 15 personnes équipées de lunettes Hololens et d’une lampe torche intégrée au casque.

 

Parés virtuellement d’une combinaison de cosmonaute, les visiteurs arpentent, pendant une quarantaine de minutes, une installation de 400 m2 où ils croisent, dans une immersion multisensorielle (lumière, ventilation, odeurs, vibrations), des spectres incarnés par des personnalités reconnues du monde arts, des sciences et des lettres : Nancy Huston, Mehdi Belhaj Kacem, Arthur Nauzyciel, Corine Sombrun notamment.

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Humain trop humain

« Solastalgia », ce néologisme inventé en 2003 par le philosophe australien Glenn Albrecht, a séduit Antoine Viviani qui se plaît à questionner notre rapport à la croyance, à la technologie et à l’humain : le terme vient traduire un sentiment de mélancolie provoqué par la disparition d’un monde familier.

 

Antoine Viviani a trouvé en Pierre-Alain Giraud, qui vit en partie en Islande, pays à l’avant-garde à la fois de la technologie et du respect de l’environnement, un allié de choix.

 

Un symbole de cette ambivalence entre la croyance inébranlable au progrès numérique et le désastre écologique annoncé pour la planète.

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L'Institut français et le projet

Solastalgia, d’Antoine Viviani et Pierre-Alain Giraud a été soutenu par l'Institut français dans le cadre French Immersion, programme de soutien à l’exportation de projets français de réalité virtuelle et augmentée et d’expériences immersives aux États-Unis proposé en partenariat avec les Services Culturels de l’Ambassade de France aux États-Unis, UniFrance, et le CNC.