de portraits
Portrait

Chantal Djédjé

Créer des agrès avec des matériaux locaux permet de développer un cirque dans lequel le public se reconnaît.

Fondatrice de La Fabrique culturelle d’Abidjan, lieu transdisciplinaire dédié aux arts de la scène, Chantal Djédjé est également aux commandes des Rencontres interculturelles du cirque d’Abidjan (RICA) qui, pour sa troisième édition en 2020, a réuni plus de 15 000 personnes et inauguré un volet dédié aux professionnels. Longtemps absent de Côte d’Ivoire, le cirque y grandit, et des compagnies revendiquent des spécificités locales.

Publié le 09/06/2020

2 min

Arrivée en France à l’âge de 10 ans, Chantal Djédjé, rentrée en Côte d’Ivoire en 2014, se définit comme une « repat », une ancienne expatriée de retour au pays.

Née en 1968, elle suit des études en information et communication à l’Université d’Aix-en-Provence avant de travailler dans la publicité, la production cinéma et dans la programmation et médiation théâtrale auprès de jeunes issus de quartiers réputés difficiles.

En 2014, elle crée à Abidjan La Fabrique Culturelle, un lieu transdisciplinaire qui accueille artistes en résidence, répétitions et spectacles. D’une capacité de 56 places assises (200 personnes debout), La Fabrique Culturelle propose notamment des premières scènes et depuis 2018, le festival RICA, premier festival de cirque de Côte d’Ivoire.

Ouvertement inspiré des Élancées, festival des arts du geste (cirque, danse, etc.) lancé par six communes de l’Ouest Provence, le festival RICA est né en 2016 d’une demande et d’un manque. « Depuis sa création, La Fabrique Culturelle intervient au sein des établissements à programme français, explique Chantal Djédjé. Il y a quatre ans, un inspecteur d’académie nous a demandé de développer un projet autour du cirque… Dans un pays où il n’y en avait presque pas ! » Depuis 2018, le festival suscite un véritable engouement, accueillant au cours de ses trois éditions 9 000, puis 12 000 et 15 000 spectateurs.

L’édition 2020 proposait un « concentré de cirque », commémorant au passage les 400 ans de l’esclavage et célébrant l’égalité des genres pour la journée du 8 mars. Des compagnies africaines comme la Compagnie Zolobe (Madagascar), le Térya Circus (Guinée-Conakry) ou le cavalier Madi Derme (Burkina Faso) se sont illustrées au côté d’acteurs européens et nord-américains : Académie Fratellini (France), Métis’Gwa (France, Guadeloupe), Cirque Kalabanté (Canada)…

Tirant profit de son expérience française en management culturel, Chantal Djédjé s’investit aujourd’hui, via La Fabrique Culturelle, dans la formation de métiers liés au spectacle (techniciens, médiation, accueil…). Elle suit de près le développement d’une scène circassienne locale (Cirque national de Côte d’Ivoire, le Cirque décalé…) en cherchant parallèlement à ce que le Festival RICA devienne « le centre du premier réseau de cirque africain »

En partenariat avec Circostrada (European Network Circus and Street Arts), Chantal Djédjé et le festival RICA 2020 ont inauguré les premières rencontres interprofessionnelles Kahwa, dont le thème portait sur l’intégration des arts traditionnels africains dans la création contemporaine du cirque.

  • 1968

    1968

    Chantal Djédjé naît en Côte d’Ivoire.

  • 1978

    1978

    À l’âge de 10 ans, sa famille s’expatrie en France.

  • 2014

    2014

    Chantal Djédjé crée la Fabrique Culturelle à Abidjan, lieu artistique transdisciplinaire.

  • 2016

    2016

    Elle lance le festival annuel RICA (Rencontres interculturelles du cirque d’Abidjan) qui vise à fédérer le premier réseau de cirques africains.

L'Institut français et l'artiste

Les Rencontres interculturelles du cirque d’Abidjan (RICA) sont soutenues par l'Institut français dans le cadre du programme Appui aux opérateurs de la société civile Afrique et Caraïbes 2020.

L'institut français, LAB