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You Will Die at 20, d’Amjad Abu Alala
Cinéma

#283

Oeuvre

2 min

You Will Die at 20, d’Amjad Abu Alala

Inspiré d’un roman de l'écrivain égyptien Hammour Ziada, You Will Die at 20 d’Amjad Abu Alala raconte l’histoire, dans un Soudan coloré, d’un enfant maudit par une prédiction.

© DR
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Un cinéaste polyvalent

Né aux Émirats Arabes Unis, Amjad Abu Alala entame des études de communication à Dubaï avant de se tourner vers le cinéma, grâce à une caméra qu'il trouve dans sa fac. Ses courts-métrages – Café et Orange (2004), Les Plumes des oiseaux (2005), Tina (2009) et Studio (2012) – ont été sélectionnés dans plusieurs festivals internationaux. Producteur et programmateur, ce cinéaste polyvalent a aussi écrit Apple Pie, distingué par l'Académie Arabe du théâtre en 2013.

 

Figure reconnue de l'audiovisuel au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, Amjad Abu Alala réalise des documentaires sur l'humanité pour plusieurs chaînes de télévision arabes et occidentales avant de présenter, en 2019, son premier long-métrage, You Will Die at 20.

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Un appel à la liberté

Alors que Sakina et Alnoor viennent de mettre au monde Muzamil et décident de le baptiser, le grand sage local prédit que ce bébé mourra à 20 ans. À partir de cette funeste cérémonie, Alnoor, le père, prétexte une vie professionnelle plus épanouie en Éthiopie pour quitter sa femme et son fils et ne pas affronter cette épreuve.

 

En grandissant, Muzamil souffre de son absence et s'interroge sur cette malédiction qui pèse sur lui. S'il combat son anxiété grâce au Coran, le héros rejeté par son village approche de ses 20 ans et découvre une autre manière de profiter de la vie, en se liant d'amitié avec Suliman, un caméraman aux mœurs légères.

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Ressusciter le cinéma soudanais

Pour You Will Die at 20, Amjad Abu Alala s'est inspiré d'un roman de l'écrivain égyptien Hammour Ziada, et de son adolescence au Soudan, où il a passé cinq ans. Si le cinéaste est né et a grandi à Dubaï, il est d'origine soudanaise et a voulu renouer avec ses racines. Marqué par la dictature d'Omar el-Beshir et sa chute, le film est un appel à la liberté pour le peuple soudanais avec des réflexions sur le poids de la religion et de la société sur la vie d'un individu.

 

Après avoir vu en casting plus de 150 garçons pour le rôle de Muzamil, le cinéaste a invité son équipe dans le village de son père, au sud de Khartoum, capitale du Soudan. Hasard du calendrier, le tournage a débuté en décembre 2018, le jour où la révolution a commencé à Atbara, ce qui a provoqué une vive énergie au sein de l'équipe, largement retranscrite et ressentie dans le film.

 

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Belle visibilité internationale

Pour un premier long-métrage soudanais, You Will Die at 20 a une trajectoire de rêve : d'abord présenté au Talent Project Market, le programme de développement de la Berlinale en 2017, le film a ensuite été accueilli aux Giornate degli Autori, appelés communément Venice Days ou Journées des Auteurs, de la 76e Mostra de Venise, et au Festival international du film de Toronto dans la section Contemporary World Cinema.

 

Apprécié pour sa vision différente d'un pays écrasé par la dictature, You Will Die at 20 n'est que le 8e long-métrage produit au Soudan.

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L'Institut français et le film

You Will Die at 20, d’Amjad Abu Alala, a été soutenu en 2018 dans le cadre de l’Aide aux cinémas du monde. Ce programme de l’Institut français apporte son soutien à des cinéastes étrangers sur des projets de films en coproduction avec la France, qu’il s’agisse de longs métrages de fiction, d’animation ou de documentaires de création. En savoir + sur l’Aide aux cinémas du monde