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Yalda, la nuit du pardon
Cinéma

#355

Oeuvre

2 min

Yalda, la nuit du pardon

Sous la forme d’un huis clos, Yalda, la nuit du pardon (2020) pénètre les coulisses d’une émission télévisée outrancière, à travers laquelle Massoud Bakhshi retranscrit le jugement d’une jeune femme iranienne qui a accidentellement tué son mari. 

©Pyramides
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Un cinéaste iranien incontournable

Né en 1972 à Téhéran, Massoud Bakhshi commence des études d’ingénieur pour satisfaire ses parents. En parallèle, il écrit ses premières critiques de cinéma tout en étudiant la photographie. À 25 ans, il réalise son premier court-métrage, Un court rapport (1998), qui dépasse rapidement les frontières de l’Iran et se retrouve programmé au festival Cinéma du Réel à Paris, la même année, où il fait de nombreuses rencontres encourageantes. Deux mois après l’évènement, il réalise Identification d’une femme (1999). Dès lors, Massoud Bakhshi signe une dizaine de courts-métrages sur la complexité de l’être humain jusqu’à Une famille respectable (2012), son premier long-métrage présenté à Cannes en 2012 qui présente un regard critique sur l'Iran de l’époque. Huit ans plus tard, il revient avec Yalda, la nuit du pardon (2020), un film procès qui interroge la condition des femmes en Iran.

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Le pardon salutaire

Avec Yalda, la nuit du pardon, Massoud Bakhshi suit les déboires de Maryam, une jeune femme de 22 ans accusée d’avoir tué son mari. Condamnée à la peine de mort, l’héroïne est invitée dans une émission de télévision pour obtenir le pardon de Mona, la fille de son défunt mari, devant des milliers de spectateurs. Soutenue par sa mère dans les coulisses de la régie, Maryam va devoir affronter la loi iranienne et son portrait établi par des journalistes sensationnalistes tout en suscitant la pitié du public, oscillant entre victime et bourreau.

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Un huis clos millimétré

Filmé sous forme de huis clos, le film se déroule pendant toute une nuit, en référence à Yalda, cette fête qui marque le début de l’hiver et la nuit la plus longue de l’année. Animé par son passé de documentariste, Massoud Bakhshi a cherché pendant un an, un véritable studio de télévision pour la préparation, les répétitions et le tournage. Ne trouvant aucun lieu de travail disponible, il a finalement recréé de toutes pièces un studio et une régie, au cœur d’un théâtre peu fréquenté, limitrophe de Téhéran, où se déroule l’intégralité de l’action.

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Les complications de financements

Yalda, la nuit du pardon a nécessité 5 ans de recherches avant de monter une équipe mixte d’Iraniens et d’Européens et d’avoir les autorisations nécessaires pour tourner le film en Iran. Massoud Bakhshi a mené un véritable combat pour trouver des fonds en se tournant vers divers territoires comme l’Allemagne, la France, le Liban, le Luxembourg ou la Suisse. Cette coproduction internationale a finalement été récompensée du Grand Prix du Jury à Sundance en 2017 et a brillé au Festival de Berlin en 2020, avant de sortir en salles. 

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L'Institut français et le film

Yalda, la nuit du pardon a été soutenu par la Fabrique Cinéma de l’Institut français en 2016.

Ce programme accompagne de jeunes cinéastes de pays du Sud pour faciliter leur insertion sur le marché international du film. En savoir + sur La Fabrique Cinéma