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Ye’nze, de Sandra Nankoma
Musique

#130

Oeuvre

1 min

Ye’nze, de Sandra Nankoma

Avec son premier album Ye’nze, la chanteuse ougandaise Sandra Nankoma marie soul et musiques traditionnelles pour défendre la cause des femmes de son pays.

© DR
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Soul sister de l'Ouganda

Née en 1988 à Kampala, en Ouganda, Sandra Nankoma est diplômée en arts visuels (peinture et sculpture) de l’Uganda Christian University. En 2012, elle s'oriente finalement vers une carrière musicale. Sous le nom de Sandy Soul, elle se produit pour la première fois sur scène en 2013 au Bayimba International Festival of the Arts de Kampala. Après une collaboration, en 2014, avec le groupe kényan Bantu Clan vs Sarabi sur Africa Ni Leo et plusieurs EPs, elle sort son premier album Ye’nze en mars 2018.

 

Auteure-compositrice et interprète, Sandra Nankoma est également actrice, co-fondatrice d'Afroman Spice, une compagnie entièrement féminine, et photographe. En 2017, à Kampala, elle présente l'exposition « Melanin Kaddugala », dans laquelle ses portraits de femmes en noir et blanc dénoncent la stigmatisation basée sur la couleur de la peau.

 

Sandra Nankoma est également engagée dans la lutte contre le SIDA avec le projet « Tuli Wamu Nawe », créé par le Public Health Ambassadors Uganda et soutenu par l’African Women’s Development Fund, en 2015.

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La musique comme vecteur de changements sociaux

Dans un style afro-urbain, l'album Ye’nze (« C’est moi » en luganda et en lugwere) de Sandra Nankoma marie jazz, soul, blues, folk, et musiques traditionnelles de l’Est de l’Ouganda, dont elle est originaire. D'une voix de diva soul, profonde et sensuelle, qui n'est pas sans rappeler celles de Farida Sonko, Miriam Makeba, Anita Baker ou encore Erykah Badu, elle chante la lutte pour la survie, l’impuissance du pouvoir politique ougandais, ou, avec « Kaddugala », la discrimination qui touche les femmes noires et les incite à se blanchir la peau.

 

Si Ye’nze contient aussi des chansons d’amour, son ambition est de contribuer aux changements sociétaux et de défendre en particulier la cause des femmes ougandaises.

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Akogo et amadinda, les instruments de Sandra

Pour Ye’nze, Sandra Nankoma s’est entourée de Kaz Kasozi, producteur et directeur artistique du Little Room Studio à Kampala, qui joue de la plupart des instruments sur l’album (guitares, basse, batterie, claviers).

 

Autodidacte, Sandra Nankoma y joue elle-même de l'akogo, piano à pouce du Nord-Est de l’Ouganda et de l'amadinda, xylophone de l’Est du pays. Elle chante dans ses deux langues maternelles, le luganda et le lugwere, ou en anglais, rattachant ainsi la musique soul américaine à ses origines africaines.

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De Kampala à la Cité Internationale des arts

Ye’nze a été composé et finalisé en France lors d'une résidence de Sandra Nankoma à la Cité internationale des arts à Paris, dans le cadre du programme Visa pour la créations, d’août à octobre 2017. Enregistré au Little Room Studio à Kampala, il a été masterisé en France par David Felgeirolles, également producteur de deux de ses chansons, « Mercedes » et « It’s Alright ».

 

Sandra Nankoma a également bénéficié la même année du dispositif d’accompagnement « Parcours » du Centre Barbara-Fleury Goutte d’Or à Paris, qui permet aux groupes de bénéficier d'un accompagnement personnalisé pour les enregistrements, la production en live ou leur stratégie développement.

Sandra Nankoma - Kaddugala
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L'Institut français et le projet

Lauréate du programme Visas pour la création de l’Institut français, Sandra Nankoma a composé l’album Yen’ze au cours de sa résidence de à la Cité internationale des arts en 2017.

 

En savoir + sur le programme Visas pour la création.