d'oeuvrescross
Sortilège, d’Ala Eddine Slim
Cinéma

#317

Oeuvre

2 min

Sortilège, d’Ala Eddine Slim

Avec Sortilège (2020), son second long métrage, Ala Eddine Slim prolonge l’expérience visuelle et quasi expérimentale de son précédent film, The Last of Us (2016). Une fable panthéiste qui suit le parcours d’un soldat déserteur.

© DR
cross

Renouveau du cinéma tunisien

Ala Eddine Slim est né en 1982, à Sousse, en Tunisie. Diplômé en 2004 de l’Institut supérieur des arts multimédia de La Manouba, il fonde aussitôt Exit, sa société de production. Il produit ainsi son premier court métrage, L’Automne, en 2007, puis en 2012 Babylon, long métrage documentaire qu’il tourne avec Ismaël et Youssef Chebbi à la frontière entre la Tunisie et la Libye où afflue en 2011 plus d’un million de réfugiés.

 

Son premier long métrage de fiction, The Last of Us, presque sans paroles, obtient le Lion du Futur et le Prix de la Meilleure Contribution technique à la Mostra de Venise en 2016.

 

Sortilège est présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2019.

cross

L’histoire d’un déserteur

Sortilège met en scène un jeune soldat tunisien qui, suite au décès de sa mère, obtient une permission d’une semaine… et en profite pour ne jamais réintégrer les rangs. Dans le quartier où le déserteur s’est réfugié, une chasse à l’homme s’organise et pousse le héros à fuir dans la montagne.

 

Commence alors un jeu de fausses pistes dramatiques, flirtant avec le film expérimental, l’étrange et la question du genre. Sortilège interroge notamment, via des scènes aux confins du fantastique, la représentation masculine dans le monde arabe.

 

cross

Un scénario en mouvement

Ala Eddine Slim déclare avoir brûlé son scénario la veille du premier jour de tournage pour signifier que le tournage pouvait enfin commencer. Sortilège est ainsi né d’une première écriture qui, jusqu’à la fin du tournage, n’a cessé de se transformer et devenir ce « patchwork de moments, de lieux, de choses personnelles liés à une image, une odeur, une situation, une rencontre, un état d’âme » que décrit le réalisateur pour qualifier son film.

 

Les prises de vues ont eu lieu entre décembre 2018 et février 2019, du Sud au Nord de la Tunisie.

cross

Au-delà des frontières

Si Sortilège met en scène une actrice tunisienne, Souhir Ben Amara, un musicien et acteur égyptien, Abdullah Miniawy, et un acteur algérien, Khaled Ben Aissa, son réalisateur déclare ne pas croire « à un cinéma qui soit lié à une région ».

 

Coproduit par sa société, Exit, et, côté français, par Juliette Lepoutre et Pierre Menahem (Still Moving), le film Sortilège a été également soutenu par l’Aide aux cinemas du monde et le World Cinema Fund de la Berlinale.

 

Suite à son passage très remarqué à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes en 2019, le film a décroché plus d’une dizaine de sélections en festivals : en Corée du Sud et au Brésil en 2019, respectivement au Festival international du film de Busan et au Festival international du film de São Paolo, ou encore en Ukraine en 2020, au Festival international du film de Belgrade.

cross
L'Institut français et le projet

Dans le contexte de la pandémie du Coronavirus Covid-19, l’Institut français souhaite continuer à vous proposer des portraits, rencontres avec des créateurs de toutes origines, œuvres, portfolios. Nous espérons que ces pages vous apporteront une respiration dans un quotidien confiné.

 

Sortilège, d’Ala Eddine Slim, a été soutenu en 2018 dans le cadre de l’Aide aux cinémas du monde. Ce programme de l’Institut français apporte son soutien à des cinéastes étrangers sur des projets de films en coproduction avec la France, qu’il s’agisse de longs métrages de fiction, d’animation ou de documentaires de création. En savoir + sur l’Aide aux cinémas du monde