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Stains, beau pays, de Simon Bouisson et Elliot Lepers
Numérique

#342

Oeuvre

2 min

Stains, beau pays, de Simon Bouisson et Elliot Lepers

Stains, beau pays est un film interactif réalisé en 2012-2013 par une classe de 3edu collège Joliot-Curie de Stains. 12 courts métrages réalisés par 20 jeunes de la banlieue parisienne qui « se racontent, nous racontent, se la racontent », sous la houlette des réalisateurs Simon Bouisson et Elliot Lepers.

© DR
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Interactivité et humanisme

Né en 1986, Simon Bouisson est diplômé de la Fémis. Il explore des thèmes liés à la jeunesse, comme dans le film interactif Wei or Die (2015) ou encore Juste debout, documentaire sur les cultures urbaines réalisé pour Canal +. En 2019 sort République et en 2020, la série Stalk dont il est l’auteur et le réalisateur.

Né en 1992, Elliot Lepers se qualifie de son côté de « designer de politique ». Diplômé de l’École nationale supérieure des arts décoratifs, il a été présentateur de L’ Œil de Links sur Canal +,  a conçu, entre autres, le site macholand.fr pour agir contre le sexisme dans l’espace public ainsi que l’application sur la transition écologique « 90 jours ».

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Des adolescents qui se racontent

Stains, beau pays est un web documentaire interactif réalisé par 20 adolescents d’une classe de 3ed’un collège de Stains en Seine-Saint-Denis et composé de 12 courts métrages. Au centre de l’écran, une roue jaune et noire, métaphore du Krum – cette danse américaine qui s’exécute en groupe –, permet au spectateur de naviguer d’une histoire à une autre, qu’elle soit fictionnelle ou documentaire, intime ou humoristique.

Stains, beau pays est la vision poétique et décalée de ces adolescents sur leur propre ville, qu’ils estiment « méprisée des Parisiens », mais c’est aussi Stains vu par les Parisiens et Paris vu par les habitants de Stains.

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Redonner la parole aux jeunes

À l’origine de Stains, beau pays, il y a eu un atelier d’initiation au webdocumentaire, commandé aux réalisateurs par l’association Cinéma 93, qui a pour mission de sensibiliser aux enjeux culturels du cinéma. Convaincus que le projet doit être plus qu’un atelier scolaire, les réalisateurs cherchent une société de production et sont rejoints par Narrative.

Les adolescents eux-mêmes qualifient Stains, beau pays comme un « film infini, [qui] n’a ni début, ni fin ». Pendant un an, ils écrivent et réalisent leur film en classe, à raison de deux après-midis par mois : « Le fait qu’ils aient la parole a complètement changé la donne. Ce projet a ressoudé la classe et personne n’a décroché au cours de l’année scolaire », explique la professeure de lettres qui a suivi le projet, Joanna Lerena.

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À rebours des clichés

L’œuvre s’inscrit dans la lignée de L’Esquive, réalisé en 2003 par Abdellatif Kechiche et qui raconte le quotidien d’élèves d’une banlieue difficile. Les réalisateurs disent également avoir été inspirés par The We and The I (2012) de Michel Gondry qui suit un groupe d’élèves d’un lycée du Bronx, qui se révèlent au fur et à mesure de leur voyage.  

Stains, beau pays a été récompensé en 2014 dans plusieurs festivals documentaires : Web & Doc du Festival International du Grand Reportage d'Actualité, WebTVFestival et Mois du Webdoc.

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L'Institut français et le projet

Stains, beau pays, de Simon Bouisson et Elliot Lepers, figure parmi les oeuvres regroupées sur Futurimage, une plateforme offrant un riche panorama de nouvelles narrations sous toutes ses formes. 

 

Futurimage a été créé à l’initiative de l’Institut Français, en collaboration avec Producteurs d'Expériences Numériques.

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